Ecrit le 10 octobre 2018
On s’ ?tonne de voir le ch ?mage augmenter dans nos soci ?t ?s. Mais c’est le r ?sultat de politiques industrielles (recherche de profit) et de politiques publiques. Par exemple E.Macron a promis la suppression de cent vingt mille postes dans l’ensemble des trois versants de la fonction publique (d’Etat, hospitali ?re et territoriale) au cours de son quinquennat. Quand, dans le m ?me temps, les postes propos ?s dans le priv ? augmentent peu, il y a automatiquement augmentation du ch ?mage. Il est vrai qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du boulot.
En agriculture, dans les Pays de Loire, on comptait 255 548 exploitations en 1929. On en compte 29 000 en 2016, soit pr ?s de 9 fois moins.donc 226 000 personnes ont d ? aller chercher du travail ailleurs.
En 1929, 20 % des exploitations recen-s ?es poss ?daient moins d’un hectare et occupaient seulement 1 % de la superfi- cie r ?gionale. Les moindres parcelles de terre ?taient cultiv ?es. Au lendemain de la 1 ?re guerre mondiale, toutes les terres disponibles devaient ?tre mises en culture. l’agriculture ?tait familiale et vivri ?re, elle permettait ? beaucoup de fermes de vivre en quasi autarcie. A cette ?poque, la moiti ? de la population fran ?aise r ?sidait en milieu rural et deux tiers de cette population d ?pendaient de l’agriculture (nombreux m ?tiers ruraux : bourrelier, charron, mar ?chal-ferrant, tonnelier...).
En 2016, la population dite rurale n’est plus comparable. Une partie des membres des m ?nages agricoles vivent d’activit ?s non agricoles. La main d’œuvre familiale intervient moins dans l’exploitation.
La surface agricole utilis ?e chute de 20 % (2,6 millions d’ha en 1929 ; 2,1 millions d’ha en 2010). l’artificialisation des terres joue un r ?le d ?terminant dans l’ ?quation avec l’ ?volution de la population. La destination finale des cultures et des terres ?volue. Une partie non n ?gligeable de la SAU, qui sert longtemps de r ?servoir alimentaire pour les animaux de trait (avoine, pr ?s ...), voit son usage dispara ?tre avec l’essor de la m ?canisation. On assiste ? un fort d ?veloppement de la production de fourrages annuels, dont le ma ?s ensilage qui fait son apparition pour la nourriture animale, au d ?triment des prairies permanentes et d’autres cultures, telle la betterave fourrag ?re qui s’efface. Apr ?s les ann ?es 1950, les prairies sem ?es font leur apparition dans l’assolement r ?gional, Les prairies non permanentes s’ ?tendent sans discontinuer. Leur surface fait plus que doubler (227 000 en 1910 ? 543 000 en 2010).
En 1929, en Pays de la Loire, pr ?s de 240 000 ha de prairies de l ?gumineuses sont cultiv ?es, soit 24 fois plus qu’en 2010 ? peine 10 000 ha). Encore autonome en prot ?ines v ?g ?tales au milieu du XXe si ?cle, l’agriculture lig ?rienne est aujourd’hui tr ?s d ?pendante des prot ?ines v ?g ?tales import ?es. En 1929, le contexte climatique permet pourtant 60 000 ha de luzerne. Le « plan prot ?ines v ?g ?tales pour la France 2014-2020 » port ? par le Gouvernement a pour ambition une reconqu ?te de l’ind ?pendance prot ?ique.
Depuis 1929, les surfaces sem ?es en bl ? ont diminu ? mais Les rendements ont cr ? de fa ?on vertigineuse depuis la seconde guerre mondiale, (de 10 ? 75 q/ha) avec la s ?lection vari ?tale, l’arriv ?e des engrais puis des produits phytopharmaceutiques, les travaux et l’appui des instituts de recherche (INRA, ICTA ...), la poursuite de la m ?canisation.
l’avoine se rar ?fie, en raison de la m ?canisation et la disparition des chevaux de ferme. La culture du sarrasin et du seigle devient tr ?s confidentielle. La culture de l’orge avait ch ?t ? mais un regain d’int ?r ?t se manifeste depuis les ann ?es 2000, apparemment au d ?triment du triticale.
