Ecrit le 27 mai 2015
Le 19 mai s’est tenue l’assembl ?e g ?n ?rale de l’AMD (Association de Maintien ? Domicile) sans laquelle n’existerait pas le SSIAD de Moisdon. (SSIAD ? : Service de Soins Infirmiers ? Domicile). Le budget, cette ann ?e, est d ?ficitaire de 1732 ? parce que l’association a lanc ? un ’’groupe de parole’’ pour soutenir les aidants ? : neuf familles ont ?t ? ainsi soutenues.
Le SSIAD a un budget de 474 912 ?, somme vers ?e par l’ARS (Agence R ?gionale de Sant ?) pour 34 personnes ?g ?es et 3 personnes handicap ?es, soit 13 505 jours de soins dans l’ann ?e (37 x 365) En tout, le SSIAD a suivi 56 personnes, soit en moyenne 35,8 personnes par jour. Moyenne d’ ?ge ? : 79 ans. Dur ?e ? : de moins d’un mois ? plus de 3 ans. Il arrive que les personnes suivies soient hospitalis ?es ? : le SSIAD attend 15 jours avant de prendre une autre per-sonne, pour laisser ? la premi ?re la possibilit ? d’avoir des soins si elle revient. Onze aide-soignantes, deux infirmi ?res, une secr ?taire-comptable (toutes ? temps partiel), neuf v ?hicules de service, interventions matin et soir tous les jours de la semaine Un service essentiel qui s’appuie aussi sur les infirmi ?res lib ?rales quand c’est n ?cessaire. Malgr ? cela 25 demandes n’ont pas ?t ? satisfaites en 2014 soit 56 ?% des demandes mais l’ARS n’envisage pas d’augmenter le nombre de places. Pourtant le maintien ? domicile co ?te moins cher que l’h ?pital ou la maison de retraite.
Le SSIAD assure la formation de son personnel ? : s ?curit ? routi ?re (car le service exige de nombreux d ?placements), manutention (pour que le personnel ne se casse pas le dos), accompagnement de la personne en fin de vie, accompagnement de la maladie d’Alzheimer , analyse de la pratique, etc. Le SSIAD participe au Bistrot-m ?moire du Pays de Ch ?-teaubriant (20 personnes la derni ?re fois) et au groupe de parole d’aide aux aidants.
Une infirmi ?re lib ?rale pr ?sente dans la salle dit qu’elle constate de plus en plus d’ordonnance m ?dicales pour « ?une toilette par infirmi ?re ? ». « ?Souvent, ces toilettes, dos et pieds surtout, pourraient ?tre faites par une aide ? domicile et d ?chargeraient les infirmi ?res d ?bord ?es ? ». Bien s ?rce n’est pas le m ?me co ?t pour la personne malade « ?mais il faut savoir que rien n’est gratuit ? : un soin totalement rembours ? est pay ? par la collectivit ?? »
SSIAD Moisdon ? : 02 40 07 59 91 .
Docteur Coisne
En fin de r ?union, l’ ?quipe du SSIAD avait invit ? une personnalit ? pour aborder des questions plus g ?n ?rales sur la sant ?? : Le Dr Coisne, responsable de l’unit ? de soins palliatifs s’est exprim ? avec beaucoup d’humanit ?.
« ?Les soins palliatifs, dit-il, sont des soins actifs et continus, pratiqu ?s par une ?quipe pluridisciplinaire en institution ou ? domicile. Ils visent ? soulager la douleur, ? apaiser la souffrance psychique, ? sauvegarder la dignit ? de la personne malade et ? soutenir son entourage. Ils sont pratiqu ?s en prenant en compte la globalit ? de la personne ? », en tenant compte de l’histoire personnelle de chacun, de son exp ?rience (et de sa crainte) de la souffrance, de la mort, en essayant d’ ?liminer les douleurs.
Les soins palliatifs concernent les personnes atteintes d’une maladie grave, ?volutive ou terminale. C’est l’id ?e que la mort peut survenir qui d ?finit le soin palliatif alors que les soins de support, qui ont la m ?me approche technique, prennent en charge tous les patients atteints de maladie grave. On pense souvent au cancer, mais il y a beaucoup d’autres pathologies, neurologiques notamment, mais aussi cardiaques et respiratoires.
