Ecrit le 15 juin 2024
Les votes RN
La strat ?gie d’institutionnalisation du RN passe aussi par son implantation ? l’Assembl ?e nationale avec 89 d ?put ?s : une pr ?sence in ?dite qui a au moins le m ?rite de r ?v ?ler l’imposture sociale de ces pr ?tendus d ?fenseurs des travailleurs et du pouvoir d’achat. Voici les votes des ?lus RN depuis 2 ans.
Histoire : Waffen-SS et r ?gime de Vichy
Contenu de l’article de France-Info :
Le Front national (FN ), anc ?tre du RN, a bien compt ? parmi ses premiers membres d’anciens soldats affili ?s ? l’arm ?e allemande du IIIe Reich et des miliciens p ?tainistes.
Alors que l’extr ?me droite se rapproche du pouvoir, apr ?s la d ?cision annonc ?e dimanche par Emmanuel Macron de dissoudre l’Assembl ?e nationale, la gauche s’inqui ?te de la normalisation du Rassemblement national. « On a aujourd’hui dans le pays une partie de la bourgeoisie, qui jusque-l ? se disait r ?publicaine, une partie aussi parfois du champ m ?diatique, qui est tout ? fait pr ?te ? concevoir que le Rassemblement national arrive au pouvoir », s’est indign ?e la d ?put ?e La France insoumise Sarah Legrain, mardi 11 juin sur LCI, les disant pr ?ts « ? formuler l’id ?e que mieux vaut Hitler que le Front populaire ».
Pour justifier cette comparaison entre le Rassemblement national et le dictateur allemand, la d ?put ?e de Paris a invoqu ? l’histoire de la formation politique : « Est-ce que je suis en train de dire que le Rassemblement national est un parti qui est l’h ?ritier de Waffen-SS qui l’ont fond ? et l’h ?ritier de Vichy ? Oui bien s ?r ! », a-t-elle d ?clar ?. « C’est grave comme propos », a r ?agi Christophe Moulin, journaliste pr ?sentateur ? LCI.
Elle n’est pas la seule ? tenir de tels propos : en 2023, Elisabeth Borne, alors Premi ?re ministre, avait rappel ? que le RN ?tait « l’h ?ritier de P ?tain ». Alors, ? quoi fait r ?f ?rence la d ?put ?e ? Franceinfo fait le point.
La gen ?se du Front national n’est pas un secret : elle a ?t ? largement document ?e par des historiens. C’est le 5 octobre 1972 que na ?t le Front national pour l’unit ? fran ?aise, une alliance h ?t ?roclite de groupuscules d’extr ?me droite autour de la figure de Jean-Marie Le Pen. Le v ?t ?ran de la guerre d’Alg ?rie a ?t ? choisi par Ordre nouveau, mouvement de jeunes n ?ofascistes, pour prendre le r ?le de leader f ?d ?rateur, en vue des l ?gislatives de 1973.
Il s’agit de pr ?senter une image plus polic ?e de l’extr ?me droite, qui reste discr ?dit ?e ? cette ?poque. « On ?tait vraiment dans une violence verbale totalement d ?sinhib ?e. On voulait ’tuer les m ?t ?ques’, ’assassiner les communistes’... », rappelle l’historienne Val ?rie Igounet au sujet d’Ordre nouveau, ? France Culture. Sur les conseils d’un cadre du parti n ?ofasciste italien MSI, Fran ?ois Duprat, l’un des cadres d’Ordre nouveau, commence ? pratiquer « un fascisme souriant », d ?taille Nicolas Lebourg, historien, aupr ?s de franceinfo.
