Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Politique générale > Y a-t-il une affaire Ferrand ?

Y a-t-il une affaire Ferrand ?

Ecrit le 7 juin 2017

 Polémique sur l’affaire Ferrand

Y a-t-il une affaire Ferrand ? La question se pose. Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche !, ministre de la Cohésion des territoires, est l’objet d’une polémique lancée par le Canard Enchaîné à propos d’un montage immobilier concernant Les Mutuelles de Bretagne.

Richard Ferrand a été embauché en 1998 comme directeur général des Mutuelles de Bretagne. A l’époque cette organisation est en cessation de paiement. Richard Ferrand en pilote le redressement, avec quand même une centaine de licenciements à la clé ! Heureusement les Mutuelles ont pu embaucher par la suite.

Dans la foulée, Richard Ferrand est élu Conseiller Général de Carhaix jusqu’en 2011. Poste qu’il abandonne puisqu’il est élu Conseiller Régional en 2010. Enfin il est élu député en 2012. En 2013, il ferraille à l’Assemblée Nationale contre la taxe poids lourds qui provoque une fronde des Bonnets rouges dans toute la Bretagne. Ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux.

Début 2011, alors que Richard Ferrand est directeur général des Mutuelles de Bretagne, mais pas membre du Conseil d’Administration, le conseil d’administration choisit « à l’unanimité » de louer un local, destiné à un centre de soins à Brest, à une société civile immobilière (SCI), nommée Saca, pour un loyer annuel de 42 000 euros (1). Cette société a été constituée par une avocate, Sandrine Doucen, qui était la compagne de Richard Ferrand.

Mais voilà, les affaires Cahuzac, Fillon, Le Pen, Balkany et d’autres, ont créé un climat de suspicion en France. Pour vendre du papier ou du temps d’antenne, d’aucuns l’entretiennent savamment. Contre la Gauche et le Parti Socialiste, accusés d’incompétence. Contre la Droite et notamment Les Républicains parce qu’ils sont en perte de vitesse. Contre le nouveau mouvement En Marche qui suscite de l’intérêt et qui, comme les terres vierges, offre un terrain de découvertes. Essayer de descendre le bras droit d’Emmanuel Macron, quel challenge excitant ! Et pendant ce temps-là les affaires continuent. Par exemple, pourquoi-comment un industriel castelbriantais est-il propriétaire d’une bonne partie des immeubles de la ville ? Pourquoi-comment un assureur castelbriantais fait-il de si bonnes affaires ? Pourquoi-comment un industriel castelbriantais a-t-il vendu son entreprise en conservant un poste rémunéré ? Les « affaires » ça se fait partout et tant mieux si tout le monde y gagne. Des fois ...

Richard Ferrand, lui, tient à répondre point par point aux allégations qui sont faites car, dit-il, « je n’ai rien ni à cacher ni à craindre de la transparence ».

« Comme le rappelle à juste titre l’article du Monde, la direction actuelle des Mutuelles de Bretagne m’apporte son plein et entier soutien. Les salariés ont également manifesté auprès de moi leur soutien, pour saluer notre travail commun qui a permis de redresser les Mutuelles de Bretagne, de sauver ses emplois et d’en créer de nombreux autres ».

« C’est précisément en raison de la bonne gestion des Mutuelles de Bretagne que j’ai dirigée pendant 19 ans que l’Assemblée générale a décidé à l’unanimité, hors ma présence, de me confier une mission auprès de mon successeur, Madame J. Salaun, pour que je puisse continuer à apporter mon expertise et ma connaissance de cette entreprise. J’ai accompagné par des réunions de travail régulières mon successeur et le comité de direction dans le développement du projet stratégique arrêté par le CA : par exemple, les investissements dans le secteur dentaire.

J’ai toujours tenu à conserver une activité professionnelle quels qu’aient été mes mandats. Je l’ai d’ailleurs toujours déclaré à la HATVP (déclaration publique disponible). J’ai perçu jusqu’à fin 2016 une rémunération de 1.250 euros net par mois ».

« J’observe que des centaines de députés ou sénateurs conservent également et parfois pleinement leur activité professionnelle, ce qui me paraît totalement bénéfique par opposition à celles et ceux qui ne vivent que de la politique ».

