Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Retour sur la vie d’un quartier

La ville aux roses à Châteaubriant

Retour sur la vie d’un quartier

Ecrit le 16 décembre 2015

Nos confrères du journal Ouest-France sont partis en immersion dans le quartier de la Ville aux Roses à Châteaubriant. Bonne idée !

Télécharger le document : L’avis des journalistes locaux , format pdf de 455.9 kilo octets

Qu’il nous soit permis de compléter et nuancer leurs articles sur certains points. Ils ont pu voir :

  • - un quartier assez propre, pas de graffitis, poubelles rangées aux endroits prévus, pas de détritus dans les rues, mais il y a cependant des papiers à traîner et des négligences autour des poubelles. Et des efforts à faire pour le tri des déchets !
  • - deux écoles calmes : la maternelle et l’élémentaire ’’Claude Monet’’
  • - un collège où il fait bon travailler. Les bâtiments ont 45 ans, mais les murs sont propres et sans graffitis, les portes sont d’origine, les tables ne sont pas gribouillées. Un lieu de calme.
  • - peu de monde dans les rues : les habitants restent souvent chez eux, mis à part les femmes d’origine turque qui aiment se retrouver sur les bancs ou les murettes du quartier et faire leur promenade quotidienne autour du quartier. On voit aussi des hommes d’origine turque faire des promenades ensemble : eux au moins savent tisser du lien social. Ils savent travailler aussi, souvent ils ont créé leur propre entreprise du bâtiment et embauchent les fils, les cousins, les voisins.

 Un gros mot

’’Turc’’, le gros mot est lancé. Car il y a, à La Ville aux Roses, à côté d’un café français, une épicerie turque, un Centre Culturel Turc (que les femmes, théoriquement admises, fréquentent trop peu) et une mosquée. Et ce mot ’’turc’’ fait fantasmer ceux qui n’ont jamais vu le nez d’un étranger ! La peur se nourrit de l’ignorance.

C’est un quartier où sont concentrées les habitations HLM : 75 entrées, 500 logements avec, comme ailleurs, du bruit dans les cages d’escalier où logent des familles nombreuses, ou des couples querelleurs.

Tout près de la mosquée, il y a une communauté religieuse catholique : trois femmes de la Congrégation St-Gildas, qui autrefois travaillaient et maintenant sont en retraite et vivent là, dans un appartement HLM, dans la même rue, à quelques mètres du centre cultuel turc. Elles sont engagées, chacune, dans de nombreuses associations. Dans leur immeuble résident aussi des Turcs et cela se passe dans le respect mutuel. Cette communauté est présente là depuis 1992. Se souvient-on encore de Marie-Anne Landron, religieuse engagée dans l’association ’’Rencontres  ’’ ?

’’Rencontres  ’’  : l’association est née à la suite de l’assassinat effectué sur des Turcs, dans la rue de Couëré, par un jeune fanatique venu de Martigné-Ferchaud. Dès le début l’association a multiplié les activités et organisé, notamment, des Fêtes de l’Amitié qui se déroulaient dans le quartier ou au bord de l’étang de La Courbetière. L’association Rencontres   est toujours bien vivante et, jusqu’en 2014, elle a vivoté difficilement, soutenue par le Conseil Général et la Caisse d’Allocations Familiales, mais négligée par la municipalité. Mais en 2014, il y a eu des élections municipales et le maire de l’époque a commencé à s’intéresser aux habitants du quartier de la Ville aux Roses, plaçant [comme les deux autres listes] un Turc sur sa liste et donnant une importante subvention à l’association Rencontres  .

L’association poursuit ses activités : soutien scolaire, aide à la création artistique et musicale, aide dans les écoles, etc. Elle est malheureusement dotée d’un local très exigu et un ’’centre social’’ lui a été promis sans qu’on sache ce que recouvre cette expression. Il était promis pour 2015 mais … rien encore. Les ateliers socio-linguistiques, organisés par ’’Rencontres  ’’ permettent aux étrangers de la ville (pas que des Turcs !) d’apprendre la langue et la culture françaises et d’échanger sur leur propre culture.

 Sécurité

Le quartier n’est pas délaissé : il y a le Centre Bretagne et la Salle Marron, mais ne s’y retrouvent que les clubs sportifs patentés. Les familles du quartier n’ont pas les moyens de payer une adhésion. Il y a heureusement deux équipements multisports et un ancien terrain de skateboard. Oui mais, quand il pleut ?

Il n’y a aucun lieu de rencontre pour les jeunes et moins jeunes, pas de centre social et une seule salle de réunion, mal aménagée, située à l’arrière du Centre Bretagne au bout d’un chemin sombre et qu’il faut retenir 15 jours à l’avance ! De ce fait la convivialité laisse à désirer et n’osons pas parler de démocratie participative.

Le quartier est vraiment mal desservi par les transports en commun, les horaires permettant très difficilement d’aller en centre ville à la médiathèque   ou au cinéma ou même à La Poste.

 Vivre ensemble

On entend souvent dire que ’’les Turcs restent trop entre eux’’. C’est vrai mais cela n’a rien d’étonnant. Allez donc voir à New-York, Berlin, Londres, Tunis … là-bas les Français se regroupent, ils ont leurs magasins, leurs lieux de culte, leurs cafés, leurs salles de spectacle….

