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Nicolas Trevier ou l’enthousiasme du commerce

Ecrit le 5 mars 2008

 Nicolas Trevier, ou l’enthousiasme du commerce

Il existe une petite place agréable à côté de l’église de Rougé, tout près de la bibliothèque, non loin du centre social. Les quelques places de stationnement n’altèrent en rien la paix du lieu. Des primevères sur un présentoir attirent le regard vers une porte ouverte, accueillante….

Nicolas Trevier a repris la supérette Vival de Rougé. « Rien ne me prédisposait à devenir commerçant » raconte-t-il « Au collège j’étais d’une timidité incroyable. Quand il fallait dire un poème, les mots se bloquaient dans ma gorge et je me mettais à pleurer ».

Nicolas Tre

Après le brevet, Nicolas entre au lycée agricole de St Herblain, espèrant reprendre un jour l’exploitation de son père. Une professeure de seconde souhaite monter une troupe de théâtre avec les élèves internes. « Tu verras, cela te fera du bien » affirme-t-elle à Nicolas. Son intuition se révèle exacte : deux ans plus tard, le directeur du lycée demande à Nicolas de s’occuper de l’atelier théâtre et notamment de la rencontre inter-théâtres-jeunes organisée dans la salle Atlantis. Nicolas se souvient : « Nous avons même écrit le texte. Ce fut une expérience fabuleuse. »

Commerçant dans l’âme, Nicolas travaille lors de ses vacances scolaires : « Le week-end, je faisais des animations-ventes dans les grandes surfaces. ». Crevettes, brioches, saucisson sec, galettes des rois, tout lui réussit : son sourire, son talent théâtral attirent les clients qui rient … et achètent ….

Vient le service militaire, dans la gendarmerie : « Il nous fallait veiller des nuits entières sur les autoroutes du côté de Saintes. C’est là que j’ai écrit ma première pièce : La BD en folie ».

Ensuite ses études (BTS technico-commercial en produits carnés) conduisent Nicolas à la Cana de Sion-les-Mines. « Je vendais des semences et des aliments pour le bétail, soit au magasin de Sion, soit directement dans les fermes ».

A 26 ans, Nicolas devient responsable de l’Espace Cana « Grand Public » à Châteaubriant, avec quatre à cinq personnes sous ses ordres. « Cela s’est bien passé les six premières années, le rayon a connu une expansion de 50 % environ. Un travail intéressant, mais qui commençait à me peser car, au lieu de 35 heures, je faisais souvent 40-45 heures, sans rémunération supplémentaire. Et surtout, lorsque la Cana est devenue Terrena/Gamm Vert, on m’a dit qu’il n’était pas question de laisser un responsable plus de sept ou huit ans dans le même poste. J’avais donc la perspective d’être muté sans pouvoir choisir le point de chute, sans savoir si mon épouse pourrait trouver du travail ».

Dès cette époque pour attirer le client, il faut constamment repenser l’organisation du magasin, tout en veillant à maintenir les locaux propres et à accueillir les clients. « Je finissais pas ressentir un stress important et l’envie de faire autre chose », avoue Nicolas.

Durant l’été 2005, en vacances dans les Pyrénées, Nicolas et Virginie, son épouse, remarquent une annonce : Cherchons gérant pour la supérette. Après tout, pourquoi pas ? De retour à Rougé, Nicolas se renseigne auprès de la personne qui tient le petit magasin de la commune.

Décembre 2005, surprise : « La personne m’appelle, pour me dire qu’elle souhaite céder son commerce, mais qu’elle ne veut pas l’ébruiter prématurément. J’ai alors commencé à étudier l’affaire pour voir si elle était viable. Et c’est ainsi que je me suis lancé le 1er septembre 2006 avec, notamment, un prêt de 3000 € de Pays-de-Châteaubriant-Initiative   qui m’a permis d’acheter le meuble réfrigérant ».

Nicolas, grâce à ses engagements associatifs (théâtre, volley), et entre autres, à l’opération « Images de village », est accepté tout de suite par la population.

 55 m2, 1100 références

55 m2 de surface de vente, 12 m2 de réserves. Ce n’est pas un grand magasin ! Mais la mairie lui promet un agrandissement.

Nicolas travaille 48 heures par semaine, pour un salaire net de 1100 € par mois. « Finalement, je gagne moins que précédemment, mais c’est à moi de jouer. Ici c’est un commerce de dépannage, il faut le savoir. J’ai réussi à gagner 15 à 20 clients de plus par jour. Au départ j’avais 700 produits référencés. J’en ai maintenant 1100. Je fais pratiquement toutes les courses de la maison dans le magasin, cela me permet de mieux voir les produits nécessaires à la vie courante et de répondre ainsi aux besoins des clients ».