« Sur le soi-disant conflit d’intérêts entre mon activité professionnelle de chargé de mission au sein des Mutuelles de Bretagne et mon mandat de député : Il m’est reproché d’avoir participé aux débats sur une proposition de loi en 2012 relative aux réseaux mutualité (2). Cette proposition a été déposée par le président du groupe SRC et l’ensemble des députés qui le composent, conformément aux engagements de campagne de François Hollande. Si je suis intervenu en Commission et en séance pour défendre les principes de ce texte, je n’ai en revanche pas déposé d’amendement.

A l’origine, ce texte a même été porté et voté par le groupe UMP avant d’être censuré par le conseil constitutionnel, en 2010.

Devais-je m’abstenir de défendre un principe pertinent et dans le sens de l’intérêt général au prétexte que je connais bien le sujet ?

Monsieur Bernard Accoyer qui est médecin, n’a-t-il pas participé à tous les débats sur les projets de loi de santé et de financement de la sécurité sociale les années où il a siégé ?

Demande-t-on à Monsieur Christian Jacob de ne pas intervenir sur les sujets agricoles en raison de son ancienne présidence du CNJA ?

Interdit-on aux députés qui sont médecins de voter le budget de la sécurité sociale ?

Faut-il expressément empêcher les magistrats et les avocats de siéger à la commission des lois ?

Sur la collaboration avec Monsieur Hervé Clabon :

Monsieur Hervé Clabon a été mon collaborateur parlementaire du 3 septembre 2012 au 10 janvier 2014. Or, la déclaration d’intérêt à la HATVP date du 25 janvier 2014, date à laquelle Monsieur Clabon ne travaillait donc plus avec moi et c’est la raison pour laquelle il ne figure pas sur la déclaration.

En effet, il a quitté son poste en raison de graves problèmes de santé, c’est précisément pour cela que, comme je l’ai déjà indiqué, que j’ai recruté mon fils en remplacement, pendant 4 mois, pour un salaire de 1.266,16 € net par mois.

Sur la situation de Madame Coustal

Je suis séparé de Madame Coustal depuis 1993, et nous sommes divorcés depuis 1994. Elle a par ailleurs plus travaillé pour les Mutuelles de Bretagne après mon départ de la Direction générale des Mutuelles de Bretagne qu’au moment au j’occupais les fonctions de Directeur général.

La première fois que les Mutuelles ont fait appel à ses prestations, c’était en 2002, donc 8 ans après notre divorce. Je ne suis bien évidemment jamais intervenu pour qu’elle obtienne un quelconque contrat – j’observe d’ailleurs qu’aucun élément n’est avancé en ce sens. Madame Coustal vit en Bretagne et la qualité de son travail est reconnue. Il s’agit d’un prestataire sollicité par les différents responsables des services des Mutuelles. A toutes fins utiles, comme elle a pu le préciser, les Mutuelles ne sont qu’un client parmi d’autres dans son activité.
(fin de communiqué)


Ecrit par Philou le 7 juin 2017 :

 Transparence ou Inquisition ?

fl5 Jusqu’où faut-il aller dans la transparence et la moralisation de la vie publique ? Pour R Dosière, le député spécialiste des dépenses publiques qui a fait des propositions sur la moralisation de la vie politique, il y a des limites à ne pas dépasser. Surtout quand il s’agit de faits du passé qui relèvent de la sphère privée. Concernant R Ferrand certains s’érigent en pères ou mères la morale ! Et au nom de quelle morale ? Au nom de l’idée qu’ils s’en font personnellement et qui n’est pas la même pour tout le monde. Il est soupçonné et donc coupable ! La morale n’a rien à faire dans cette affaire tant qu’elle n’est pas définie par la loi. Avec leur morale, un candidat ou un élu qui arrose son jardin pendant une période de sécheresse serait inéligible pendant dix ans… Si, si !

fl5 C’est qui Anticor, l’association qui a déposé plainte pour abus de confiance contre R Ferrand et les membres du Conseil d’Administration des Mutuelles de Bretagne près du parquet de Brest ? Elle a été créée pour lutter contre la cor-ruption et rétablir l’éthique en politique. Alors pourquoi s’intéresse-t-elle à des faits supposés illégaux, ce qui reste à prouver, et qui n’ont rien à voir avec les mandats politiques de R Ferrand ? Ces « chevaliers blancs » l’accusent et réclament sa démission alors même qu’aucun procès n’est engagé et a fortiori aucun jugement rendu ! Ils prétendent être les garants de la « morale répu-blicaine qui veut que tout élu soit un modèle d’exemplarité pour l’ensemble des citoyens ». Si c’est une noble ambition, en l’occurrence il me semble qu’ils tombent dans l’inquisition !


 Fonds publics ?

