Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Personnages > Hervé Drouard : la Bio-Dé-Gradation

Hervé Drouard : la Bio-Dé-Gradation

Ecrit le 7 novembre 2018

 La Bio-Dé-Gradation

Que peut faire un retraité de 85 ans pour occuper sa vie et son esprit ? Taquiner le goujon ou taper le carton ? Hervé Drourad, lui, a choisi de caresser le crayon. Chaque semaine, depuis des années, fidèlement, il tient pour La Mée sa chronique « Le Herveu au Gallo », avec un regard attentif sur l’actualité, une plume alerte et faussement naïve et un langage inventif. Mais cela ne saurait lui suffire. Prolongeant ses carnets de jeunesse, il relate les événements du jour, arrangés à la sauce de ses humeurs. Et comme ce jeune homme ne craint pas les nouvelles technologies, il se confie à une page facebook et publie ses livres au format Kindle.

« 85 ans d’âge corporel, plus les neuf mois de fabrication. Pour l’âge mental il manque un calendrier fiable et une mesure adéquate. Malgré une colonne vertébrale bien déglinguée, je continue à déambuler avec une canne-siège qui me permet des moments de repos et un marron de l’année passée dans ma poche. C’est un remède fort traditionnel que j’avais oublié, alors que, dans mon enfance, tous les villageois un peu courbés vers notre mère Terre, possédaient ce précieux talisman qui faisait oublier les douleurs rhumatismales si nombreuses dans nos landes bretonnes parsemées de rochers de granit rose ou grisé ».

Même au fond d’un village d’une centaine d’habitants, les rumeurs du monde nous parviennent et nous obligent à réagir, à nous adapter ou à critiquer et militer (…). Impossible donc d’oublier les échos de la région, du pays ou de l’ensemble de la planète, de ne pas commenter, prendre parti, chercher à comprendre, rêver, imaginer un avenir différent pour nos enfants menacés de différents côtés par nos ignorances et nos lâchetés communes ».

« Marie est ma compagne depuis plus de 50 ans, elle a la capacité de transformer en amis de la famille tous ceux qu’elle rencontre et avec qui elle prend le temps d’échanger »

Chaque chronique donne des nouvelles de Gribouille et autres bêtes, de Marie, de Hervé, du village et du monde. Savoureux et malicieux. Les livrets peuvent être trouvés sur internet ou chez l’auteur Hervé Drouard à Montbert (44).

2016 : https://huit.re/herve-2016
2017 : https://huit.re/herve-2017
2018 : https://huit.re/herve-2018


Ecrit le 14 novembre 2018

 Chronique 332 - 9-10 novembre 2018

Un ami m’a passé un livre original « Archéologie des feux » de l’angevin Jean-Loup Trassard où sont mêlées de vieilles photos en noir et blanc et des textes colorés racontant naissance, vie et mort des fermes (autant de feux, au sens ancien de foyer, famille) que nous avons connues avec leurs habitations et dépendances, leurs outils, leurs objets essentiels, leurs habitants de tous poils et plumes, leurs activités de toutes saisons et leurs disparitions (mais leurs cendres ou leur sous-sol révèlent d’étranges histoires !). Seuls, ceux qui ont vécu ces lieux, ces moments, ces habitudes peuvent raconter et faire surgir du passé ces images, sons, odeurs, mots, objets, enfouis désormais dans quelques livres, musées, films ou cerveaux finissants. L’auteur qui a baigné de longues années dans cet univers fantastique a trouvé l’art langagier pour rendre vie à ce qui a été très longtemps le cadre et l’existence très majoritairement de nos ancêtres.

