Ecrit le 7 janvier 2009
Un massacre sans cadavre
« ?Je suis apiculteur professionnel depuis plus de 25 ans. Pendant les quinze premi ?res ann ?es nous »perdions" environ 5% des colonies chaque ann ?e. Depuis la fin des ann ?es 90 les pertes, comme le confirme le rapport tr ?s officiel du d ?put ? Saddier, sont, sur toute la France, comprises entre 25 et 50% ?(?cf. : ?rapport Saddier octobre 2008).
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La perte d’insectes pollinisateurs indispensables ? la multiplication de 80% des esp ?ces v ?g ?tales et ? l’existence de plus de 35% des ressources alimentaires mondiales, est tr ?s inqui ?tante.
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Cette situation m ?rite peut- ?tre quelques minutes d’attention et que vous r ?clamiez, avec nous, qu’un principe de pr ?caution soit appliqu ? d ?s maintenant sur les produits insecticides que nous mettons en cause ?" dit Patrick p ?r ?s apiculteur ? Villep ?t.
Les premi ?res traces de colonies d’abeilles an ?anties brutalement remontent au XIXe si ?cle. Mais la situation actuelle pr ?sente des caract ?ristiques particuli ?res. Ph ?nom ?ne plan ?taire, la disparition des abeilles est spectaculaire : du jour au lendemain la ruche se vide et l’on ne retrouve que peu ou pas de cadavre.
On manque d’ouvri ?res
Ce syndrome d’effondrement des colonies est caract ?ris ? par une absence d’ouvri ?res, seules restent la Reine qui continue de pondre et quelques jeunes abeilles.
Les rares adultes encore pr ?sents sont infest ?s par diff ?rents virus pathog ?nes et des champignons. Le couvain (ensemble comprenant les larves, les pupes, et les œufs) est bien ferm ? et il subsiste des stocks de nourriture (miel et pollen). Curieusement, ils ne sont pas pill ?s par les autres abeilles et ne sont attaqu ?s que tr ?s tardivement par les parasites.
Dans les ruches sur le point de s’effondrer, on observe que les ouvri ?res sont de jeunes adultes, leur nombre ne suffit plus ? soigner le couvain et l’essaim refuse de consommer la nourriture apport ?e (sirop de ma ?s ou autres suppl ?ments).
Que se passe-t-il donc ? On ?voque des abeilles affaiblies dans un environnement d ?favorable.
Gaucho et r ?gent
En France, en 1993, les apiculteurs constatent une baisse importante de la production de miel. Ils pointent du doigt l’utilisation du Gaucho, insecticide utilis ? en enrobage des semences. Celui-ci est interdit, comme l’est le r ?gent un peu plus tard. Mais les industries chimiques ne sont pas ? court d’id ?es : c’est maintenant le Cruiser qui fait des ravages. Gaucho, r ?gent, Cruiser sont des produits « syst ?miques » : la substance active p ?n ?tre dans la plante et se diffuse par la s ?ve, elle peut migrer vers les pollens et nectars.
Une partie de la communaut ? scientifique estime aussi que les abeilles sont progressivement intoxiqu ?es et affaiblies par diff ?rents autres insecticides.
Les abeilles sont aussi victimes d’agents naturels tels que des parasites appartenant ? la famille des acariens. Elles subissent de redoutables propagations de champignons et sont affront ?es ? des insectes pr ?dateurs (col ?opt ?res, frelons asiatiques). Enfin les modifications environnementales et climatiques leur sont d ?favorables :
Plus de pollen, plus de plantes !
La monoculture intensive sur des centaines d’hectares, la rar ?faction des fleurs des champs et des cultures de l ?gumineuses (tr ?fle, luzerne...), l’entretien intensif des bords de route : ces pratiques appliqu ?es ? grande ?chelle convergent vers la cr ?ation d’un environnement d ?favorable aux pollinisateurs. Enfin, un changement climatique entra ?nant des s ?cheresses et des hivers plus doux affaiblirait les abeilles : elles sortiraient trop t ?t de la ruche et souffriraient du manque de pollens disponibles.
c’est alors que s’installe un cercle vicieux : moins de plantes ? fleurs amenuise les vari ?t ?s de pollinisateurs ce qui accentue davantage la rar ?faction des plantes. Une r ?cente ?tude anglo-hollandaise (2006) montre le d ?clin parall ?le des populations de pollinisateurs et des plantes ? pollen au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, sans pr ?ciser si ce sont les plantes ou les insectes qui disparaissent en premier. En Chine, dans la province du Sichuan, des producteurs en sont r ?duits ? fertiliser les fleurs de poiriers ? la main, les pollinisateurs et les plantes ? pollens de la r ?gion ayant ?t ? d ?truits par une utilisation incontr ?l ?e de produits chimiques
A l’ ?chelle mondiale, la pollinisation des cultures est estim ?e ? 153 milliards d’euros. L’enjeu est aussi ?conomique qu’ ?cologique, les pollinisateurs indispensables ? la nature toute enti ?re.
Le Cruiser autoris ?
Dans son discours de cl ?ture du Grenelle de l’environnement, le 25 octobre 2007, N.Sarkozy a d ?clar ? : « ?Il est grand temps de prendre au s ?rieux l’usage croissant de produits pesticides, dont nos agriculteurs sont les premi ?res victimes. Je demande ? Michel Barnier de me proposer avant un an, un plan pour r ?duire de 50% l’usage des pesticides, dont la dangerosit ? est connue, si possible dans les dix ans qui viennent ? ».
(source : http://www.science.gouv.fr/)
Le 15 mai 2008 l’allemagne a interdit l’utilisation de semences de ma ?s trait ?es au Cruiser. Mais le 17 d ?cembre 2008 le ministre Michel Barnier a donn ? l’autorisation de semer du ma ?s trait ? CRUISER, privil ?giant ainsi les int ?r ?ts de la firme agrochimiste SYNGENTA.
A signaler que le CRUISER est toxique aussi pour les oiseaux au point que l’Afssa (Agence fran ?aise de s ?curit ? sanitaire des aliments), dans son avis du mois de novembre, recommande : « ?il faut s’assurer qu’aucune semence ne repose ? d ?couvert sur le sol. Avant de soulever le semoir, il faut l’arr ?ter ? temps afin d’ ?viter des pertes de semences post ?rieures au levage ? ».
Ecrit le 7 janvier 2009
De l’utilit ? de l’action collective
Les frelons fondent sur les abeilles au moment o ? elles se posent avant d’entrer dans la ruche et les tuent avec leurs puissantes mandibules pour les manger.
Les abeilles ont donc d ?cid ? de r ?sister. Les abeilles d’Asie se rassemblent en grand nombre, entourent le pr ?dateur en formant une boule autour de lui et le tuent en produisant de la chaleur ? une temp ?rature sup ?rieure ? la temp ?rature l ?tale du frelon !
Les abeilles de Chypre utilisent une m ?thode inconnue jusqu’ici : la technique de l’ ?touffement ! Un grand nombre de gardiennes (entre 150 et 300) enserre le frelon et bloque sa respiration, ? la fois en emp ?chant ses mouvements respiratoires abdominaux et en recouvrant les orifices d’entr ?e et de sorties d’air.
Un mod ?le pour les humains !
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