On entend dire qu’il y aurait eu des subventions publiques, 55 000 €, pour les Mutuelles de Bretagne. Scandale ! Sauf que ...

Sauf que, vous ne savez pas qu’il y a régulièrement des subventions publiques pour les entreprises privées ? Dernier exemple : l’entreprise Castel-Viandes de Châteaubriant aidée à hauteur de : « Le montant des investissements éligibles s’élève à 871 787,15 €. La Région Pays de Loire a apporté 81 947,99 € (soit 9,40 % de l’assiette éligible) lors de la Commission permanente du 18 novembre 2016. Une aide FEADER de 92 409,44 € est attribuée par décision du Président du 8 décembre 2016 ». Ce qui fait au total une aide publique de 174 357 € soit 20 % du montant de l’investissement, privé, de cette société.

Et ce n’est pas un cas isolé ! Voir ci-après la page 45 du rapport du Conseil Régional des Pays de Loire du 17 mars 2017.

Télécharger le document : page45 , format pdf de 1.5 Méga octets

Ecrit le 7 juin 2017

 Canulars

Un canular est une fausse nouvelle (on dit encore : hoax en informatique). Les périodes électorales sont riches en utilisations de tout genre. Lancez une fausse info, elle fait vite florès si elle touche un point sensible. Il est temps que la période électorale se termine car, à dire vrai, on en a assez !

Les réseaux « sociaux » et internet favorisent ce genre de choses. La palme du ridicule a été remportée par Fl.Philippot, juste avant le 1er tour des Présidentielles, avec un faux message sms émanant, disait-il, de En Marche ! appelant à chahuter M. Le Pen. Le site hoaxbuster a pu démonter la chose et expliquer qu’il existe des sites internet permettant de fabriquer de fausses conversations i-messages en quelques secondes. On n’arrête pas le « progrès » https://frama.link/sms-fn
Interrogé à ce sujet, le numéro 2 du FN   a eu cette réponse sidérante : oui c’est faux, mais ça aurait pu être vrai. Autrement dit, ce qui compte, c’est que ce soit crédible

Comment démêler le vrai du Front

Avant le premier tour des législatives, la Droite utilise aussi largement la méthode du canular. Le gentil François Baroin, à qui le monde entier donnerait le bon dieu sans confession, est un utilisateur habile. Il dit par exemple que Macron voudrait créer un «  loyer obligatoire pour les propriétaires ». Sauf qu’Emmanuel Macron n’a jamais esquissé une telle proposition. Rien dans son programme, rien dans ses interventions ne peut prêter à ambiguïté de ce point de vue. Et ce qui est rigolo, c’est que ce canular circule depuis septembre 2013, il visait alors le gouvernement Hollande. Il a donc été recyclé ! On n’arrête pas le progrès !

Et la hausse de la CSG ? La droite parle d’une hausse de 1,7 % mais oublie de préciser que cette hausse devra compenser la suppression des cotisations chômage et maladie (qui représentent 3,15% du salaire). Cette augmentation de la CSG, de l’ordre de 1,7 point, ne touchera pas les retraités modestes (ceux exonérés de CSG ou soumis à la CSG à taux réduit, c’est-à-dire 40% environ des retraités), ni les indemnités chômage, mais concernera en revanche les revenus du capital.

CSG : le gros bobard de JL Mélenchon


NOTES:

Note de la Rédaction :

(1) il est reconnu par tous que ce montage financier était avantageux à la fois pour le vendeur de l’immeuble et pour les Mutuelles elles-mêmes. Il était avantageux aussi pour Mme Sandrine Doucen avec laquelle Richard Ferrand n’était ni marié, ni pacsé à l’époque, et avec laquelle il n’a pas de patrimoine commun.

(2) Cette loi, votée le 19 décembre 2013, modifie l’article 112-1 du Code de la Mutualité pour autoriser les mutuelles à moduler leurs remboursements selon que l’adhérent consulte, ou non, un « professionnel de santé, un établissement de santé ou un service de santé avec lequel les mutuelles, union et fédération ont conclu une convention ». Toutefois, poursuit le texte, ces conventions « ne peuvent comprendre aucune stipulation portant atteinte au droit fondamental de chaque patient au libre choix du professionnel, de l’établissement ou du service de santé et aux principes d’égalité et de proximité dans l’accès aux soins ». Les mutuelles disposent ainsi d’un même outil de régulation que les assureurs et les institutions de prévoyance. Merci M. Ferrand d’avoir participé à son adoption .