Nos bêtes et nos plantes

Avec la discrète Rosalie, l’ardent petit marcou, Badou et nos deux poules dont la Noiraude vient de faire un avc qui lui paralyse la patte gauche et le derrière, il ne nous reste pas grand chose de la variété et de la quantité des animaux de la ferme. Nos quelques mètres carrés de jardin et les dimensions réduites de nos pots de fleurs limitent aussi le foisonnement des graines mais les soucis et la qualité des soins demeurent de nos enfances campagnardes. Marie déplace la Noireaude, matin et soir et veille à son confort alimentaire et son bien-être nocturne. Je faisais la même chose avec des agneaux paralysés, durant ma période de genteleman-farmer, il y a quelques années !

Le Village et le Monde

Mes voisins me tannent le cuir fatigué pour que j’aille consulter les autorités médicales au sujet de mes toux et crachats persistants mais je ne crois pas plus à leur efficience, en ce domaine que Trump ou Macron aux conférences pour la paix mondiale. Des réunions pour la paix, il ne sort que de nouvelles guerres pour de futurs 11 Novembre !
(Extraits des écrits d’Hervé Drouard – dans son livre : la Bio-Dé-Gradation)


 Les 29 & 30 Décembre 2018- feuille 349

Mon fils qui connaît mes appétences pour l’exégèse biblique m’a offert, cette année, le « Jésus de Nazareth » de Paul Verhoeven, cinéaste hollandais, obsédé, lui aussi, par la recherche de la vérité historique sur ce personnage troublant : qu’a dit et fait exactement Jésus ? Pourquoi les évangélistes ont-ils ajouté ou modifié des récits transmis d’abord par voie orale dans les premières sectes chétiennes ?Depuis la fin du XIXe siècle, des scientifiques et théologiens (surtout protestants) décapent mot à mot et phrase après phrases les textes légués par la tradition et tentent de comprendre les messages transmis. Travail rigoureux qui donne lieu à des hypothèses nombreuses et variés : jésus est-il un bâtard conçu d’un viol de Marie par un légionnaire Romain ? A-t-il prêché d’abord avec Jean le Baptiste le « dies irae » apocalyptique avant d’annoncer, apès une fuite salutaire au désert pour échapper, comme Jean, à la décapitation, un « Royaume de Dieu » et un Dieu totalement miséricordieux, Pére très aimant et pardonnant ? En s’enfermant dans des interprétations intouchables, les églises officielles ne rendent-elles pas un très mauvais service à une humanité en marche vers toujours plus de raison et de doutes ?

Nos bêtes et nos plantes

Elles ont bien profité de la présence de nos petits-enfants : visites aux poules, jeux avec Bambou qui ne demande qu’à pousser le ballon, se jeter sur les objets roulants ou agités ; mêmes les plantes apprécient d’être regardées ou caressés par les petites menottes potelées et maladroites.

Marie

Tout le monde a apprécié ses menus fastueux et bien calculés, ses bûches fondant dans des bouches en feu ou celles qui réchauffent dans la cheminée en illuminant les visages contemplatifs. Merci Marie ! Et que ces rites annuels puissent durer encore avant de se retrouver en Ehpad, encalaminé dans une poussette poussive !

Hervé

Ma fille prend les devants en me choisissant le livre de Maylis de Kerangal « Réparer les vivants »,une histoire de cœurs. Réparer les vivants, c’est l’histoire d’une transplantation cardiaque vue à travers les yeux de la famille du défunt et du corps médical. C’est un roman fort, émouvant, servi par l’écriture si particulière de Maylis de Kerangal. Bouleversant et magnifique !

Le Village

Chaque rayon de soleil fait sortir les gamins en vacances qui retrouvent leur cèdre et leurs cabannes dans les bois. Chez nos voisins nomades, il nous revient de nourrir les chats en stress.

Le Monde

J’ai apprécié l’humour des paroisses cathos ou protestantes d’entourer leur crèche de barbelés ou de mettre le petit Jésus en cage grillagée pour rappeler à Trump, l’évangéliste, son accueil chaleureux des migrants et sa décision judicieuse de séparer les enfants de leurs parents. Les messages des religions et des grands Sages (je dirais même des grands Singes) ont bien du mal à pénétrer le cœur des hommes et les faire changer en frères !