Ecrit le 17 avril 2013
L’argent pourrit tout
L’argent pourrit tout, dit-on. Les ?v ?nements r ?cents le laissent ? penser. Les grosses fortunes que poss ?dent certaines personnes, quelle qu’en soit la raison, les poussent ? frauder le fisc pour ne pas participer ? la solidarit ? nationale. J ?r ?me Cahuzac en est une illustration. L’argent leur donne la puissance, et les moyens de pression. C’est pourquoi on voit se multiplier les recours au Conseil Constitutionnel ! Et celui-ci « retoque » ? tours de bras ! Rappelez-vous : il a censur ? la taxe ? 75 % qui aurait pu s’appliquer sur la fraction de revenus d ?passant un million d’euros (par an) : Il a censur ? aussi la loi sur le logement social qui pr ?voyait la cession ? bas prix, voire parfois gratuite, de terrains publics en faveur du logement social ainsi que le passage de 20 ? 25 % du taux obligatoire des logements sociaux. Il a censur ? la taxe sur les boissons ?nergisantes, qui aurait pu aider ? lutter contre l’alcoolisme des jeunes. Il vient de censurer le dispositif de bonus-malus sur la facture d’ ?nergie, qui aurait pu conduire ? des ?conomies d’ ?nergie, en disant que ce dispositif ?tait « contraire au principe d’ ?galit ? devant les charges publiques ». Beau principe que la r ?alit ? contredit tous les jours.
Les groupes de pression multiplient ainsi les obstacles ? la justice sociale dans le monde du sport, du spectacle, de l’industrie.
L’industrie ? Parlons-en ! Georges Garnier, premier adjoint ? Ch ?teaubriant et ancien radiologue, a racont ?, le 10 avril, comment il avait ?t ? approch ? par une entreprise qui lui proposait un mat ?riel de radiologie. « ?Nous vous faisons une ristourne, sur un compte en Suisse ? ». L’entreprise s’occupait de tout, y compris de l’ouverture du compte ! Georges Garnier a refus ?. Mais ce syst ?me de pots-de-vin est beaucoup plus fr ?quent qu’on l’imagine. Quand un industriel fait un cadeau, pour faire une vente, il assure peut- ?tre la bonne sant ? de l’entreprise, et des actionnaires car les salari ?s, c’est bien connu, n’en profitent gu ?re.
Gu ?re ? Guerre ? Le lobby militaro-industriel a besoin d’argent pour vendre du mat ?riel de guerre et fait pression sur les militaires, convaincus, eux, qu’ils sauvent leur pays. En p ?riode de grosses difficult ?s ?conomiques, ceux qui ont des int ?r ?ts financiers ? prot ?ger ne font pas de cadeau et se vengent ! Un exemple : le journal La Tribune de Gen ?ve, reprenant un article du journal suisse L’Hebdo, r ?v ?le que les services secrets fran ?ais ?taient au courant de la fraude fiscale de Cahuzac (et d’autres !) mais n’en ont rien dit, ce qui est une grosse faute morale de leur part. Ils n’en ont rien dit parce qu’ils voulaient garder des munitions (des moyens de pression). La d ?mocratie, en France, est donc une illusion puisqu’elle est soumise ? des groupes de pression occultes !
Les coupes pr ?vues par l’ex-ministre J ?r ?me Cahuzac dans le budget de la d ?fense l’auraient conduit ? sa perte ! D’autant plus que, outre les coupes dans le budget de la d ?fense, J ?r ?me Cahuzac envisageait de renforcer le m ?canisme de contr ?le et de contre-expertise dans les achats du Minist ?re de la d ?fense. Une d ?marche qui lui aurait mis ? dos le puissant groupe de pression militaro-industriel au chiffre d’affaires annuel de 15 milliards d’euros.
En m ?me temps qu’on d ?couvre la fragilit ? de notre d ?mocratie, on s’effraie de la faillite morale des puissants. Dernier exemple : celui du Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, qui a d ? avouer plusieurs plagiats et son usurpation d’un titre universitaire.