« Dans les ann ?es 1960-1970, en pleine guerre froide, toutes les familles id ?ologiques d’extr ?me droite se rassemblent dans un violent anticommunisme », explique Magali Balent, docteure en science politique et ma ?tresse de conf ?rence ? Sciences Po Paris, ? France Culture. La nouvelle alliance est compos ?e de trois tendances politiques : la famille nationale-populiste, les n ?ofascistes et les collaborationnistes. La premi ?re est port ?e par Jean-Marie Le Pen. Marqu ?e par la d ?colonisation et les ?v ?nements de Mai-68, elle compte des nostalgiques de l’Alg ?rie fran ?aise, dont certains engag ?s dans l’Organisation de l’arm ?e secr ?te (OAS), comme Roger Holeindre. Ordre nouveau constitue la deuxi ?me. Le mouvement souhaite l’abolition des partis politiques, voire des ?lections s’il acc ?de au pouvoir.
La troisi ?me composante est celle ?voqu ?e par Sarah Legrain : les nostalgiques de la Seconde Guerre mondiale, et plus pr ?cis ?ment de la Collaboration. En 1972, Jean-Marie Le Pen a d ?pos ? les statuts du parti en pr ?fecture au c ?t ? de Pierre Bousquet, Waffen-SS au sein de la division Charlemagne. Celui-ci occupera le poste de tr ?sorier. A leurs c ?t ?s ?galement, Fran ?ois Brigneau, journaliste et ancien milicien p ?tainiste, est d ?sign ? vice-pr ?sident.
Interrog ? sur Pierre Bousquet par franceinfo, ? l’occasion des 50 ans du parti, Jean-Marie Le Pen ne le condamne pas : « Nous ?tions ? trente ou quarante ans de la guerre et, par cons ?quent, les options qu’avaient pu prendre ? 20 ans des gens qui en avaient 60, ce n’ ?tait pas le crit ?re principal, explique-t-il aujourd’hui. Les affaires d’Alg ?rie ?taient plus proches que celles de la Seconde Guerre mondiale. »
Pierre Bousquet quittera le parti huit ans apr ?s sa cr ?ation, en m ?me temps qu’un autre ex-Waffen-SS, Jean Castrillo. Malgr ? cela, il y avait « de nombreux membres de la Nouvelle Droite et du FN » aux obs ?ques de l’ancien tr ?sorier en 1991, relate l’historien Nicolas Lebourg sur Slate.
L ?on Gaultier, autre cofondateur du parti, ?tait ?galement engag ? dans la Waffen-SS. Photo ? l’appui, il a ?voqu ? son pass ? dans un reportage d’« Envoy ? sp ?cial » diffus ? sur Antenne 2 en 1992 : « Oui, ?a, c’est moi en uniforme SS, uniforme que j’ai port ? pendant plus de deux ans, parce que j’ ?tais engag ? volontaire dans la Waffen-SS, qui ?tait d ?pendante de l’arm ?e allemande, mais qui n’ ?tait pas l’arm ?e allemande », a-t-il d ?taill ?. Jean Marie Le Pen avait fond ? avec lui la Serp, une maison d’ ?dition qui publiera notamment un disque de chants du IIIe Reich.
« En termes politiques, les anciens SS jouent apr ?s-guerre un r ?le essentiel dans la reconstruction des extr ?mes droites », estime l’historien Nicolas Lebourg.
Au vu de tous les courants pr ?sents ? la cr ?ation du FN , il est donc correct, comme le fait la d ?put ?e LFI Sarah Legrain, d’affirmer que l’anc ?tre du RN est issu d’un h ?ritage en lien avec les Waffen-SS et le r ?gime de Vichy.
Les votes Droite et RN
Programme social du RN
Article emprunt ? ? la Fondation Jean Jaur ?s, ?crit par Timoth ?e Duverger, Thierry Germain
Alors que le pouvoir d ?achat constitue la priorit ? num ?ro un des Fran ?ais, que propose r ?ellement le Rassemblement national en mati ?re de mesures sociales ? Timoth ?e Duverger et Thierry Germain, respectivement co-directeur et membre de l ?Observatoire de l ?exp ?rimentation et l ?innovation locales de la Fondation, analysent le programme du parti d ?extr ?me droite et d ?montrent trois ?l ?ments :
- le double discours utilis ? pour asseoir un plus large ?lectorat,
- une instrumentalisation des questions sociales ? des fins x ?nophobes
- et des propositions qui ne feraient qu ?accentuer les in ?galit ?s et p ?naliser les classes moyennes et populaires.
