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Violences, Adama, Théo et les autres

Ecrit le 22 février 2017

L’Observatoire des Libertés, à Nantes, dans un communiqué du 15 février 2017, écrit :

Mercredi 8 février 2017, à Nantes, s’est tenu, à l’appel de réseaux sociaux, un rassemblement en soutien à Théo, jeune d’Aulnay-sous-Bois victime de violences de la part de policiers en exercice. Environ 400 personnes y ont participé. Alors même que, selon la presse et les témoignages, le rassemblement se tenait dans le calme, les forces de police ont commencé à faire pression, par leur nombre (au moins 16 fourgons de CRS) et par la mise en place des barrages filtrants aux entrées de la place du Bouffay.

Lorsque les participants sont partis en manifestation, la tension a monté, les forces de police lançant des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants et encerclant une partie d’entre eux sur le parking de la Petite Hollande ; des personnes ont été frappées à coup de matraque.

Vingt personnes ont été interpellées puis gardées à vue une journée dont seize à qui l’on ne reproche aucune violence mais qui ont refusé de se soumettre aux contrôles d’identité. Ces dernières ont ainsi été arrêtées au seul motif qu’elles étaient manifestantes.

L’Observatoire nantais des libertés dans l’état d’urgence s’est, à plusieurs reprises, élevé contre les interdictions de manifester qui se sont multipliées depuis le printemps dernier (7 manifestations appelées par des réseaux sociaux ont été interdites du 19 mai au 26 septembre). Il con-teste aujourd’hui cette atteinte au droit de manifester avec la mise en place de barrages filtrants, le blocage de la manifestation, l’arrestation de manifestants sans que rien ne leur soit reproché.

Ces événements s’inscrivent dans le contexte général de l’état d’urgence qui conduit à des dérives sécuritaires et dans celui particulier, en lien avec la question des contrôles au faciès, des violences commises par des policiers à Aulnay-sous-Bois qui portent atteinte à la sécurité des citoyens et à la crédibilité de la police elle même. Les citoyen.nes souhaitent bénéficier d’une police respectueuse des personnes et de leurs droits, garante des libertés et de la sécurité publique.

Nous avons le sentiment que les choses se sont passées ainsi, pour la manifestation du 8 février, comme s’il y avait eu un traitement particulier par les forces de l’ordre car son objet concernait des comportements de policiers. En revanche, la manifestation du samedi 11 février à Nantes sur la même question, à l’appel également de réseaux sociaux, a pu avoir lieu.

L’Observatoire nantais des libertés dans l’état d’urgence appelle à la vigilance permanente sur l’exercice des droits et des libertés dont le droit de manifester :
observatoirelibertesnantes@rezocitoyen.net


Ecroit le 22 février 2017

 Adama, Théo et les autres

Un collectif d’artistes contre l’impunité, déclare, le 14 février :
Le 19 juillet 2016, Adama Traoré tente d’échapper à un contrôle d’identité parce qu’il n’a pas ses papiers sur lui et qu’il connaît la violence susceptible d’en découler. Interpellé, Adama est plaqué et maintenu au sol par trois gendarmes qui pèsent de tout leur poids sur son corps. Les militaires notent qu’Adama se plaint de ne pas pouvoir respirer, ils l’embarquent dans leur fourgon où il perd connaissance. Plutôt que de le transporter à l’hôpital, ils poursuivent leur route vers la gendarmerie.

Ce 19 juillet 2016, vers 17h45, Adama Traoré disparaît entre les mains des forces de l’ordre. Selon la version officielle, les pompiers constatent le décès d’Adama à 19h05. Mais rien n’est dit à la famille. Le procureur de la juridiction évoque « une infection très grave », un « malaise cardiaque » et la présence d’alcool et de cannabis dans le sang d’Adama. Autant d’affirmations qui seront rigoureusement démenties, ensuite, par les expertises médico-légales !

