Ecrit le 17 mars 2010
Les petits pois sont rouges
« ?Les petits pois ? » : ce sont les magistrats, en France. Le 7 octobre 2007, N.Sarkozy a en effet d ?clar ? ? leur sujet : « ?Je n’ai pas envie d’avoir le m ?me moule, les m ?mes personnes, tout le monde qui se ressemble align ? comme des petits pois, la m ?me couleur, m ?me gabarit () ? ».
Mais en ce moment les petits pois sont rouges de col ?re. Ils l’ont montr ? le 9 mars dans une journ ?e d’action d’une ampleur jamais vue.
On peut lire ceci sur le « ?Journal d’un avocat ? » (8 mars 2010)
" ?Depuis plusieurs ann ?es, on dirait que les magistrats passent, dans un ordre al ?atoire, par toutes les phases du deuil : le choc, la d ?pression, la col ?re, le marchandage, l’acceptation.
Il y a eu le marchandage.
Nous ?tions d ?bord ?s ? C’ ?tait tout l’honneur, toute la noblesse de notre fonction que d’accepter sans nous plaindre. On jugeait des gens ? 23 h 30 ? C’ ?tait pour leur ?viter de revenir, et qu’importe si on n’ ?tait plus tr ?s frais.
Il y a eu le choc.
Le s ?isme d’Outreau, personne ne l’a vu venir. Apr ?s tout, on savait, nous, qu’on faisait ce qu’on pouvait pour ?coper la mer ? la petite cuill ?re. Nous sommes aussi rest ?s sid ?r ?s d’entendre qu’il fallait que « le juge paye » , ou qu’il « suait la haine » .
Il y a eu la d ?pression.
c’est plut ?t « magistrats sous Valium » .?"
Et puis la col ?re.
« ?Pas pour nous. On ne demande rien pour nous. Mais parce que c’est notre responsabilit ? de vous dire, le plus visiblement possible, que l’institution judiciaire au bord de la faillite, sur tous les plans ? ».
– Parce que nous ne pouvons plus nous r ?soudre ? accepter la Justice boiteuse qu’on nous impose de rendre au nom de nos concitoyens.
– Parce que certaines de nos juridictions n’ont m ?me plus de quoi nous payer des codes.
– Parce que plus un expert ne va accepter de travailler pour un si mauvais payeur.
– Parce que les fonctionnaires d ?vou ?s aupr ?s desquels nous travaillons chaque jour ne vont pas tenir bien longtemps.
– Parce que si ?a continue, nous n’aurons plus de papier pour imprimer les jugements attendus des justiciables.
– Parce que les r ?formes actuelles, qui vont vers toujours plus d’automaticit ?, toujours plus de rapidit ?, vont tuer l’office du juge.
– Parce que les justiciables qui d ?pendaient de juridictions supprim ?es ne se d ?placent plus aux audiences.
– Parce que certains veulent « tenir » la Justice.
– Parce qu’on ne peut pas ? la fois prononcer des peines planchers et vider les prisons avec des am ?nagements de peine automatiques.
– Parce que le discr ?dit r ?guli ?rement apport ? aux d ?cisions de justice affaiblit chaque fois un peu plus l’autorit ? de nos d ?cisions et donc leur efficacit ?.
– Parce que des magistrats dont l’ind ?pendance n’est pas assur ?e par leur statut, c’est la suspicion qui p ?se sur chacune de nos d ?cisions.
– Parce que nous n’en pouvons plus de faire le deuil de la Justice.
Et si rien ne change, nous retomberons dans l’acceptation.
Et le jour o ? nous aurons termin ? notre deuil et renonc ? ? la Justice, c’est l’ ?quilibre d ?mocratique qui subira la plus grande perte.?"
Source : http://www.maitre-eolas.fr/
Comment organiser l’impunit ?
L’avant-projet de r ?forme judiciaire pr ?voit que les d ?lais de prescription pour les affaires d’abus de biens sociaux ne d ?marreront plus au moment o ? l’infraction a ?t ? d ?couverte, mais ? la date o ? elle a ?t ? commise. Une « mani ?re d’enterrer des affaires », d ?nonce l’USM, principal syndicat de magistrats.
Selon Laurent B ?douet, secr ?taire g ?n ?ral de l’USM, « Pour un certain nombre d’infractions dites ’occultes’, il est important de prendre en compte le jour du constat de l’infraction ». Par exemple, des manipulations financi ?res sont souvent d ?couvertes au moment du d ?p ?t de bilan d’une entreprise ou du changement de majorit ? dans une municipalit ?, soit des ann ?es apr ?s que le d ?lit a ?t ? commis. Pour le Syndicat de la magistrature, « le gouvernement d ?montre une nouvelle fois sa bienveillance envers les milieux d’affaire ? »
Dans quelques temps, ce qui restera de la justice fran ?aise, ne sanctionnera que les pauvres !
Les grands fraudeurs
Pendant qu’en France on fait la chasse aux petits fraudeurs, r ?els ou suppos ?s, les grands fraudeurs coulent des jours tranquilles dans les paradis fiscaux. Et les hommes politiques se gardent bien d’intervenir. Aux Etats-Unis par exemple, sur les 700 milliards de b ?n ?fices engrang ?s ? l’ ?tranger en 2004, les entreprises ont pay ? 16 milliards de dollars d’imp ?ts, soit un taux r ?el d’imposition de 2,3% ?! Contre un taux d’imposition normal de 35% cherchez l’erreur. Journaliste ? la Tribune, Xavier Harel passe au tamis l’activit ? des paradis fiscaux dans son livre « ?La Grande ?vasion, le vrai scandale des paradis fiscaux ? ».
En France le gouvernement multiplie les cadeaux aux grands patrons. Avec l’espoir de retomb ?es positives sur l’emploi ! d’la blague, oui !

