Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Défendons la langue française > Le chiffre 7

Le chiffre 7

 Le chiffre 7

Après nous être intéressés au chiffre 3 puis au chiffre 4, examinons leur somme : le chiffre 7, qui, tels 3 et 4, est aussi un nombre.

Quand dans le conte de Perrault l’ogre chausse ses bottes de 7 lieues pour tenter d’attraper le Petit Poucet et ses frères, (7 enfants) il parcourt l’équivalent de 7 x 4= 28 kilomètres en une enjambée !

Avant lui, un nain qui figure dans La belle au bois dormant en possédait lui aussi une paire : il les avait chaussées pour avertir la bonne fée qui avait sauvé la vie de la princesse en prédisant qu’elle ne mourrait pas en se piquant le doigt sur le fuseau d’un rouet (comme l’avait prédit la méchante fée Carabosse) mais dormirait 100 ans, que l’accident était arrivé. Notons que dans ce conte les marraines de la princesse étaient au nombre de 7, toutes fées.

Les nains entourant Blanche-Neige dans le conte éponyme de Grimm sont aussi 7 : Atchoum, Joyeux, Prof, Simplet, Timide, Dormeur et Grincheux (1).

Pour comprendre l’expression être ravi, ou transporté au 7e ciel, il faut savoir que, dans l’Antiquité, l’Univers était organisé en 7 sphères concentriques, une pour chacun des astres alors répertoriés, chaque astre étant régi par une divinité qui lui donnait son nom : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. L’être qu’une exaltation mystique ou poétique mettait en contact avec une de ces sphères se retrouvait « enthousiasmé » (2). Selon la puissance de l’exaltation , il se trouvait « emporté » jusqu’à l’une de ces sphères : il suffisait d’être transporté au troisième ciel pour connaître le ravissement de l’amour dont Vénus est la déesse mais la surenchère a finalement choisi le tout dernier pour l’exprimer.

(1) Petit moyen mnémotechnique pour se rappeler le nom des 7 nains : A jouer presque seul tu deviens grognon.

(2) étymologiquement, on porte un dieu en soi quand on est enthousiasmé.

DEVINETTE : pourquoi doit-on tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler ?

REPONSE A LA DEVINETTE du dernier numéro de La Mée :

L’expression « à la 6, 4, 2 » signifie : rapidement, négligemment. Alignés verticalement l’un au-dessous de l’autre, ces trois chiffres dessinent très approximativement un visage : le front et l’œil avec le 6, le nez avec le 4, la bouche et le menton avec le 2.

Elisabeth Catala Blondel


 Le chiffre 7 est sacré

Le nombre 7 est considéré comme sacré dans toutes les religions : c’est un nombre parfait car il est la somme de 4 - qui évoque le monde matériel (les 4 éléments, les 4 points cardinaux, par exemple)- et de 3, qui évoque la perfection de Dieu car le triangle est la seule figure géométrique qui ne se déforme pas. Dans la Genèse, premier livre de la Bible, Dieu a parachevé la Création en 7 jours.

Les péchés capitaux sont au nombre de 7, comme les sacrements et les vertus sacerdotales dans la religion catholique. Le Notre Père, prière adressée à Dieu par les chrétiens, comporte 7 demandes. Et la « Bête » de l’Apocalypse a 7 têtes terrifiantes (2)..

Dans la tradition hébraïque, la Menorah est un chandelier à 7 branches. Le sabbat est le 7e jour de la semaine, une année était qualifiée de sabbatique (1) au bout de 7 ans et une année de Jubilé se produisait au bout de 7 fois 7 ans.

Dans la tradition musulmane, les versets de la sourate al-fatiha, dénommés ayats, sont au nombre de 7, de même que le nombre de déambulations à faire autour de la Kaaba à La Mecque lors du pèlerinage qui est l’un des cinq piliers de l’Islam.

Le chiffre 7 est aussi sacré dans la tradition hindouiste : 7 villes saintes, 7 langues de feu du dieu Agni, 7 têtes du Nâga (le serpent), 7 principes de base du Bushido, pour ne citer qu’eux.

Dans la tradition gréco-romaine, le dieu Soleil associé à Apollon comporte 7 rayons ; les astres et les métaux qui leur sont liés sont aussi 7, de même que les degrés d’initiation au culte de Mithra.

Citons encore le nombre de mouches tuées par le Petit Tailleur de Grimm et la chèvre de M.Seguin qui est la 7e à s’échapper de l’enclos. Et n’oublions pas les 7 merveilles du monde antique, les 7 collines de Rome, les 7 arts « libéraux » qui furent longtemps le fondement de l’éducation, ni les 7 couleurs de l’arc-en-ciel, ni le jeu des 7 familles cher aux enfants d’autrefois !

(1) l’adjectif sabbatique s’applique aussi à la mise au repos des terres qui se faisait tous les 7 ans.
(2) La prochaine chronique sera consacrée à l’Apocalypse.

DEVINETTE : Qui a écrit Les 7 boules de cristal ?

REPONSE à la DEVINETTE du dernier numéro de La Mée : L’expression tourner 7 fois sa langue dans la bouche provient d’un verset de la Bible de Salomon : elle fait allusion au temps que met un sage à parler pour émettre une opinion.

Elisabeth Catala Blondel


Ecrit le 11 octobre 2017

 Apocalypse

L’ Apocalypse est le dernier livre du Nouveau Testament ; il a été écrit par Jean vers la fin du premier siècle. Etymologiquement, ce mot, issu du grec apocalupsis, signifie dévoilement et, dans son acception religieuse, révélation. Très vite, il est devenu synonyme de catastrophe car les prédictions qu’il contient font froid dans le dos !

Ce n’est pas un hasard si cette chronique suit celle qui était consacrée au chiffre 7 : l’Apocalypse, livre dans lequel le chiffre 7 paraît 33 fois, contient en effet 7 lettres adressées aux 7 églises chrétiennes du 1er siècle et scellées par 7 sceaux. Le 7e sceau introduit les 7 trompettes des 7 anges et la 7e trompette introduit le jugement des 7 coupes ; ulcères, mort de toute vie marine, transformation en sang de l’eau des rivières, atroces brûlures dues à l’intensification de la chaleur du soleil, obscurité totale, assèchement de l’Euphrate précédant la bataille d’Armageddon et enfin tremblement de terre dévastateur suivi de chutes de grêle géantes sont les 7 fléaux qui annoncent la fin des temps et la venue d’un nouveau monde matérialisé par la descente du ciel de la nouvelle Jérusalem. (*)

Il serait trop long d’énumérer toutes les œuvres qui ont été inspirées par l’Apocalypse. Nous nous contenterons d’en citer...7 ! Le septième sceau de Bergman ; le Quatuor pour la fin du temps de Messiaen ; Holocauste 2000, film de science fiction ; la Tenture de l’Apocalypse d’Angers (XIVe siècle) ; l’Apocalypse illustrée de Dürer ; le tympan de la cathédrale d’Autun et L’apocalypse de Jean, un livre pesant 210 kg illustré par des artistes de renom, tels Salvador Dali, Georges Mathieu et Foujita.

(*) « Quand il ouvrit le sixième sceau, il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière devint comme du sang, et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu’un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes. Le ciel se retira comme un livre qu’on roule ; et toutes les montagnes et les îles furent remuées de leurs places. Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes... »

DEVINETTE : quel est l’auteur du film Apocalypse now ?

REPONSE à LA DEVINETTE du dernier numéro de La Mée : c’est le grand Hergé qui a écrit Les sept boules de cristal (1948).

Elisabeth Catala Blondel

Texte complet de l’Apocalypse