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Livres

"Eteinte" et "Mon chemin de vie"

 Ca ne va pas ?

De la manière la plus ludique qui soit, l’auteur de ce manuel nous administre la preuve que la poésiethérapie peut être un remède souverain à des maux comme
la tristesse, l’impuissance, les insomnies, les rhumatismes, les allergies, la déprime, la timidité, le stress, les illusions, etc.
A chacun de ces « maux » ou incommodités de la vie, Jean-Joseph Julaud indique, comme traitement, un ou plusieurs poèmes assortis d’une posologie en forme de conseil. Les poèmes remèdes sont signés des plus grands noms de notre lyrisme national, dont Villon, Voltaire, Verlaine, Mallarmé, Baudelaire, Rimbaud, René Guy Cadou.

Cette thérapie-là n’est pas remboursée par la Sécurité sociale, et les poèmes ne comportent pas de vignette à coller sur la prescription, mais l’éditeur se porte au moins garant d’une chose : si la lecture de ce livre ne vous fait pas de bien, tout au moins elle ne vous fera aucun mal et, à terme, a toutes les chances d’alléger votre humeur et vos humeurs. A conserver à portée de main.

Livre de Jean-Joseph Julaud – 8 € aux éditions du Cherche Midi.

 Eteinte, comme un appel à la vie

Sarah, fille aînée, découvre un matin que sa mère ne se réveille pas et a plus froid que d’habitude. Elle appelle son père et sa sœur Clarisse. De l’au-delà, la morte épie les faits et gestes de ses filles et de son époux veuf. Ces trois-là n’ont pas ou mal su aimer celle qui leur a faussé compagnie. Au fil du temps, ils vont découvrir des pans entiers de l’existence de celle qui a partagé plusieurs décennies de leur vie...

Qu’elle est mince la frontière entre réalité et folie ordinaire ! Pour ne pas la dépasser, il suffit parfois d’un peu, si peu d’amour qui devient alors ce fil qui retient sur la route de la vie, qui mène à la joie et fait tourner le dos au désespoir.

C’est peut-être le message que cette maman réussira à faire passer.
De très loin.

Un livre de Yolande Auvray, de Châteaubriant. En librairie – 14 €.

« Elle » s’est éteinte. Qui ? Qui était-elle ? Un grand point d’interrogation reste à la
lecture du livre de Yolande Auvray, comme celui qui taraude après un suicide. Le personnage central est une femme sans nom, qui vient de décéder à la première page et qui raconte – tout - à la première personne, posant d’emblée le contexte : elle est « brûlée aux limites de la vie », usée par une anorexie mentale puis par les sarcasmes d’un harcèlement moral. Cette femme « éteinte » raconte la découverte du corps, (de son corps !), les derniers actes religieux, la vie qui continue : celle de son mari et de ses deux
filles. La vérité se fait jour au hasard de la découverte de deux noms dans un agenda : « elle » était « un petit oiseau blessé » se cognant la tête contre les murs de sa cage, étouffant près d’une famille sans
tendresse « qui confondait éducation et élevage », se brûlant les ailes au contact de ces chrétiens « utilisant le pardon et la miséricorde pour pratiquer sur les plus humbles des hommes les pires inhumani-
tés », avec le besoin vital de « faire un pas vers l’extérieur » à la recherche de « juste une petite parcelle d’amour et de tendresse ». Cette étincelle qui aurait permis d’échapper à la maladie mentale ?
C’est la question que l’on peut se poser, avec angoisse, car on rencontre tant de gens qui n’ont pas leur place dans la société, et qui savent, suprême désarroi, qu’ils n’ont pas de place. « Qu’elle est
mince la frontière entre réalité et folie ordinaire »

Au delà du socle en partie autobiographique que l’on pressent, le roman est bien conduit, ménageant ce qu’il faut de surprises, sans s’appesantir sur des souffrances rappelées par petites touches. Ce
récit est un appel à vivre les yeux ouverts, à lire entre les lignes, à dire ce qu’on a envie de dire, sans attendre au lendemain. [Car demain, peut-être sera-t-il trop tard].

Eteinte, de Y. Auvray, de Châteaubriant
Ed « Société des écrivains » - 14 €

 Mon chemin de vie

De Chécheux à la Ville Marie

Et voici un autre livre sur Châteaubriant, écrit par Jean Charon,
relatant son enfance dans les quartiers de Chécheux, La Borde-
rie, La Ville Marie. Il évoque des souvenirs de l’Occupation, mais
surtout les personnages qui composaient son monde : le « tonton
Louis » qui lavait ses dents avec du charbon de bois pris dans la
cheminée, le tonton Henri, la tante Jeanne, et la mère Virginie
très respectueuse des gens d’église et des notables. Gamine, elle
fut amenée à garder le cheval du médecin, près de la Forêt Pa-
vée, « le temps qu’il satisfait à ses besoins naturels. Elle dit avoir
été surprise de savoir que des gens comme ça puissent, aussi,
faire des choses qu’elle croyait réservées aux petites gens »
Jean Charon se souvient de ses jeux d’enfant « des bobines de
fil, reliées entre elles par des morceaux de tissu coincés dans leur
axe, étaient mes chevaux. Mon attelage traînait une boite d’allu-
mettes dans laquelle je mettais des boutons et autres petits ob-
jets ». Il n’a pas oublié le passage à la ferme « des familles en dif-
ficulté, familles nombreuses et pauvres » et, plus tard, l’arrivée
des Américains à la Libération. Il a donné la main aux travaux des
champs et participé à la vie du village de La Ville Marie. C’était le
temps où il couchait avec le tonton Henri dans un lit de coin dans
« la grande pièce servant de cuisine, de salle à manger, de
chambre à coucher, de salle de classe, de bricolage, de nursery »
Par la suite, par manque de place, le tonton Henri dut aller cou-
cher dans l’écurie aux chevaux et « afin que la poussière et les
araignées ne tombent sur le lit, un rideau avait été tendu, formant
un baldaquin ».

A l’âge voulu, le jeune Jean Charon fréquente l’école. Il a « les
mains sales, tachées par l’effeuillage des betteraves, les ongles
noirs après avoir ramassé les pommes de terre (...) et surtout il
sent l’odeur des étables ».Il se souvient des punitions traumati-
santes et des humiliations : « les derniers de la classe qu’on traite
d’imbéciles feront de bons ouvriers soumis aux chefs » tandis que
d’autres sont « conditionnés dans une voie adaptée aux besoins
de la société ». Entre autres personnages, Jean Charon rend
hommage son frère Albert Charon, désormais conciliateur de jus-
tice à Châteaubriant .

Autour de ce livre se pose la question : « je suis qui, je fais quoi ?
Pourquoi ? Quels sont les événements vécus dans mon enfance
qui ont contribué à la construction de ma personnalité et qui ont
eu une influence sur mon chemin de vie ? »

« Mon chemin de vie » par Jean Charon – 02 40 83 44 40