Ecrit le 14 f ?vrier 2007
d ?ception
Forte d ?ception pour la Conf ?d ?ration paysanne : la perte de la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique qu’elle dirigeait depuis 1976. « Nous avons eu pourtant beaucoup de monde ? nos r ?unions. Nous pensions que nos propositions ?taient comprises. Nous n’avons perdu aucune voix [2235 en 2001 et 2181 en 2007]. Mais le nombre plus important de votants a jou ? contre nous » dit Patrick Baron.
« Je crois pourtant que nous pouvons ?tre fiers de notre campagne ?lectorale. Nous avons souhait ? le d ?bat, nous n’avons pas c ?d ? ? la d ?magogie, nous n’avons pas tromp ? les paysannes et les paysans. Nos propositions restent en ad ?quation avec nos objectifs : avoir une agriculture avec de nombreux actifs li ?s ? l’ ?levage, bien r ?partis sur le d ?partement et en harmonie avec la demande des autres cat ?gories socio-professionnelles ».
Mais la majorit ? des agriculteurs a refus ? cette agriculture solidaire. L’id ?ologie lib ?rale, qui s’est impos ?e peu ? peu, a fait remonter l’individualisme et le « cha-cun pour soi » avec l’illusion que tout est possible si l’on met fin aux contraintes.
La libert ? des uns ...
Il n’est que de lire les propos tenus par la majorit ? FNSEA pour comprendre les changements qui s’annoncent : elle propose de « lever les contraintes environnementales », d’autoriser plus largement les ?levages de porcs et de volailles « ? ?pandre les d ?jections sur les terres de leurs voisins agriculteurs ». Elle propose aussi de « donner la possibilit ? aux ?leveurs d’acheter des quotas laitiers leur permettant de produire davantage ou de se r ?orienter ». En quelque sorte, il s’agit de laisser toute libert ? aux gros agriculteurs qui pourront, ? quelques uns, truster tous les droits ? produire, entra ?nant ainsi l’impossibilit ?, pour de plus petits, de s’installer. En somme la libert ? individuelle de quelques-uns, mettra en p ?ril la libert ? collective.
« Nous avons essay ?, nous, de ma ?triser certaines ardeurs individuelles » dit Patrick Baron. « Faut-il nous le reprocher ? Quand le gouvernement limite la vitesse sur les routes, il impose des contraintes aux libert ?s individuelles, mais c’est pour que tout le monde puisse rouler sans risque. C’est dans cet esprit que nous avons travaill ? ».
« Nos propositions visaient ? respecter la mission premi ?re de l’agriculture : assurer l’alimentation des ?tres humains, en prot ?geant leur environnement . Malgr ? l’ ?chec aux ?lections, nous pensons que ces propositions sont bonnes face aux enjeux de notre soci ?t ? ».
La Conf ?d ?ration paysanne va donc poursuivre son action, et cr ?er les outils pour faire aboutir cette politique qui deviendra in ?luctable face aux d ?fis du monde. Les contraintes environnementales s’imposeront plus fortement dans les ann ?es ? venir, de m ?me que le combat pour le foncier, la d ?fense du revenu des paysans, l’ ?quit ? entre les syst ?mes de production. La Conf ?d ?ration paysanne continuera ? « privil ?gier les d ?marches collectives et solidaires plut ?t que la concurrence et la performance individuelle entre les agriculteurs ».
Elle continuera ? agir « pour une r ?partition ?quitable des aides, pour gommer les d ?s ?quilibres entre riches r ?gions c ?r ?ali ?res et zones d’ ?levage ? base d’herbe » comme dit g ?rard Loquais, ancien responsable agricole de l’Ouest.
Incertitudes
Dans l’imm ?diat, des changements importants vont avoir lieu. A Ch ?teaubriant par exemple, la Maison r ?gionale de l’agriculture va changer de pr ?sident(e). Peut- ?tre m ?me verra-t-on remettre en cause le r ?le de cette Maison.
De m ?me la participation des agriculteurs au Conseil de d ?veloppement sera modifi ?e, voir supprim ?e. Et ce n’est pas demain la veille que nous aurons un SCOT (sch ?ma de coh ?rence territoriale). Il est possible aussi de voir des tensions avec le Conseil G ?n ?ral et le Conseil R ?gional. Une p ?riode d’incertitude s’ouvre !.
Mensonge
La campagne ?lectorale de la FNSEA s’est faite en partie sur un mensonge : la section « a ?n ?s » de la Fnsea s’est en effet attribu ? le m ?rite de l’am ?lioration des plus petites retraites. Dans la r ?alit ?, c’est la Conf ?d ?ration paysanne qui l’a obtenue, au terme d’une longue n ?gociation, face ? la Fnsea qui d ?fend depuis toujours le principe d’une contribution sociale a minima associ ?e ? des assurances compl ?mentaires individuelles facultatives que chacun pourra souscrire selon ses moyens. C’est donc le contraire de la solidarit ?. (Relire ? ce sujet le livre « Paysan-Citoyen » de Henri Baron, page 261).
Et maintenant ?
D’autres ?ch ?ances s’annoncent : les futures ?lections aux Tribunaux paritaires des baux ruraux, la r ?forme de la Politique agricole commune en 2008 avec une importante r ?duction des aides publiques. p ?riode qui sera difficile ? vivre. Les paysans d’aujourd’hui risquent de ne pas trouver autant de « libert ? » qu’ils le souhaitent ! « le syndicat FNSEA majoritaire , qui r ?ve d’une agriculture aux mains de 150 000 agri-managers, laissera fatalement sur le bord de la route 75% des votants d’aujourd’hui ».