Mépris, esprit de revanche et parti-pris aveugle, c’est le message que les pouvoirs publics renvoient depuis sept mois à la famille et aux habitants de Beaumont qui ont manifesté massivement leur solidarité. Longtemps interdite, finalement organisée, la marche blanche réclamant vérité et justice pour Adama a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Une mobilisation sans précédent dans cette commune paisible de 9600 habitants, derrière une famille qui ne réclame aucun privilège, aucune exception mais exige la stricte application du droit républicain : la vérité sur la mort d’une victime quand la violence des force de l’ordre est en cause et la mise en examen de ceux qui en sont responsables.

Le 2 février 2017 à Paris, des rappeurs solidaires donnaient un concert de soutien Justice pour Adama. Ce même jour, Théo Luhaka, 22 ans, subissait la barbarie de l’agression policière qui révolte aujourd’hui le pays.

Dans un témoignage à l’Obs, Mohamed, ami de Théo, 22 ans, raconte avoir été passé à tabac par des policiers dont l’un a participé au viol présumé de Théo le 2 février dernier à Aulnay-sous-Bois. « Les agents me menottent, me balayent au sol, m’écrasent la tête, me donnent des coups de genou dans les yeux, je voyais mon sang au sol, j’essayais de ramper », explique le jeune homme qui a passé 24 heures en garde à vue et qui s’est vu prescrire 5 jours d’interruption temporaire de travail (ITT).

Le Guardian-vidéo, basé à Londres, publie un reportage sur le combat de la famille du jeune Adama Traoré, et évoque, à la fin, l’agression subie par Théo

Ce reportage se conclut ainsi : « l’affaire Adama a remis la lumière sur la question de la brutalité policière en France (…). Adama et maintenant Théo sont devenus les symboles d’une France divisée ».

Belle image que nous avons à Londres !

Les témoignages se multiplient de jeunes « contrôlés » de façon violente, pour rien. « Le contrôle typique, c’est quand tu marches dans les couloirs du métro et que des policiers te demandent de te plaquer contre le mur, de vider tes poches et te palpent devant tout le monde. C’est une succession d’humiliations systématiques. Comme je suis blanc, ça ne m’arrivait qu’une fois par jour ; mes potes noirs et arabes, c’est huit à dix fois. Pour échapper à ça, il m’est arrivé de me barrer en courant, même si je n’avais rien à me reprocher », raconte un jeune dans Reporterre. Certes, c’est une minorité de policiers qui agit avec brutalité. Mais la majorité la couvre. S’ils étaient dénoncés par leurs collègues, les policiers violents pourraient être considérés comme des brebis galeuses. En attendant, ce qu’on voit, c’est une police qui fait corps.


Ecrit le 22 février 2017

 Les nuits agitées de Châteaubriant

Retour sur l’histoire …. Le 3 octobre, le maire a écrit au commissaire de police : « J’ai eu le regret de constater que la surveillance a été absolument nulle pendant la nuit du 27 au 28 septembre à la suite de la kermesse. Il en est résulté que sur 1000 ballons ou lanternes vénitiennes, 850 ont été détruits à coups de bâton par des gamins ou des ivrognes qui se sont livrés pendant toute la nuit à des chants et à des actes de vandalisme. Des mâts décoratifs ont été arrachés, des drapeaux ont été volés, d’autres brisés. Je compte que, dimanche prochain, de pareils faits ne se renouvelleront pas. Les fêtes de nuit sont assez rares à Châteaubriant pour que vous puissiez exceptionnellement exercer ou faire exercer par vos agents une surveillance sérieuse. Il suffirait de dresser des procès-verbaux contre deux ou trois délinquants pour éviter le renouvellement de ces scènes ridicules »

[C’est une lettre du maire, Blaise, en date du 3 octobre 1896 avisant le commissaire de police d’avoir à exercer une surveillance plus importante lors de la fête franco-russe prévue à Châteaubriant pour l’arrivée en France de Nicolas II empereur et de l’impératrice de Russie, le dernier empereur avant la révolution bolchevique de 1917].