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Les carottes sont cuites

Ecrit le 28 juin 2017

 Les carottes sont cuites

Au XVIIe siècle, les carottes étaient considérées comme un aliment de pauvre et ne vivre que de carottes signifiait vivre très chichement. Cette valeur péjorative de la carotte est restée et au XIXe siècle avoir ses carottes cuites, c’était être mourant. C’est cette notion de carottes qui marquent la fin d’un espoir qui est arrivée jusqu’à nous (1).

L’expression les carottes sont cuites fait immanquablement penser à une autre qui va dans le même sens : c’est la fin des haricots qui date du début du XXe siècle, époque à laquelle, dit-on, les joueurs qui jouaient en famille misaient non avec de l’argent mais avec des haricots secs ; chacun comprendra que le joueur qui n’avait plus de haricots pour miser avait perdu.

J’en ai gros sur la patate est une expression familière dans laquelle, au sens figuré, le mot patate désigne le cœur et qui signifie j’en ai gros sur le cœur, j’ai le cœur gros = je suis déçu, je suis au bord des larmes.

Faire chou blanc : cette expression pourrait venir d’un dialecte berrichon dans lequel coup se prononçait chou ; au jeu de quilles très en vogue dès le XVIe siècle -un chou blanc était un coup nul, sans résultat.

Quel navet ! Il est vrai qu’un navet est un légume fade et peu cher et que dès le XIIIe siècle on employait ce terme au figuré pour qualifier quelque chose dont la valeur était minime, voire nulle. Au milieu du XIXe siècle, un mauvais tableau était qualifié de navet et le « compliment » s’est adressé ensuite à un mauvais spectacle, un mauvais film en particulier. .

(1) L’expression les carottes sont cuites a servi de code secret à la radio de Londres pendant la Seconde Guerre mondiale pour déclencher des opérations dans les territoires occupés par l’Allemagne.

DEVINETTE : d’où vient l’expression raconter des salades ?

REPONSE aux DEVINETTES de la semaine dernière :
une jambe de force est un élément qui sert à soutenir une construction, comme la charpente d’une maison ou à renforcer les piquets d’une clôture.

Une jambe de maille désigne la partie médiane d’une maille tricotée (entre la tête et les pieds).

Elisabeth Catala Blondel


Ecrit le 5 juillet 2017

 Raconter des salades

Quand elle n’est pas une laitue, une frisée ou une batavia, une salade est un assemblage d’ingrédients divers constituant un mélange agréable à avaler ; on parle ainsi de salade de fruits, de salade niçoise, auvergnate ou piémontaise ; au figuré, quand on veut faire « avaler » un mensonge, on mélange, avec un zeste d’humour, des excuses imaginées, un peu de vrai, un peu de faux et on assaisonne le tout d’un ton convaincant pour que la chose « passe » facilement. L’expression raconter des salades date du XIXe siècle.

Si le panier à salade sert à essorer la salade, c’est aussi dans le langage familier une expression argotique désignant le fourgon cellulaire de la police parce qu’il est comme le premier muni de grillages et que, comme le raconte Balzac, « du temps où la voiture était à claire-voie de tous côtés les prisonniers devaient y être secoués absolument comme des salades » (1).

La cerise sur le gâteau :il s’agit d’une métaphore d’origine pâtissière qui évoque un superbe gâteau surmonté d’une belle cerise confite rouge qui le rend encore plus appétissant. Cette expression est la traduction littérale de the cherry on the cake. Prise de façon ironique, elle signifie comme en anglais « c’est le comble, c’est le bouquet ! ».

Tomber dans les pommes : l’idée que ce serait une déformation de tomber dans les pâmes (s’évanouir) a été abandonnée. L’origine la plus probable viendrait de l’expression « être dans les pommes cuites » que George Sand a employée dans une lettre adressée à une amie pour dire qu’elle était dans un état de fatigue extrême, (autrement dit ,« cuite » !)

Etre une bonne poire : depuis la fin du XIXe siècle, une poire est une personne qui tombe facilement dans l’attrape-nigaud qui lui est tendu par allusion à la poire trop mûre qui tombe toute seule de l’arbre.

DEVINETTE : d’où vient l’expression « se fendre la poire  » ?

REPONSE à la DEVINETTE de la semaine dernière : d’où vient l’expression « raconter des salades » ? Elle a fait l’objet de la chronique d’aujourd’hui !

Elisabeth Catala Blondel.


NOTES:

(1) Balzac Splendeurs et misères des courtisanes, 1846