« J’ai observé les habitudes de consommation des gens, j’ai compris qu’il fallait avoir une diversité de produits et de conditionnements, mais sans excès, pour ne pas faire des stocks inutiles ». Et ça tourne dans ce magasin : les jours de livraison, il rentre une tonne et demi de produits …à mettre en rayons. Le commerce est, aussi, un métier physique !

Nicolas a développé les produits frais, et les marques type Casino. Cela lui a permis de dresser des comparaisons !
« Par exemple, les Petit-Beurre Lu, et les Petit Beurre Casino sont fabriqués par la même usine. Mais les premiers sont vendus 1.35 € avec, pour moi, une marge de 5 %, tandis que les seconds, aussi bons, sont vendus 0.99 € avec une marge de 20 %. Finalement le client y gagne et moi aussi ».

 Service

Dans des bourgs comme Rougé , on voit le rôle social du « petit » commerce. « Six, seventy five » annonce Nicolas. « J’ai une clientèle anglaise, car je parle leur langue et j’apprends peu à peu. Des petits pois avec des lardons, cela se dit : peas with bacon, tout simplement ».

Le magasin tient lieu aussi de distributeur d’argent « en accord avec ma banque, et en échange d’une carte bancaire ».

 Sourire

Jour après jour, Nicolas tisse de nombreux contacts : les clients, l’enfant qui passe tous les jours dire bonjour, la mamie qui vient chercher son pain, la femme qui a collectionné les ennuis dans la journée, tous trouvent un regard bienveillant, une écoute attentive, ou le sourire qui redonne le courage d’avancer.

« Je suis heureux dans mon métier. Je travaille beaucoup, mais si c’était à refaire, je le referais ». Nicolas peut guider avec enthousiasme les stagiaires qui désirent se lancer dans le métier.

 Patricia

Secrétaire-aide comptable dans une grande surface depuis une vingtaine d’années Patricia souhaite changer de vie « Je fais de la gestion, j’avais des relations avec le personnel. Et puis peu à peu mon métier a évolué et s’est réduit à des calculs statistiques, je me trouve dans une sorte d’entonnoir. Je ne veux pas mourir sur place, j’ai envie de faire quelque chose de dynamique, d’être aux petits soins pour les clients ». C’est la raison de son stage au magasin Vival, chez Nicolas.

Patricia découvre donc le métier « les produits, les fruits et légumes à bichonner, la mise en rayon, les dates de péremption, le suivi des stocks, et surtout le côté relationnel que je cherche. Je sens que je ne me suis pas trompée et, de plus, je sais que je serai soutenue par ma famille et … par Nicolas ». Son salaire sera équivalent à celui qu’elle gagne maintenant. Dans quelques mois nous irons la voir dans le magasin auquel elle va redonner vie.

BP  

 

 


Ecrit le 9 novembre 2011

 Vival en expansion à Rougé

Vival, novembre 2011

La commune de Rougé avait un tout-petit magasin « Vival » mal situé. Le dynamique gérant, Nicolas Trevier, vient de réaliser une opération commerciale de grande ampleur en louant l’ancien hangar situé, en plein cœur de la commune, en bordure de route. Il y a une surface de vente plus importante, des entrepôts faciles d’accès, une surface de parking pour les clients et une maison d’habitation. Des murets de protection et des sonneries d’alarme ont été installés pour éviter les risques de cambriolage par voiture bélier.

Le magasin Vival est situé en face de la boulangerie, ce qui ne peut que profiter aux deux commerces. Bien visibles, sur la route de Rennes à Châteaubriant, nul doute que les clients sauront s’y arrêter pour y faire leurs courses rapidement, facilement et à des prix intéressants ! Et avec le sourire légendaire des commerçants.


Ecrit le 7 janvier 2015

 Trophée national de bronze

Nicolas Trévier, commerçant ’’Vival’’ à Rougé, a reçu, à Paris, le Trophée national de bronze décerné par la Fédération des Centres de Gestion. Nicolas Trévier a été choisi parmi 250 dossiers de petites entreprises pour le développement de son commerce de proximité. Après un BTS de techniques de commercialisation spé-cialisé en produits carnés et six années passées à la tête d’un magasin Gamm Vert, Nicolas a ouvert sa supérette en 2006, à Rougé. Ouvert 7j/7, le magasin assure un service de commande par téléphone et une livraison gratuite à domicile pour tout panier supérieur à 25 euros. Proche des habitants, très investi dans la vie associative (et notamment au théâtre Zig-Zag), Nicolas Trévier organise, deux fois par an, « Le petit marché bio », un événement convivial rassemblant les producteurs de la commune. Il a em-bauché une personne en CDI, et sait donner un coup de main à ses collègues de la structure ’’Vival’’