Vote massif des ouvriers et employ ?s, d ?ports cons ?quents d ?anciens ?lecteurs de gauche, pr ?tention ? incarner la voix des ? petites gens ? flou ?es ou m ?pris ?es par les ?lites ? : l ?auto-proclam ?e fibre sociale du Rassemblement national (RN) est devenue l ?une de ses grandes marques de fabrique, avec la phobie migratoire et la repr ?sentation des provinces contre les grandes villes mondialis ?es.
Qu ?en est-il r ?ellement ? Alors qu ?il ne fait aucun doute que les Fran ?ais sont plong ?s dans une spirale de d ?classement et ?prouvent une forte appr ?hension de l ?avenir (r ?forme des retraites ; r ?forme de l ?assurance ch ?mage ; rh ?torique de ? l ?assistanat ?, avec une ambiance g ?n ?rale de d ?fiance et de contr ?le ; d ?s ?quilibres massifs dans le partage de la valeur au d ?triment des salari ?s ?), il est plus que n ?cessaire de d ?cortiquer le programme social du RN, de d ?jouer les faux-semblants et de d ?noncer les distorsions entre les discours et les mesures propos ?es.
Or l ?examen de ses positions, propositions et votes atteste que ce vernis social est une imposture majeure, et plusieurs exemples tr ?s r ?cents l ?illustrent de fa ?on tr ?s claire.
Qu ?il s ?agisse de la r ?forme des retraites ou plus r ?cemment de la loi sur le plein emploi, le Rassemblement national s ?est ainsi oppos ? au gouvernement au nom de la justice sociale. Ces deux positions fortes, cens ?es marquer un tournant dans les orientations historiquement ultralib ?rales de l ?extr ?me droite, ont cependant ?t ? rapidement battues en br ?che tout r ?cemment par Jordan Bardella, aujourd ?hui appel ? ? former un nouveau gouvernement en cas de victoire aux ?lections l ?gislatives suivant la dissolution de l ?Assembl ?e nationale.
Dans un contexte de rapprochement avec ?ric Ciotti, les ambigu ?t ?s entretenues ces derniers mois par le RN en mati ?re sociale doivent ?tre lev ?es.
- Pour le RSA , auquel l ?ex ?cutif a d ?cid ? sous la pression de la droite de conditionner son versement ? la r ?alisation de 15 heures d ?activit ?, Jordan Bardella a d ?clar ? dans l ??mission Dimanche en politique de France 3 le 4 f ?vrier dernier qu ?? il faut des contreparties aux prestations sociales de ce type ?. On a ainsi retrouv ? la classique d ?nonciation de l ?? assistanat ?.
- Concernant les retraites, alors que le RN promettait d ?abroger la r ?forme, il a recul ? le 11 juin sur RTL, consid ?rant qu ?il ne s ?agit plus d ?une priorit ?.
Ce double discours n ?a rien n ?anodin, puisque cette pr ?tendue pr ?occupation du quotidien des Fran ?ais et de leurs difficult ?s de chaque jour, notamment celles li ?es au pouvoir d ?achat et aux protections, est bien l ?un des ressorts de sa progression ?lectorale. En avan ?ant masqu ?, le RN a progress ? dans de larges franges de l ??lectorat, bien que l ?abstention soit rest ?e tr ?s majoritaire. Au sortir des ?lections europ ?ennes, il a ainsi consolid ? son socle, h ?g ?monique chez les ouvriers (54% des voix) et tr ?s ancr ? chez les employ ?s (40%), tout en progressant de 10 et 7 points chez les professions interm ?diaires (29%) et les cadres (20%). Il est ainsi devenu le premier parti chez les salari ?s (36%). Seul le dipl ?me constitue encore une fronti ?re. Plus il est ?lev ?, plus la chance de voter en faveur du RN est faible.
