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Le Black Fraïday ...

Ecrit le 28 novembre 2018

Le Black Fra-i-day, cékoissa  ? s’exclame ce Castelbriantais en voyant s’afficher une publicité sur son téléphone portable ! Dans un article de Libération du 22 novembre, les auteurs Baptiste Bouthier et Clara Dealberto expliquent que c’est une catastrophe, «  un vendredi noir pour la planète (et les consommateurs) ». Les Québécois disent, eux, « Vendredi Fou ». Comme dit Le Figaro, dans certains commerces « des hordes de clients se déversent chaque année entre deux portes automatiques avant d’attraper frénétiquement les produits de leurs choix, quand ils ne se battent pas tout simplement dans les rayons pour l’arracher des mains d’un autre quidam  ». C’est une façon d’occuper les consommateurs en créant un événement : la rentrée-des-classes, Halloween, Noël, etc.

Tout droit venu du temple de la consommation, c’est-à-dire les Etats-Unis, le concept a fait une percée spectaculaire en Europe depuis quelques années, au point d’être devenu omniprésent. Les chiffres de ventes mesurent une hausse continue tous les ans (croissance de + 134 % entre 2013 et 2018 des ventes en ligne ici, des records pour tel ou tel site de vente en ligne là). Pour cette année, la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) espère que le Black Friday va générer 1,3 milliard d’euros en ligne entre vendredi 23 et lundi 26 novembre.

Mais qui dit consommation de masse dit aussi désastre environnemental. Par exemple l’envoi massif de courriels, pour informer les consommateurs, crée des nuisances énormes. D’une part il occupe l’esprit du consommateur, se demandant quel message lui est arrivé. Les entreprises le savent bien : les jeunes sont facilement distraits par l’arrivée d’un message ou d’un SMS et le travail s’en ressent. Et puis le simple envoi d’un mail est une source de consommation d’énergie absolument énorme.

En effet, derrière l’envoi d’un mail et son stockage, il y a des milliers de kilomètres de câbles et des centaines de serveurs informatiques qui travaillent toute l’année, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ils consomment énormément d’électricité pour fonctionner, mais également pour les garder à bonne température. En tout, un e-mail « parcourt » environ 15 000 kilomètres de câbles pour arriver à destination. Mais c’est également sans compter l’énergie que consomment les ordinateurs sur lesquels nous travaillons ainsi que les serveurs de stockage des boites de réception.

Imaginons que vous envoyiez 30 mails par jour à différents destinataires pendant un an, cela correspond à presque 330 kg de CO2, soit plusieurs milliers de km d’essence utilisés en voiture. Les spams, ces courriels intempestifs que l’on reçoit par centaines, utiliseraient dans le monde autant d’énergie que plus de 2 millions de foyers américains annuellement !

Ce gaspillage ne laisse pas tout le monde insensible. En parallèle de l’émergence du Black Friday en France s’est développé le Green Friday, qui incite à la consommation durable voire à la non-consommation. 50 structures dont Emmaüs   se sont engagées à ne pratiquer aucun rabais ce vendredi 23 novembre. D’autres ont décidé de ne rien vendre (telle la Camif).

Les entreprises participant à l’opération ne proposent pas de réductions à leurs clients le jour du Black Friday et s’engagent à reverser 15% de leur chiffre d’affaires de la journée au profit de HOP (association de lutte contre l’obsolescence programmée). Les associations du mouvement organisent des événements dans toute la France, notamment des « repair-café » de sensibilisation à la consommation responsable.

A Châteaubriant La Boutiketik, 19 Rue de Couëré, a rejoint le mouvement. Boutiketik est un magasin de créateurs et producteurs à très faible impact sur l’environnement. En plus de cela, l’association propose tous les midis un resto associatif, local, bio et de saison à prix libre !

À Cherbourg, une quarantaine de commerçants se sont associés pour lancer un « Solidarité Friday », une journée où chaque commerce partenaire s’engage à reverser un certain pourcentage de son chiffre d’affaires à deux associations locales d’aide au plus démunis.