Les soins palliatifs ? domicile sont diff ?rents de ceux qui sont pratiqu ?s en milieu hospitalier.
Avantages
Ce sont les soignants qui sont accueillis par les patients, ? la diff ?rence de l’h ?pital, ce qui change les relations soignants-soign ?s dans le sens d’une plus grande ?galit ?. « ?Ce sont les patients et les familles qui nous autorisent ? entrer dans leur intimit ?? »
Les patients sont dans un environnement familier, moins angoissant que l’h ?pital dont ils ne connaissent pas les r ?gles.
C’est un ’plus’ pour les soignants de voir les patients chez eux, de comprendre leur environnement familial et social.
Inconv ?nients
La mort devient une exception ? domicile (25 %) donc souvent les familles n’en ont pas l’exp ?rience. Les fins de vie sont parfois difficiles. Il ne faut pas consid ?rer l’hospitalisation comme un ?chec du maintien ? domicile. Finir sa vie ? domicile est diff ?rent de mourir ? domicile. Etre isol ? la nuit, le week end avec des difficult ?s ? avoir un m ?decin, un soignant, peut ?tre angoissant. « ?Qu’est-ce qui va m’arriver si j’ai encore mal la nuit, si je tombe ??? »
Il existe des difficult ?s techniques, du fait de l’absence de r ?ponse m ?dicale ou soignante en urgence, ce qui peut limiter certains traitements, m ?me si des progr ?s sont fait depuis l’arriv ?e de l’HAD (Hospitalisation ? domicile).
Le r ?le des aidants naturels est important, c’est souvent un pr ?alable. Ils deviennent aussi soignants (gestion de l’incontinence). Il faut prendre garde au risque d’ ?puisement, de souffrance, surtout les derniers jours, voire apr ?s le d ?c ?s.
L’organisation
Tout patient a droit ? des soins palliatifs et ? un accompagnement. A l’h ?pital, la r ?ponse est gradu ?e ? : Unit ? de soins palliatifs 16 lits dans les Pays de oire et ?a co ?te une fortune), lits identifi ?s de soins palliatifs, ?quipe mobile de soins palliatifs. Pour les maisons de retraite, les recommandations sont assez claires. A domicile, la r ?ponse est moins standardis ?e. De nombreux r ?seaux (150 environ) existent, mais sous des formes variables et pas partout.
A Nantes, le r ?seau de soins palliatifs Compas est bien structur ? et financ ?. C’est une ?quipe de m ?decins, infirmi ?res, psychologue, assistantes sociales, qui vient en appui des professionnels du domicile et soutient les patients et leurs familles. Les r ?gions de Ch ?teaubriant et Ancenis avaient demand ? la mise en place d’antennes de ce service. Cela n’a pas ?t ? retenu. Notons qu’il existe une ?quipe r ?gionale de soins palliatifs pour les enfants.
Sur notre secteur, il n’y a pas d’ ?quipe d ?di ?e mais des interventions ponctuelles de l’EMSP (Equipe Mobile de Soins Palliatifs). Celle-ci est compos ?e d’un m ?decin, d’une infirmi ?re, d’une psychologue, et d’une secr ?taire, tous ? mi temps.
R ?les de l’ ?quipe : Formations. Sensibilisation ? la culture palliative. Mais l’ ?quipe ne se substitue pas aux soignants, ni pour les soins, ni pour les prescriptions. « ?Nous ne faisons pas ? la place des soignants. Ni des g ?n ?ralistes Nous pouvons apporter du temps, des conseils techniques, un soutien des patients et de leur famille, une aide ? la d ?cision coll ?giale ? ».
L’EMSP s’efforce de faire du lien. Lien avec l’HAD pour les retours ? domicile. Lien avec les b ?n ?voles associatifs. Lien avec l’h ?pital. « ?Nous essayons d’ ?viter le passage de ces malades aux urgences, de proposer des hospitalisations de r ?pit, de faciliter les retours. Nos interventions sont encore peu fr ?quentes, (12 patients plus 30 en EHPAD) nous pourrions sans doute faire plus mais ces interventions ne sont pas financ ?es et nous attendons des instructions plus pr ?cises de l’aRS ? ».
« ?M ?me si ces interventions sont peu fr ?quentes, elles repr ?sentent un investissement tr ?s fort en temps et en ?motions.? » a conclu le Dr Coisne.

