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Communiquer avec bienveillance

Ecrit le 01 juillet 2015

Soirée « Potes des Sept lieux » du 2 juin 2015

Dans la famille : comment communiquer avec bienveillance ? … tel était le thème du café-pédagogique organisé par les bénévoles de l’Association Dervalaise.
57 personnes participaient à cette soirée agréable et conviviale qu’animait Véronique Leroux – formatrice, consultante et facilitatrice d’expression aux Savoirs Reliés de St-Nazaire.

Après explication de la démarche qui nous a permis une première approche, nous avons pu tester, par table, entre pairs, les questions et problèmes liés à notre vie de tous les jours. Dans la différence de nos parcours et de notre éducation, nous avons pu comparer nos habitudes et le cheminement d’esprit proposé par l’intervenante.

Dans son propos, nous devions interroger notre état d’humeur personnel avant d’intervenir. Non qu’il s’agisse d’égo-centrisme, mais elle mettait en avant que si nous sommes préoccupés à titre personnel, nous renvoyons nos maux vers l’autre et parfois violemment. L’interprétation et/ou le jugement que nous portons à cet instant « t », ne correspondent qu’à notre ressenti du moment (bon ou mauvais, mais toujours perturbateur) et notre réponse ne correspond plus à la demande exprimée ou au fait. Nos réponses orales (et/ou non-verbales), nos actions, ne répondent plus à la situation ou à la prise en compte de l’autre dans sa demande réelle.

A notre table, dans la mise en application, les solutions trouvées sur les événements de notre quotidien amenaient des résultats différents et parfois opposés à notre volonté première :

  • - nos habitudes mettaient en évidence les dissensions créées par nos réactions au sein de nos familles, de nos groupes de relations (emplois, amis, ... ) ;
  • - son processus amenait une réponse adoucie, bienveillante et non-directive, sans confrontation, sans nuire à l’autre, sans nous nuire.

Il est bien évident que nous avons réinterrogé nos habitudes et/ou nos décisions prises. Dans notre réflexion, ce que nous obtenions sur chaque intervention étudiée n’était lié qu’à nous même. Alors que notre choix portait sur l’entraide, nous découvrions l’opposition. Dans sa méthode, nous obtenions la coopération, la bienveillance et le négociable.

C’est ainsi que nous avons découvert le concept de « Communication Consciente et Non Violente » (CNV).

 Envie de poursuivre…

Dans le bilan collégial de notre soirée, une participante exprimait : Je prends conscience de combien il est important de prendre soin de soi pour être bien avec l’autre. Qu’il y a d’autres façons de communiquer ! Nombre de participant(e)s semblaient désireux d’aller plus loin dans l’exercice pratique...

Voici une présentation de la CNV selon l’approche qui nous a été proposée, son histoire et ses définitions :

- sur le Concept : La méthode de la CNV peut être résumée comme un cheminement en quatre étapes :

  • 1 - Observation (O) : décrire la situation en termes d’observation partageable (éviter d’utiliser des évaluations et des jugements, parce que si notre interlo-cuteur se sent jugé, il aura tendance à s’investir dans l’autodéfense plutôt que dans la compréhension) ;
  • 2 - Sentiment et attitudes (S) : quels sont les sentiments et attitudes suscités par la situation ? (ex. : avoir peur, être curieux, être surpris, être triste, être plein d’énergie, etc.) ;
  • 3 - Besoin (B) : je clarifie mon (mes) besoin(s) en ce moment ; quel est / quels sont le(s) besoin(s) de l’autre ? (→ connexion)
  • 4 - Demande (D) → actions : je fais une demande respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement (s’interroger si l’action est obligatoirement réalisable dans l’instant présent). Le fait que la demande soit accompagnée d’une formulation des besoins réciproques la rend négociable.

- un outil de clarification :
Dans une situation de communication, l’ordre de présentation des étapes est indifférent : on peut très bien commencer par exprimer ses sentiments (S), générés par une situation (O), puis parler de ses besoins (B) pour présenter une demande (D). L’important est de présenter toutes les étapes dans la réponse.

 Historique :

La CNV est un langage élaboré par le psychologue Marshall B. Rosenberg (1934-2015). Selon cet auteur, ce sont « le langage et les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant ». L’empathie est au cœur de ce processus de communication.

Le terme non-violent est une référence au mouvement de Gandhi et signifie ici le fait de communiquer avec l’autre sans lui nuire, dans le respect de sa vie

Marshall B. Rosenberg s’est appuyé également sur l’analyse des besoins humains de l’économiste chilien Manfred Max-Neef. (source wikipedia)

- Définitions : Marshall Rosenberg propose une définition du processus de la CNV qui, selon lui, est continuellement remis en question : « La CNV, c’est la combinaison d’un langage, d’une façon de penser, d’un savoir-faire en communi-cation et de moyens d’influence qui servent mon désir de faire trois choses :

  • - me libérer du conditionnement culturel qui est en discordance avec la manière dont je veux vivre ma vie ;
  • - acquérir le pouvoir de me mettre en lien avec moi-même et autrui d’une façon qui me permette de donner naturellement à partir de mon cœur ;
  • - acquérir le pouvoir de créer des structures qui soutiennent cette façon de donner. »

Selon Thomas d’Ansembourg, ce processus vise à nous aider à éclaircir ce que nous vivons. Il ne s’agit pas de l’empathie en tant que telle, mais elle y donne accès. Il ne s’agit pas non plus d’une simple écoute, mais de « se relier efficacement à soi et à l’autre  », c’est-à-dire prendre pleinement conscience de ses propres sentiments et de ceux de l’autre.

Selon, David Servan-Schreiber, le premier principe de la CNV est de remplacer tout jugement par une observation objective, afin d’éviter les réactions habituelles de son interlocuteur face à une critique. Le second principe est d’éviter tout jugement sur son interlocuteur pour ne parler que de ce que l’on ressent, l’autre ne pouvant contester cela. L’effort consiste alors à décrire la situation en commençant ses phrases par « je », pour être « dans l’authenticité et l’ouverture ».

Dans cette soirée, je pense que les participant(e)s ont découvert un mode de communication qui semblait répondre à leur recherche et à leur … besoin. Les ouvrages suivants permettront de mener plus loin vos recherches, si j’ai pu susciter votre envie.

Signé : Charly

Bibliographie :

  • « Les mots sont des fenêtres » Marshall B. Rosenberg, éd. la Découverte
  • « Communication et pouvoir » Marshall B. Rosenberg, éd. Esserci, Ecomanagement
  • « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! Être avec les autres en restant soi-même » Th. D’Asembourg, éd. de poche
  • « Quand la girafe danse avec le chacal » Serena Rust, éd. Jouvence
  • « Petit cahier d’exercices de Communication Non Violente » A. Van Stappen, éd. Jouvence
  • « La colère, cette émotion mal-aimée. Exprimer sa colère sans violence » S. et C. Vidal-Graf, ed. Jouvence
  • Site CNV

« Les mots sont des fenêtres... ou des murs.  »