Avec une visée mondiale, Greenpeace alerte tous les ans sur les dangers de ce vendredi noir, insistant notamment sur l’impact environnemental des biens de consommation textiles et électroniques, en tête des ventes lors du Black Friday français l’an dernier. L’ONG cite notamment une enquête du cabinet de conseil McKinsey selon laquelle nous achetons 60 % de vêtements de plus qu’il y a quinze ans, alors que 85 % des textiles achetés finissent à la déchetterie – souvent loin de nos yeux, dans les pays du sud. Cette année, elle a mis l’accent sur les montagnes d’invendus et de produits retournés, qui subissent souvent le même sort.

Chaque Allemand fait en moyenne 16 commandes de vêtements et quatre commandes de produits électroniques par internet dans l’année. Selon un sondage réalisé pour Greenpeace à l’occasion du Black Friday, 60% des moins de 30 ans savent déjà au moment de leur commande qu’ils vont renvoyer au moins un quart des articles. Une enquête de la ZDF (télévision allemande) a montré en juin qu’environ 30 % des articles réexpédiés par les clients déçus d’Amazon Allemagne finissent à la poubelle, et que des équipes sont affectées chaque jour à la destruction de meubles, téléphones, matelas, portables ou machines à laver neuves…

L’an dernier, Greenpeace avait aussi lancé une opération « make SMTHNG and buy nothing » (« fabrique quelque chose et n’achète rien »), incitant à ne pas céder aux sirènes du Black Friday. «  La fièvre acheteuse du « Black Friday » génère un gaspillage plus grand que jamais. Cette tendance dangereuse abime notre planète. Nous achetons sans réfléchir une seconde, mais le gaspillage que cela engendre se ressentira parfois dans plusieurs siècles encore  », résumait la responsable de l’opération, Chiara Campione.

D’autant que ces sirènes ne sont pas toujours aussi intéressantes qu’il paraît. L’UFC-Que choisir dans son article du 21 novembre, épingle Cdiscount, Amazon et Darty. Par exemple Amazon propose un rasoir électrique à 159 €, avec, dit-il, 240 € d’économie, soit 60 % de rabais. Qui dit mieux ? Sauf qu’Amazon est le seul depuis plusieurs mois à vendre ce rasoir. Et s’il l’a bien vendu 399,99 €, c’est en mai dernier, soit il y a 6 mois. Depuis le 20 octobre, Amazon le vendait 184,90 €, soit une réduction réelle de seulement 14 % En 2016 Que Choisir avait relevé des milliers de prix de produits high-tech et constaté… de dérisoires ristournes à l’occasion du Black Friday. En vrac : - 2 % pour les téléviseurs, - 0,8 % pour les smartphones ou - 1,8 % sur les ordinateurs portables.

Bref, les consommateurs doivent faire preuve de la plus grande vigilance lorsqu’ils se retrouvent face à des offres apparemment alléchantes….


Menaces

Le changement climatique affecte déjà les économies américaine et mondiale et ses conséquences négatives ne feront que s’aggraver si des mesures drastiques ne sont pas prises pour réduire les émissions des gaz à effet de serre, selon un important rapport gouvernemental américain publié le 22 novembre.

Le niveau de la mer continue de monter, et des événements extrêmes comme des pluies torrentielles et des inondations se manifestent de plus en plus souvent sur la planète, ce qui aura des « répercussions sur tous les secteurs économiques », dit ce document mettant en garde contre « des dégâts considérables pour l’économie américaine ».

Ce rapport de 1000 pages, rédigé par plus de 300 scientifiques, prévient aussi qu’il est «  très probable que des impacts physiques et écologiques seront irréversibles pour des milliers d’années tandis que d’autres seront permanents  ». Les scientifiques ont trouvé « des preuves claires et irréfutables que la température mondiale moyenne est beaucoup plus élevée et augmente plus rapidement que constaté jusque-là dans la civilisation moderne ». « Et cette tendance au réchauffement ne peut être expliquée que par des activités humaines, notamment les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. »

Nous dansons sur un volcan, il est temps de réagir

Note de l’ami Borgone :

Conso

(Point de vue de Borgone) : Je me souviens d’un slogan de 1968. « Faites l’amour, pas la guerre.. ». C’est vrai qu’il y avait le Viet Nam qui battait son plein et avant l’Algérie et encore avant l’Indochine et 39.45 et le service militaire pour les hommes. Bref, depuis 30 ans on baignait dans la guerre.
Aujourd’hui je pense qu’il faudrait dire aux jeunes générations de consommateurs compulsifs « Faites l’amour, pas les commerces »….
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