Comme le rappelle le politiste Vincent Tiberj, le RN a su imposer les th ?mes de l ?immigration et de la s ?curit ? pour cadrer le d ?bat public (politique et m ?diatique), au d ?triment de la mise sur agenda des sujets sociaux amen ?e par le mouvement de lutte contre la r ?forme des retraites. Le RN b ?n ?ficie des divisions des classes populaires. Il joue pour cela sur la logique du bouc ?missaire ? travers les figures de ? l ?assist ? ?, ou plus encore de ? l ?immigr ? ? qui profiteraient du syst ?me et ce jusqu ?? les assimiler ? des fraudeurs. C ?est tout le sens de la ? pr ?f ?rence ?, rebaptis ?e ? priorit ? ? nationale au c ?ur du programme du RN.
En mati ?re sociale, il pr ?voit ainsi d ?s sa premi ?re proposition de r ?server les aides sociales aux Fran ?ais (handicap, pauvret ?, personnes ?g ?es, mineurs en danger, sans-abri, etc.) et de conditionner ? cinq ann ?es de travail en France l ?acc ?s aux prestations de solidarit ?, tandis que la ? priorit ? nationale ? devrait s ?appliquer ? l ?acc ?s au logement social et ? l ?emploi. Autant de mesures discriminatoires.
Mensonges sur ses intentions sociales r ?elles (la r ?alit ? du mouvement d ?extr ?me droite restant tr ?s largement son lib ?ralisme ?conomique et social traditionnel) et d ?tournement de la question sociale en la lisant au prisme d ?form ? de l ?immigration : le RN m ?ne une imposture politique dont il faut bien prendre en compte qu ?elle s ?appuie sur des r ?alit ?s profondes de notre pays.
Les travaux sur le sentiment de pauvret ? r ?v ?lent un continuum allant des cat ?gories populaires salari ?es ou ind ?pendantes aux allocataires du ch ?mage ou de prestations sociales. Pourtant, des approches plus ethnographiques permettent de r ?v ?ler l ?importance des ? petites diff ?rences ? (niveau ou variations de revenus, trajectoires), qui se convertissent en petites distinctions au sein des classes populaires, elles-m ?mes porteuses d ?une charge morale tant pour les individus que pour les institutions. Dans une perspective o ? le rapport ? l ?avenir est diff ?renci ? entre les classes sociales, ? les classes populaires se retournent contre les assist ?s parce que les voies les plus ordinaires de la promotion (acc ?s ? l ?emploi public, acc ?s ? la propri ?t ? de son logement, ?ventuellement en pavillon) paraissent soit inaccessibles, soit de plus en plus insoutenables dans un contexte de stagnation des salaires et d ?augmentation des d ?penses contraintes ?.
Reste que l ?imposture est totale !
? l ?Assembl ?e nationale, les positions du RN sont claires. D ?s le d ?but de leur mandat, ses d ?put ?s ont par exemple vot ? contre l ?augmentation du Smic (20 juillet 2023), contre l ?indexation des salaires sur l ?inflation (20 juillet 2023), contre le gel des loyers (21 juillet 2023), contre le r ?tablissement de l ?Imp ?t de solidarit ? sur la fortune (ISF) (23 juillet 2023). ? la m ?me p ?riode, ils se sont abstenus sur la cr ?ation d ?une garantie d ?autonomie pour les ?tudiants (25 juillet 2023) ou sur la revalorisation des minima sociaux au niveau du seuil de pauvret ? (25 juillet 2023), ainsi que sur la revalorisation des salaires des fonctionnaires de 10% (26 juillet 2023)7.