Introduit en France fin des ann ?es 1940,
le ma ?s hybride d’origine am ?ricaine, est devenu une composante majeure de l’alimentation animale (fourrage et grain). Le triticale (hybride du bl ? et du seigle utilis ? principalement comme plante fourrag ?re) est d ?laiss ?, en partie ? cause de vari ?t ?s devenues sensibles aux maladies et peu renouvel ?es. d’autre part, son po-tentiel de rendement est inf ?rieur ? celui du bl ? tendre.
La production bovine a connu une belle progression. Les Pays de Loire sont la premi ?re r ?gion de production bovine et six exploitations lig ?riennes sur dix poss ?dent des bovins. Les effectifs de vaches
allaitantes qui repr ?sentaient 20 % de ceux des vaches laiti ?res en 1970 en atteignent 84 % en 2016.
L’ ?levage porcin culmine en 2000. A cette date, en Pays de Loire, le nombre de porcs pour 1 000 habitants atteint son paroxysme (540 contre 140 en 1920).
Caprins : la production conna ?t un d ?veloppement localis ?. Ovins : le secteur est en r ?duction. Chevaux : le cheptel est en d ?clin.
Volailles : la pr ?sence de volailles est incontournable dans l’ensemble des fermes au d ?but du XXe si ?cle pour une consommation familiale (basse-cour). La production passe d’une structure familiale ? une organisation industrielle. Entre 1970 et 2010, toutes volailles confondues, les effectifs font plus que quadrupler (68 millions de t ?tes en 2010 dont 32 millions de poulets de chair et coqs, 10 millions de canards, 8 millions de poules pondeuses ...).
Et demain ?
En un si ?cle, l’agriculture lig ?rienne s’est m ?tamorphos ?e. Les changements qui l’attendent au XXIe si ?cle seront aussi de grande ampleur, tant les d ?fis auxquels elle doit maintenant faire face sont ma-jeurs et parfois contradictoires : pr ?ser-vation de l’environnement, biodiversit ?, r ?chauffement climatique, s ?curit ? ali-mentaire, bien- ?tre animal, r ?ponse aux attentes soci ?tales, innovations techno-logiques, ?changes internationaux, crois-sance d ?mographique
De nouveaux mod ?les agricoles, viables ?conomiquement, sont ? inventer. Le dynamisme de l’agriculture biologique r ?pond ? une demande croissante des consommateurs. Il en va de m ?me pour la vente en circuits courts et la promotion des produits sous signes d’indication de la qualit ? et de l’origine.
Pour en savoir plus ? :
voir le site agreste.agriculture
Toujours difficile
L’Observatoire de l’endettement et des tr ?soreries, instaur ? en 2015, permet d’avoir un suivi r ?gulier des r ?sultats des exploitations bovines depuis 2013. Le suivi est r ?alis ? annuellement.
1 : Lait - Le prix du lait est enfin constat ? en hausse en 2017, et les annuit ?s augmentent timidement. Ainsi, le revenu disponible s’am ?liore pour la premi ?re fois depuis 2014, mais demeure relativement faible : moins de 20 700 ? par UTH familiale en moyenne. En 2017, les exploitations du Grand-Ouest n’ont aucune marge de s ?curit ?. Les investissements sont stables, et enti ?rement financ ?s par des emprunts et il faudra plusieurs ann ?es de meilleure conjoncture pour que les exploitations retrouvent une situation financi ?re saine.
2 : Vaches allaitantes ?- Le produit brut des exploitations allaitantes suivies reste relativement stable depuis 3 ans. En revanche, leurs charges augmentent en 2017 et les annuit ?s demeurent quasiment stables. En cons ?quence, le revenu disponible connait une baisse marqu ?e dans le Grand-Ouest. Les investissements repartent, apr ?s une baisse en 2016 dans le Grand-Ouest. Ils sont en grande majorit ? financ ?s par des emprunts.