Ecrit le 14 f ?vrier 2007
Bandes enherb ?es
La FNSEA a l’intention de cartographier tous les cours d’eau du d ?partement « pour que les agriculteurs ne soient plus oblig ?s de tenir des bandes enherb ?es quand des cours d’eau n’existent plus » . De quoi s’agit-il ?
Il s’agit de prot ?ger les eaux de surface et ... les eaux souterraines ... des pollutions d’origine agricole (pesticides, nitrates, phosphore, etc.).
Les bandes enherb ?es, avec la rugosit ? de l’herbe, provoquent le d ?p ?t des particules en suspension. Les transferts vers les ruisseaux et rivi ?res sont ainsi limit ?s.
Pour les pesticides, les r ?sultats obtenus sur diff ?rents sites exp ?rimentaux sont spectaculaires : efficacit ? de 72 ? 99% pour le lindane, 44 ? 99% pour l’atrazine, 97 ? 99 % pour le difluf ?nicanil. Ces r ?sultats exp ?rimentaux ne doivent pas ?tre consid ?r ?s comme une garantie d’efficacit ? mais en sont de s ?rieux indicateurs.
Cepedant en ce qui concerne l’efficacit ? contre la pollution par les nitrates, le phosphore ou les mati ?res organiques, il semblerait que l’efficacit ? serait notablement moindre que pour les pesticides.
La bande enherb ?e, impos ?e par la l ?gislation europ ?enne, n’est donc pas la panac ?e ? toutes les pollutions d’origine agricole mais c’est un moyen tr ?s efficace de compl ?ter toute action en faveur d’une moindre pollution.
Naturellement, le recours aux bandes enherb ?es a un co ?t dans la mesure o ? c’est un espace de non production, mais la pollution de l’eau a aussi un co ?t pour la soci ?t ? et des cons ?quences, bien pires encore, pour l’avenir.
Vous en boufferez !
Vous en boufferez des OGM (organismes g ?n ?tiquement modifi ?s). En France, en 2001 il y en avait moins de 1000 hectares. En 2006 il y en avait 5000 ha. La soci ?t ? LIMAGRAIN annonce fi ?rement qu’il y en aura 30 000 ha en 2007 parce que les agriculteurs sont tr ?s demandeurs .... Ce qui explique en partie l’ ?chec de la Conf ?d ?ration Paysanne aux ?lections agricoles ! Dans le monde, les surfaces des cultures g ?n ?tiquement modifi ?es d ?passent les 100 millions d’hectares. En hausse de 13 % depuis 2005.
Ecrit le 14 mars 2007
Le pr ?sident, le vrai
Suite aux ?lections de janvier 2007, la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique a ?lu son pr ?sident : Jean Fran ?ois Cou ?. (1)
Mais le vrai pr ?sident, ce sera Jacques Lema ?tre de Roug ? : c’est lui qui tirera les ficelles et appuiera sur les boutons, sans avoir ? prendre les coups !
A la suite de cette ?lection, la Conf ?d ?ration paysanne a, dans un communiqu ? du 28 f ?vrier, rappel ? qu’elle d ?fend une agriculture solidaire, diverse et performante.
« Nous prenons acte du changement de majorit ? ? la Chambre d’agriculture et nous saluons les nouveaux ?lus en leur souhaitant bonne chance. Vous pouvez compter sur nous pour tenir notre r ?le d’opposition constructive et respectueuse de la d ?mocratie, mais d ?termin ?s pour d ?fendre notre vision de l’agriculture dans un d ?bat franc et loyal. »
Michel Loquet a rappel ? ce qu’ ?tait le fonctionnement de cette Chambre d’agriculture depuis 2001 : « une session tous les deux mois avec un rapport d’activit ?s, et de nombreuses commissions ouvertes et pluralistes. Tout ceci dans le but de faire vivre cette institution au service des agriculteurs gr ?ce ? la participation active de l’ensemble de ses membres (agriculteurs, salari ?s...) »
« Nous ?ditions, avec plusieurs partenaires (Chambre d’agriculture, Cr ?dit Agricole, MSA , Groupama) le journal » Agriculture 44 « . Ce journal gratuit envoy ? dans toutes les exploitations tous les quinze jours est lu et appr ?ci ?, au regard des enqu ?tes r ?alis ?es. Quelles sont vos intentions ? »
" Un d ?fi doit ?tre relev ?, celui de la d ?fense de notre territoire agricole, en concurrence directe avec les autres activit ?s : l’urbanisation et les infrastructures.
Depuis de nombreuses ann ?es, nous avons r ?ussi ? faire reconna ?tre l’agriculture, la place qu’elle tient dans l’ ?conomie de ce d ?partement, l’emploi qu’elle g ?n ?re et toujours dans un respect mutuel. C’est le but des nombreuses chartes et conventions sign ?es avec les collectivit ?s. Toute l’organisation de la Chambre d’Agriculture s’appuie sur des r ?seaux de terrain, autour des Maisons R ?gionales. Quelles sont vos intentions ? ces politiques mises en place ? "
Pas de r ?ponse pour l’instant.
Acceptera-t-il longtemps d’ ?tre un pr ?sident potiche ? D’ ?tre un pr ?sident sous influence, destin ? ? prendre les coups ? la place des autres ? ... d’un autre ?