Quant aux mesures sociales avanc ?es par le RN, elles sont autant de leurres. Dans la proposition 5 du programme du parti d ?extr ?me droite pour l ??lection pr ?sidentielle de 2022, il entend permettre aux entreprises d ?augmenter les salaires de 10% en les exon ?rant de cotisations patronales (pour les salaires allant jusqu ?? trois fois le Smic). Or, non seulement elle serait facultative, laiss ?e au libre choix de chaque entreprise, mais en plus elle repose sur des exon ?rations de cotisation, ce qui aurait un co ?t important pour les finances publiques tout en cr ?ant une trappe ? bas salaires.
Le RN propose ?galement un ensemble de mesures visant ? soutenir les propri ?taires fonciers, alors que l ?acc ?s au patrimoine est aujourd ?hui la principale source d ?in ?galit ?s. Cela se retrouve dans sa proposition 16 de suppression de l ?imp ?t sur la fortune immobili ?re (IFI), comme dans sa proposition 17 consistant ? lancer un plan de r ?habilitation de l ?habitat ancien gr ?ce ? des aides efficaces ou ? cr ?er un fonds de garantie des loyers pour prot ?ger les propri ?taires. Toutes ces propositions visent les populations les plus ais ?es et non les plus pr ?caires.
S ?agissant des jeunes, le RN ne propose pas ? l ? encore ? de soutenir les plus vuln ?rables mais bien les plus ais ?s. Dans sa proposition 7, il promet l ?exon ?ration d ?imp ?t sur le revenu de tous les jeunes actifs jusqu ?? 30 ans, ainsi que la suppression de l ?imp ?t sur les soci ?t ?s pour les entrepreneurs de moins de 30 ans pendant les cinq premi ?res ann ?es, au motif qu ?il y aurait dans les deux cas un risque de d ?part ? l ??tranger. Pour les jeunes en insertion, il s ?engage ? cr ?er un ch ?que-formation mensuel de 200 ? 300 euros pour les apprentis, les alternants et leurs employeurs, ce qui dans les faits revient ? subventionner les entreprises.
En mati ?re de retraites, les avanc ?es sont tr ?s limit ?es voire floues. Le RN pr ?voit une r ?indexation des retraites sur l ?inflation, qui b ?n ?ficierait surtout ? et encore une fois ? aux plus ais ?s. La revalorisation du minimum vieillesse ne serait que de 10%. Quant au d ?part ? la retraite ? 60 ans, il est r ?serv ? aux personnes qui ont travaill ? avant 20 ans et ce pendant quarante annuit ?s.
Enfin, s ?agissant des Ehpad, il annonce une croissance forte de la pr ?sence de personnel m ?dical, sans donner de chiffre. Ce flou se retrouve dans plusieurs des propositions concernant le handicap, ? l ?instar d ?un grand plan sur l ?acc ?s ? la scolarit ? pour les enfants touch ?s par le handicap ou de la loi sur l ?acc ?s ? tous les lieux et transports publics sur lesquels il n ?y a aucune pr ?cision.
Enfin, la mesure 22 du RN ? la derni ?re ? consiste ? cr ?er un minist ?re de la lutte contre les fraudes, sans les diff ?rencier, alors qu ?en 2019 la fraude sociale ?tait estim ?e ? 2,3 milliards d ?euros contre entre 80 et 100 milliards d ?euros pour la fraude fiscale. Ainsi le RN met-il l ?accent, ? travers cette mesure populiste, sur la chasse aux fraudes plut ?t que de s ?int ?resser au non-recours aux droits, qui est pourtant massif (on l ?estime ? environ 35% des b ?n ?ficiaires potentiels pour le RSA par exemple) et constitue un probl ?me pour l ?acc ?s ? la citoyennet ? et la confiance dans les institutions. Ce faisant, il risque l ?accro ?tre en entretenant la confusion entre la fraude, les indus et les contreparties.