Et puis, pour se mélanger, il faudrait peut-être des efforts des deux côtés. Quand les Turcs faisaient la fête des enfants, invitaient-ils leurs voisins ? Maintenant qu’il y a une fête turque annuelle derrière la mairie, on y voit des Français de souche, mais surtout des gens de gauche …

Et comment voulez-vous que les gens se rencontrent s’il n’y a pas de lieu de rencontre ? Il y a des espaces verts, c’est vrai, mais s’il y avait des jeux pour les enfants, à proximité des immeubles, les mamans pourraient y aller : rien de tel que des gosses pour faciliter la conversation. Mais les toboggans ont été enlevés (raison de sécurité ...il en reste pourtant un dans une école de la ville), les bacs à sable aussi pour des raisons d’hygiène. C’est bien, on a l’hygiène … mais les gens crèvent de solitude.

 La Voie citoyenne

Les élus de La Voie Citoyenne déclarent : certains des reportages sur le quartier de la Ville aux Roses publiés dans Ouest France font écho à nos préoccupations. Citons tout d’abord l’absence de local de rencontre pour les jeunes, relevée par les jeunes eux mêmes et par les adultes qui les côtoient. Ce n’est pas l’installation d’un énième terrain multi sports comme le propose le maire qui répondra à ce besoin.

La construction d’un centre socio culturel est aussi évoquée. Nous savons qu’un diagnostic de territoire a été conduit dans cet objectif. Quelles en sont les conclusions ? Ni les élus, ni les associations concernées, ni surtout les habitants interrogés n’en ont encore eu connaissance. [Ndlr : le rendu de ce diagnostic était prévu pour juin 2015]

Certes, le conseil de citoyens mis en place dans le cadre du contrat de ville doit favoriser l’implication des habitants. Rappelons qu’il n’était pas question d’une telle instance lors de la présentation du contrat cadre au conseil municipal du 8 avril. Nous, élu-e-s de La Voie Citoyenne, avions alors proposé un amendement pour prévoir la mise en place d’un conseil de citoyens. Amendement rejeté sans débat ni commentaire par le groupe d’élus majoritaire. Nous sommes donc satisfaits que ce conseil de citoyens voie finalement le jour et nous veillerons à ce qu’il devienne un espace de propositions et d’initiatives.

En conclusion, si nous devions retenir une phrase de cet ensemble d’articles, ce ne serait pas celle d’Alain Hunault déclarant que le contrat de ville doit être un moyen de percevoir des subventions supplémentaires. Mais plutôt celle d’un collégien qui affirme que « pour être laïc ; il faut qu’on se mélange ». En qualité d’élu-e-s , nous devons savoir écouter l’expression des habitants et trouver avec eux des idées qui amélioreront la vie quotidienne et le vivre ensemble.

Bernard Gaudin, Marie Humeau, Nelly Boucherie

Malgré ces quelques inconvénients, le quartier de la Ville aux Roses, dans sa partie HLM, est un quartier où les habitants se sentent bien et ne se regardent pas en chiens de faïence.

Quelques associations ont des permanences sur place : la Confédération Syndicale des Familles  , Bretagne Vivante, Aid Animaux, Randonneurs, ACUF, mais les salles font partie des ’’locaux sociaux’’ de l’ensemble HLM. N’y vient pas qui veut ! Ce ne sont donc pas des lieux de rencontre.

Un marché de légumes a lieu tous les dimanches auprès de la ’’salle marron’’. C’est une bonne idée qu’il faudrait étoffer.

Il y a finalement toute une réflexion à faire dans ce quartier :

  • - animation du quartier lui-même,
  • - présence d’un animateur jeune, aimant les jeunes, sachant les impliquer dans des actions collectives,
  • - lien entre ce quartier et la ville, avec les transports, mais aussi avec des animations originales, faire sortir les habitants de ce quartier, faire venir les habitants des autres quartiers.

Ce serait le travail à faire dans le cadre du Contrat-Ville. Cela se pourra-t-il ? Un Conseil de citoyens a été tiré au sort, pourra-t-il vraiment donner son avis ? Rappelons que ce Conseil de Citoyens était demandé par l’État dans le cadre du Contrat Ville et que le maire n’en voulait pas. De même que le maire a traîné les pieds pour accepter ce Contrat Ville. En effet, si la Ville aux Roses est un quartier calme et propre, c’est aussi un quartier où les habitants sont très pauvres. Le Contrat Ville peut apporter des subventions pour y remédier. Le maire, lui, souhaite que ce contrat apporte d’autres subventions qu’il espère utiliser pour un terrain de foot … à l’autre bout de la ville !

Signé : BP  


Ecrit le 13 janvier 2016

 Qu’ois-je ?

Qu’entends-je ? Qu’ois-je ? Le Président de l’Office Municipal des Sports (OMS) a reconnu (voir Ouest-France du 31.12.2015) que c’est sous l’impulsion du Conseil Départemental que l’Office Municipal des Sports a réuni une soixantaine de clubs. « L’octroi de subventions a déclenché ’’Sport pour tous 2015’’ ».

Le journaliste interroge : « L’OMS n’avait jamais eu l’idée de proposer des licences à tarif réduit à des jeunes du quartier de la Ville aux Roses ? »… Le président, Serge Moreau répond : « On reconnaît humblement qu’on n’a pas eu cette idée. C’est le Conseil qui l’a eue ... »