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Châteaubriant et le risque d’échec scolaire

Ecrit le 9 juillet 2014

En cette fin de juin 2014, les indices pleuvent et se ressemblent : encore un indice négatif pour le Pays de Châteaubriant  .

Il s’agit de l’Atlas académique des risques d’échec scolaire, établi pour la France entière, canton par canton, et notamment pour l’académie de Nantes, en collaboration avec des chercheurs du CEREQ. (Centre d’Etudes et de Recherche sur les Qualifications). L’Éducation nationale a relevé sept indicateurs : le revenu de la famille, le chômage et le niveau de diplôme du ou des parents, le fait que la famille soit monoparentale, le nombre d’enfants dans la fratrie et les conditions de logement.

[|Cliquer sur la carte pour l’agrandir|]

Sur la base de ces critères, six grandes classes de territoires se dessinent en France :

  • 1 - Cumul de fragilités économique, familiale, culturelle en milieu urbain (zone en rouge sur la carte)
  • 2 - Précarité économique dans les petites et moyennes communes (orange)
  • 3 - Difficultés de vie familiale et habitat social en milieu urbain (jaune)
  • 4 - Fragilité culturelle dans les petites communes (bleu)
  • 5 - Milieu rural vieillissant (gris)
  • 6 - Sécurité économique et soutien culturel (zones en vert).

Les classes 1 et 2 sont classées comme « à risques élevés ». On y trouve le canton de Châteaubriant en zone 1. Les cantons de Guémené et St Nicolas de Redon en zone 2.

Les classes 3 et 4 ont des risques plus limités. On y trouve (en classe 4) les cantons de Rougé, Moisdon, Nozay, Derval.

Les classes 5 et 6 sont plus hétérogènes pour des raisons différentes. Le canton de St Julien de Vouvantes est classé : Milieu rural vieillissant

 Cumul de fragilités

Dans la Région Pays-de-Loire, Seulement deux cantons cumulent toutes les fragilités (économique, familiale, culturelle) : Allonnes (Sarthe) et Châteaubriant.

Pour Châteaubriant : fort taux de familles monoparentales (6,9 %), avec un taux élevé de ménages habitant en HLM (15,2%) et d’habitants âgés de 45 à 54 ans non diplômés (39 %). La proportion de jeunes âgés de 15 à 24 ans non diplômés parmi les non scolarisés y est élevée (30,1%) quand la moyenne de l’académie est de 21 %.

Dans une catégorie de ce type, les enfants bénéficient inégalement auprès de leurs parents des ressources matérielles et culturelles susceptibles de soutenir leur travail scolaire, d’autant plus lorsque la mère élève seule ses enfants, et surtout lorsque ceux-ci sont nombreux. L’importance d’une socialisation précoce à la culture scolaire est connue, à travers la mise à disposition de livres et journaux, et sur le plan culturel grâce à la familiarité avec la lecture et l’écriture que détiennent les parents les mieux pourvus en diplômes.

Sortir sans diplôme du système éducatif, c’est aujourd’hui être grandement exposé au chômage et au sous-emploi en début de vie active. En période de crise, ce phénomène est encore accentué. Qui plus est, l’analyse des cheminements professionnels sur longue période montre que le désavantage sur le marché du travail des jeunes non diplômés perdure bien au-delà de la période d’insertion. Même si une partie d’entre eux acquiert de façon différée une qualification, au final, leur destinée professionnelle est largement marquée par l’insécurité de l’emploi ou/et des emplois de mauvaise qualité.

Cet atlas nous rappelle à sa façon que le territoire joue un rôle important dans la reproduction sociale. La ségrégation spatiale dans les agglomérations urbaines, de même qu’entre territoires ruraux et territoires urbains, sont en elles-mêmes génératrices d’inégalités sociales et de ce fait, d’inégalités scolaires. La correspondance entre la géographie du décrochage scolaire et celle d’un ensemble de facteurs socioéconomiques est donc au centre de cet atlas.

Le territoire n’est pas seulement le vecteur potentiel d’inégalités. Il est aussi le support de l’action publique. Autour de chaque établissement scolaire, les acteurs publics sont ainsi face à un public socialement différencié. Cet ouvrage constitue une invitation à réfléchir sur les actions à entreprendre localement.


Ecrit le 9 juillet 2014

 La course des jeunes ruraux

Une autre étude du CEREQ, datant de 2011, éclaire les parcours scolaires des jeunes ruraux : « Malgré des résultats scolaires équivalents à ceux observés en milieu urbain – voire meilleurs pour les classes uniques – les élèves ruraux connaissent des difficultés d’adaptation au collège et au lycée. Ensuite, ils font preuve d’aspirations plus modestes en termes de poursuite d’études et de projets de métier ».

« D’autres travaux exploitant le panel d’élèves du ministère de l’Éducation nationale ont mis en évidence l’influence de l’environnement sur les aspirations des familles  : outre les facteurs déterminants que sont les performances scolaires et l’ascendance familiale, un effet du territoire demeure .

Ainsi, à origine sociale et résultats scolaires égaux, la confiance accordée aux diplômes professionnels du secondaire est bien plus affirmée dans les zones rurales que dans les grandes villes. Les projets scolaires, les orientations et les parcours en études semblent bien se construire en fonction du bagage social familial et du contexte socio-économique local, mais aussi en fonction de ressources qui sont inégalement réparties ». Les mobilités pour études sont la règle, la moitié des jeunes ruraux de 15-17 ans doivent chaque jour accomplir en moyenne 18 km pour se rendre dans leur établissement scolaire.

Contrairement aux idées reçues, vivre dans un territoire rural n’est pas pénalisant pour la scolarité. Pourtant, la restructuration de l’offre scolaire (fermeture de classes, regroupement pédagogique intercommunal), a modifié le quotidien des élèves et de leurs familles et les a contraints à plus de mobilité. Mais le fort engagement des parents et des équipes éducatives, ainsi qu’un maillage associatif très développé, compensent l’éloignement aux ressources pédagogiques, culturelles et sportives. Le niveau des élèves des écoles rurales ne s’en ressent donc pas, tout au moins jusqu’au collège. C’est lors de l’orientation après la troisième que les parcours des ruraux et des urbains commencent à diverger notablement.

Si on se limite aux bacheliers généraux, les étudiants originaires des zones rurales envisagent moins de s’engager dans des études longues que leurs homologues urbains. Ils se dirigent plus volontiers vers les filières technologiques courtes, DUT ou BTS (47 % contre 38 % pour les urbains). Cela se vérifie même chez les bacheliers dont le père occupe une position de cadre ou de profession intermédiaire : ceux habitant un pôle urbain vont plus souvent s’orienter vers les classes préparatoires aux grandes écoles et autres cursus sélectifs, ou sinon vers l’université, alors que les résidents de l’espace rural vont choisir les IUT. Ainsi, globalement, les niveaux de sortie sont moins élevés pour les jeunes d’origine rurale que pour les jeunes urbains.

Et, après obtention d’un diplôme : Moins les jeunes sont qualifiés, moins ils travaillent en milieu urbain.

Proposition du CEREQ : Encourager la poursuite d’études des jeunes ruraux, y compris dans les filières professionnelles, dans le cadre de l’objectif de 50 % d’une génération au niveau de l’enseignement supérieur. Pour cela, développer les aides au logement et à la mobilité.

La course d’orientation des jeunes ruraux