Conclusion
? l ?examen, le programme du Rassemblement national est donc plus anti-social qu ?anti-syst ?me, des traits que l ?on retrouve tr ?s nettement dans les pays o ? l ?extr ?me droite gouverne, comme l ?Italie de Giorgia Meloni. Rien d ??tonnant ? ce qu ?un axe (bien peu social !) apparaisse de plus en plus clairement entre certains milieux d ?affaires et le RN au nom d ?une ? union des droites ? qui est surtout une revanche des extr ?mes droites, le tout en s ?appuyant sur des divisions et fractures qu ?il s ?emploie ? exploiter bien plus qu ?il n ?a r ?ellement l ?intention de les r ?soudre.
Articuler urgences ?cologiques et nouvelles solidarit ?s est pourtant le point majeur de ce virage climatique que nos pays doivent rapidement mettre en ?uvre ? pr ?sent, cela sans se fracturer davantage. Mensonger sur ses intentions sociales et b ?ti sur les tensions ? notamment ? l ?encontre des ?trangers ?, le programme du Rassemblement national va exactement ? rebours de cela. En ce sens et si ce moment devait venir, il ne peut que se retourner contre les classes moyennes et populaires, contre le peuple.
La presse Bollor ?
Les m ?dias de Vincent Bollor ? orchestrent l ?alliance du RN et de la droite. CNews, Europe 1 et le ? JDD ? usent de leurs synergies pour promouvoir le rapprochement entre le Rassemblement national et Les R ?publicains d ?Eric Ciotti. Jusqu ?? dicter tempo et th ?mes de campagne. Rencontre Ciotti-Bollor ?, paroles d ?complex ?es chez Hanouna, investiture par le RN d ?un chroniqueur de CNews . Hanouna multiplie les prises de position ? l ?antenne et concentre ses tirs sur LFI. ? LFI au pouvoir, moi, je pars ?, a-t-il lanc ? mercredi, comme une consigne de vote. ? On fait l ??mission o ? ? ? lui a r ?torqu ? du tac au tac le journaliste politique de CNews Gauthier Le Bret. ? Dans ton cul ?, a r ?pondu Hanouna.
Jordan Bardella persiste et signe. Le patron du RN a confirm ? dimanche 16 juin vouloir privatiser ?? terme ? l’audiovisuel public si le RN arrive au pouvoir ? l’issue des ?lections l ?gislatives. ?L’ambition que nous avons port ?e pour la pr ?sidentielle reste d’actualit ?, celle ? terme de privatiser l’audiovisuel public ?. La presse Bolor ? a un sourire de gourmandise ....
Si le RN acc ?de au pouvoir
Apr ?s des ?lections europ ?ennes remport ?es haut la main, et la dissolution surprise de l ?Assembl ?e nationale par Emmanuel Macron, le Rassemblement national, emmen ? par Marine Le Pen et Jordan Bardella, est ? une marche du pouvoir. Mediapart a donc d ?cid ?, exceptionnellement, de permettre la lecture en acc ?s libre d ?une s ?lection d ?articles qui racontent les menaces que l ?extr ?me droite fait peser sur la France.
Droits des femmes
Le discours et la r ?alit ? des positions RN sur les droits des femmes
Russophile
Lu sur le huffingtonpost.fr du 9 juillet 2024
Le pr ?sident du Rassemblement national prend la t ?te du groupe ? Patriotes pour l ?Europe ? imagin ? par Viktor Orban. On y trouve l ?extr ?me droite la plus rance, et une russophilie assum ?e.
Un lot de consolation. ? d ?faut d ?avoir obtenu Matignon ? l ?issue d ??lections l ?gislatives d ?cevantes pour le RN (en d ?pit d ?une r ?elle progression ? l ?Assembl ?e nationale), Jordan Bardella a ?t ? nomm ? ce lundi 8 juillet ? la t ?te du groupe ? Patriotes pour l ?Europe ?, imagin ? par le Premier ministre hongrois Viktor Orban, partenaire du Rassemblement national ? l ?international.
