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Aimé Césaire, chantre de la négritude

Aimé Cés

Ecrit le 20 avril 2008

 Aimé CESAIRE est mort le 17 avril 2008

Le poète martiniquais, âgé de 94 ans, l’inventeur du mot « négritude » est un « monument » unanimement respecté dans le monde entier. Aura-t-il une place au Panthéon, lui que l’Académie Française a négligé ?

Né le 26 juin 1913, il était fils d’esclave : ses aïeux ont été déclarés libres par un décret royal du 3 octobre 1833.

Il disait : « Liberté, Egalité, Fraternité : très bien. Mais pourquoi n’a-t-on jamais vu pour nous la fraternité ? Nous ne l’avons jamais eue. Nous avons la liberté, comme on peut l’avoir dans le monde. Il y eut un effort pour l’égalité. Mais la fraternité, où est-elle ? Je crois qu’on ne pourra jamais l’avoir, la fraternité. Si tu ne me reconnais pas, pourquoi veux-tu que nous soyons frères ? Moi, je te respecte, je te reconnais, mais il faut que toi tu me respectes et me reconnaisses. Et là, on s’embrasse. C’est ça, pour nous la fraternité ».

Aimé CESAIRE, en 1931, au moment de l’exposition coloniale internationale de Paris, s’inscrit en rupture avec la colonisation, montrant le lien « naturel » existant entre les crimes de l’entreprise coloniale et le programme d’extermination exposé par Hitler dans Mein Kampf.

Il n’y a pas dans le monde un pauvre type lynché
Un pauvre homme torturé
En qui je ne sois assassiné et humilié

Ce refus radical de l’esprit colonial et de ses résurgences le conduisit à refuser de recevoir Sarkozy, après le vote de la loi du 23 février 2005 consacrant le rôle positif de la colonisation. Devenu Président de la République ; Sarkozy s’est rendu à l’enterrement d’Aimé Césaire. Il n’est pas sûr que celui-ci ait apprécié ...

« Ce que le très chrétien bourgeois du XXe siècle ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, c’est le crime contre l’homme blanc [...], d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes, les coolies de l’Inde et les Nègres d’Afrique » disait-il. Il aurait pu ajouter : et les Tsiganes.

« Comme il y a des hommes-hyènes
Et des hommes-panthères
Je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
homme-famine,
l’homme-insulte, l’homme-torture
on pouvait à n’importe quel moment
le saisir le rouer de coups,
le tuer - parfaitement le tuer -
sans avoir de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot
 
mais est-ce qu’on tue le Remords,
beau comme la face de stupeur
d’une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot ?
 
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche,
ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent
au cachot du désespoir. »

Extrait de « Cahier d’un retour au pays natal »
en 1938 - Il avait 25 ans !

http://www.leplacide

Le dessin de Placide :
http://www.leplacide.com/dessin-de-presse/dessin-de-presse.php?dateplus=2008-04-18

 La douleur des peuples colonisés

Brasseur de souffrance, Aimé Césaire explore tous les hauts lieux de la douleur des peuples colonisés où la mort et l’injustice ont frappé. Ce sont les Antilles grêlées de petite vérole, dynamitées d’alcool et échouées dans la boue. C’est évidemment l’Afrique qui saigne de toute l’étendue du continent. C’est la géographie tuméfiée des Etats Unis d’Amérique où les nègres n’en finissent pas d’être lynchés. Ce sont toutes ces terres rouges, « sanguines, consanguines où se poursuit cyniquement l’œuvre de démolition du colonialisme » (voir le site : http://www.cesaire.org/)

Ma négritude n’est ni une tour
Ni une cathédrale
Elle plonge dans la terre rouge du sol.

Eveilleur des consciences, poète de l’universelle fraternité, « Aimé Césaire est un noir qui est non seulement un noir ; mais tout l’homme, qui en exprime toutes les interrogations, toutes les angoisses, tous les espoirs et toutes les extases, et qui s’imposera de plus en plus à moi comme le prototype de la dignité » (André Breton)

Aimé Césaire fut député de 1945 à 1993 et maire de Fort-de-France pendant 56 ans. Il s‘opposa aux articles 3 et 4 de la loi du 23 février 2005, dont le but est de faire dire aux historiens que la colonisation fut une chose positive.

Au total Césaire à publié plus de quatorze œuvres, recueils de poésies, pièces de théâtre et essais. De nombreux colloques et conférences internationales ont été organisés sur son œuvre littéraire qui est universellement connue. Son œuvre a été traduite dans de nombreuses langues : anglais, espagnole, allemand … mais il n’a jamais été membre de l’Académie Française ! (il ne demandait rien d’ailleurs ! Mais nul ne s’est battu pour qu’il y soit !).

Des hommages mérités lui sont rendus. Il serait mieux de soutenir ses combats. Le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) lui a rendu hommage le 19 avril, place du Panthéon et le fera à nouveau le 10 mai lors de la commémoration du souvenir de l’esclavage et du 160e anniversaire de l’abolition de l’esclavage : « Nègre, universel et révolté. Césaire avait fait, non sans provocation, de la négritude un mouvement de résistance au racisme ».

La révolution noir sur blanc
comme dit le journal L’Humanité

Photos : http://www.lemonde.fr/web/portfolio/0,12-0@2-3382,31-1035309@51-1035300,0.html

Deux vidéos : http://www.afrik.com/article14120.html

L’Orphée noir : http://www.telerama.fr/livre/aime-cesaire-l-orphee-noir,27655.php

site en hommage à Aimé Césaire

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