Ecrit le 16 d ?cembre 2020
La question de la s ?curit ? dans la rue Alsace Lorraine est un souci r ?cent pour le maire de Ch ?teaubriant qui multiplie les r ?unions avec les habitants, avec chaises dispos ?es en quinconce, masques et micro envelopp ? dans du tissu. Un habitant avait pr ?par ? un long r ?quisitoire. c’est qui ?? Le maire lui a demand ? son nom mais il ne l’a pas donn ?.
Cet inconnu rappelle au maire qu’il est en place depuis 19 ans et qu’il ne sert ? rien de faire un ping-pong de responsabilit ?s ?! Il ?parle de tranquillit ? et d’angoisse, du besoin de pouvoir parler et d’ ?tre ?cout ?, de la difficult ? pour certaines personnes de sortir de chez elles, de l’inutilit ? de faire des annonces qui ne sont pas suivies d’effets. Il loue le travail consid ?rable de la gendarmerie et regrette que la police municipale ne soit pas plus pr ?sente dans les rues. Il rel ?ve le manque de concertation notamment avec les poids lourds.
En r ?ponse le maire se f ?licite d’avoir autant de policiers municipaux.
Un habitant signale le trafic tr ?s important et regrette que l’interdiction aux poids lourds ne se fasse pas dans les deux sens. Les plus anciens se souviennent d’une p ?riode o ? la circulation des poids lourds ?tait interdite dans cette rue. Celle-ci avait d’ailleurs ?t ? dot ?e de chicanes, pour casser la vitesse. A l’ancienne station Shell il y avait des feux qui ralentissaient la circulation. Mais la municipalit ? a abandonn ? tout cela. Et en 2004 elle a fait un voeu pour qu’il y ait une rocade ? l’ouest de la ville. Si par hasard cette rocade est accept ?e un jour, ce ne sera pas ? effet imm ?diat, le temps d’acqu ?rir ou d’exproprier des terrains
Alors que fait-on ?? Il est question de contr ?les de vitesse plus fr ?quents le soir apr ?s 21h ? ; Et aussi d’un plateau sur ?lev ? au croisement avec la rue Max Veper/Rue St Victorien. Il faut se rappeler aussi que des automobilistes ?vitaient la rue Alsace Lorraine en passant par une rue parall ?le, la rue St Joseph, mais que des stops ont ?t ? plac ?s dans cette rue pour les en dissuader.
De la discussion il se d ?gage une id ?e ? : mettre toute la rue en zone 30 km/h, depuis le carrefour de la Ville en Bois. Normalement cela demande un am ?nagement urbain particulier et une forte pr ?sence polici ?re Et de la peinture sur la route pour rappeler cette limitation qui ne sera pas ?vidente.
Question est pos ?e sur les GPS qui envoient les poids-lourds vers Rennes en passant par Corps-Nuds. Question pos ?e sur le trafic poids-lourds entre Bain de Bretagne et Martign ?, y a-t-il n ?cessit ? ? passer par Ch ?teaubriant ??
Question aussi sur certaines incivilit ?s ? La Ville aux Roses. Un habitant, qui a eu son camping-car d ?grad ? sur un parking, d ?clare ? : « ?si j’en chope un, je lui fais une boutonni ?re ? » Appel ? la violence non relev ? par le maire. Cela repose aussi la question du r ?le de la police municipale, de son absence sur les terrains sensibles et de l’absence d’une vraie politique de tranquillit ? publique.
La vie des quartiers
Cela repose, radotons un peu, la question de la vie dans les quartiers, quel que soit le quartier. La vie, ou plut ?t l’absence de vie de quartier. Chacun chez soi, devant sa t ?l ?. Ph ?nom ?ne encore accentu ? en temps de confinement. qu’y a-t-il pour les jeunes ?? Rien. Pour les autres non plus ? : aucune salle de quartier, aucun moyen de se retrouver de fa ?on informelle. A la Ville aux Roses il y a maintenant un centre socio-culturel, mais il est tr ?s administratif, on ne peut y aller que sur r ?servation, pas de fa ?on spontan ?e. Et puis, en temps de confinement, il ?tait ferm ?. Alors que la m ?diath ?que, elle, ?tait ouverte. Dans ces grands ensembles 400-500 logements, on ne voit personne dans les rues. Etrange, non ?? Seuls les jeunes arrivent ? se retrouver, dans la rue, parce que les halls d’immeubles leur sont interdits, et parce qu’aucune salle n’est mise ? leur disposition.
Alors, parmi les responsables d ?sign ?s des incivilit ?s, les « ?bandes de jeunes ? » figurent en bonne place. Il y en a tr ?s peu chez nous, et on ne conna ?t pas heureusement le ph ?nom ?ne des bagarres entre bandes. On peut plut ?t parler de groupes de jeunes, d ?soeuvr ?s, o ? les incivilit ?s rel ?vent d’un certain d ?sir de d ?passement de soi-m ?me, prise de risque, sens de la « ?d ?brouille ? » dans un sens n ?gatif faute d’avoir un but positif ? leur donner. La r ?pression alors participe ? la « gloire » des membres qui, faute de pouvoir ?tre des anges, se satisfont d’ ?tre des d ?mons en mal ?d’affirmation de leur virilit ? personnelle, ou de leur place dans la hi ?rarchie ?du groupe.
Comme dit Laurent Mucchielli, « ?la bande offre ? ces ?jeunes un espace pour exister, s’affirmer, s’amuser, se venger en quelque sorte ?de leurs ?checs (en particulier l’ ?chec scolaire) et ?chapper ? une mort sociale ?annonc ?e ? ». () Les ?politiciens r ?agissent toujours de la m ?me mani ?re ? : posture d’indignation ?morale, annonce de renforts policiers et annonce de durcissement des sanctions ?dans une prochaine loi. Ces lois qu’on empile les unes apr ?s les autres au fil ?des gouvernements ne changent rien ? la r ?alit ?, ? part allonger certaines ?peines de prison.
Le probl ?me est ailleurs, dans la force des in ?galit ?s ?sociales et spatiales, et dans la force des m ?canismes d’exclusion sociale par ?l’ ?chec ?".
Mais revenons ? nos moutons ? nos camions, il y aura donc un 30 ? l’heure sur la N 163 (Rue Alsace Lorraine). Le mare a quand m ?me parl ? de tol ?rance ? 40-50 car, il est vrai, c’est bien difficile de rester ? 30 ? l’heure .