Ce rapprochement, que le parti lep ?niste a volontairement pass ? sous silence lors de la campagne des l ?gislatives pour ne pas r ?activer l ?embarrassant proc ?s en russophilie, est le fruit des larges r ?sultats obtenus par le RN le 9 juin, devenant la plus importante d ?l ?gation du Parlement europ ?en. Avec 30 eurod ?put ?s, la formation lep ?niste domine largement ce groupe nationaliste, qui compte en son sein des formations et des personnages qui sont (tr ?s) loin de la d ?diabolisation vendue par le RN dans l ?hexagone.
Nostalgie de Mussolini et ? lobby gay ?
Prenons en exemple le g ?n ?ral italien Roberto Vannacci, qui portait les couleurs de la Lega aux europ ?ennes, et qui a ?t ? d ?sign ? vice-pr ?sident des ? Patriotes pour l ?Europe ? aux c ?t ?s de Jordan Bardella. Friand des allusions ? Mussolini, l ?int ?ress ? avait fait parler de lui apr ?s la publication d ?un pamphlet homophobe et x ?nophobe. Le site sp ?cialis ? dans les enjeux europ ?ens Le Grand Continent, avait compil ? dix phrases choc de Roberto Vannacci durant la campagne des europ ?ennes.
Parmi elles, on citera ceci : ? Chers homosexuels, vous n ??tes pas normaux. Il faut s ?en remettre ! La normalit ?, c ?est l ?h ?t ?rosexualit ?. Mais si tout vous semble normal, c ?est ? cause des intrigues du lobby gay international qui a banni des termes qui, il y a quelques ann ?es encore, figuraient dans nos dictionnaires : p ?d ?raste, folle, inverti, tapette, emmanch ?, fiotte, tafiole, lopette, tarlouze, sodomite ? qui sont aujourd ?hui susceptibles de vous faire passer devant un tribunal ?. Ou alors : ? Je pense que l ?avortement une n ?cessit ? malheureuse ? laquelle les femmes sont oblig ?es de recourir. Je ne crois pas que ce soit un droit. Je suis contre ?. Ainsi parle le vice-pr ?sident du groupe pr ?sid ? par Jordan Bardella.
Russophilie et ? famille traditionnelle ?
Au-del ? de cet alli ? italien, le groupe des ? Patriotes pour l ?Europe ? a une forte coloration pro-russe, que ce soit ? travers le FP ? autrichien ou au regard de l ?activit ? diplomatique de l ?architecte du groupe : Viktor Orban. D ?tail troublant, ce mariage intervient au moment o ? le Premier ministre hongrois a provoqu ? un toll ? en allant rendre visite ? Vladimir Poutine, au d ?triment de la solidarit ? europ ?enne exprim ?e ? l ??gard de l ?Ukraine. Un d ?placement r ?alis ? au nom de la ? paix ? qui n ?a pas emp ?ch ? Moscou de bombarder un h ?pital pour enfants dans les heures qui ont suivi.
La pr ?sidence par Jordan Bardella de ce groupe ouvertement russophile interroge, tant le patron du RN n ?a eu de cesse de tenter de se d ?faire de cette image durant la campagne, allant jusqu ?? faire dispara ?tre le livret ? D ?fense ? du programme de Marine Le Pen (lequel proposait une ? alliance strat ?gique ? avec Moscou) du site du RN.
Avec l ?apport du contingent du parti lep ?niste, le groupe des ? Patriotes pour l ?Europe ? devient le troisi ?me groupe du Parlement europ ?en. Pour le Premier ministre hongrois, l ?objectif de ce groupe est de se positionner contre le soutien militaire ? l ?Ukraine, contre ? l ?immigration ill ?gale ? et pour la ? famille traditionnelle ?. Voil ? qui d ?tonne avec le ton polic ? employ ? par le RN en France. Et qui en dit long sur ses r ?elles aspirations.


