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Vous n’aurez pas d’état de grâce

Ecrit le 17 mai 2017

 Cent jours

Cent jours : habituellement les électeurs donnent 100 jours à leur Président pour fixer les orientations de son mandat. C’est souvent ce qu’on appelle : l’état de grâce ! François Hollande n’a jamais connu ce temps d’accalmie. Emmanuel Macron l’aura peut-être car il est « bien vu » par les puissances financières, par les grands patrons, par les économistes, par les gouvernements des pays étrangers. Il faudra maintenant qu’il recueille la confiance des « petites gens ».

 CFDT

Laurent Berger, de la CFDT, l’a prévenu : « Lors de cette élection, les Français ont exprimé autant de peur et de défiance que d’attentes et d’espoir, auxquels il faut répondre. Ce qui s’est exprimé, c’est aussi une aspiration à la fraternité, à la solidarité et à l’amélioration des conditions de vie et de travail face à la précarité, au chômage et à la pauvreté ». Le leader syndical avertit Emmanuel Macron qu’il ne disposera d’aucun état de grâce et rappelle que l’urgence est d’abord de créer des « emplois de qualité ».

« Pour cela, il ne suffira pas d’encourager les ’success stories’ et les aventures individuelles. Une nouvelle réforme du code du travail, surtout si elle est menée sans concertation, ne peut pas non plus être une recette miracle » ajoute-t-il en conseillant : « Partagez le pouvoir ! Donnez de l’air à notre société ! Laissez de l’espace aux organisations dont la mission est de faire entendre la voix de ceux qui n’en ont pas. Faites confiance aux organisations qui permettent aux individus de s’organiser ensemble pour peser sur leur avenir ! »

 Haï

François Ruffin, réalisateur du film « Merci Patron », a écrit à Emmanuel Macron :
« Ça m’a frappé, vraiment, impressionné, stupéfait : vous êtes haï », « avec votre cour, avec votre campagne, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappés de surdité sociale ». « et je suis inquiet pour mon pays, pour dans cinq ans ou avant : que ça bascule vraiment, que la fracture sociale ne tourne au déchirement. Vous portez en vous la guerre sociale comme la nuée porte l’orage. À bon entendeur », termine-t-il. 

 CGT

Philippe Martinez, CGT, déclare : « Personne ne conteste la victoire d’Emmanuel Macron, mais il faut bien prendre en compte la façon dont se sont déroulés le premier tour et le second tour. Il y a eu beaucoup d’abstention, il y a eu beaucoup de votes blancs et nuls. Il faut bien étudier le message qu’ont fait passer un certain nombre de Français. Et l’humilité du président doit être visible. Nous lui demandons de prendre en compte les aspirations des salariés, des privés d’emploi, des citoyens en général. Nous avons beaucoup attiré l’attention sur la menace du Front national. Mais en 2002, c’était la même chose. Alors pourquoi 15 ans après, sommes-nous dans la même situation ? C’est à cette question qu’il faut répondre. Continuer les mêmes politiques de remise en cause des droits des salariés, de privation des droits de chômeurs, c’est le risque d’avoir une situation qui se renouvelle, voire qui s’empire. Il faut changer un certain nombre de choses dans la façon de diriger ce pays ».

 LDH

La ligue des Droits de l’homme, dans un communiqué, parle d’un « contexte périlleux ». « Les dix millions de voix qui se sont portées sur la candidate du Front national, la radicalisation de la droite dite républicaine qui a marqué la campagne et l’enracinement dans le débat public des idées d’extrême droite, avec ce qu’elles charrient d’esprit de fermeture, de racisme, de discriminations et de violence, constituent autant de facteurs préoccupants pour l’avenir ». (…) « Les peurs et souffrances qui taraudent le pays et l’opinion publique appellent des réponses de justice sociale, une solidarité en actes, un développement humain garant de sécurité pour toutes et tous. Cela nécessite une ouverture solidaire au monde »

Dans ce cadre, la Ligue des droits de l’Homme souligne que l’égalité des droits doit demeurer le cœur battant du contrat républicain. Elle rappelle que la liberté, toujours, doit prévaloir sur la tentation d’un horizon rabougri au sécuritaire. Elle réaffirme que la fraternité est plus que jamais à défendre face aux politiques de haine et d’exclusion, face à la mise en concurrence de tous avec tous. Faire face à cette triple exigence renvoie à l’urgence de choix et de politiques de solidarité.
Dessin de Hermann - Suisse

 Demain

Philippe Grosvalet, président du Conseil Départemental 44, déclare : « Le nouveau quinquennat doit être un rempart à tous les réactionnaires. Pour cela, notre pays a besoin d’une gauche forte, fidèle à ses valeurs et tournée vers l’avenir. Au cœur de la gauche, le Parti socialiste doit renouer au plus vite avec les Françaises et les Français. Le rendez-vous des élections législatives sera important, décisif même. Le Parti socialiste doit y prendre sa part. Je le ferai en menant campagne auprès des candidats de terrain qui défendront un projet humaniste et progressiste pour l’avenir de la France. ».

Christophe Clergeau déclare, lui, « J’ai soutenu Benoît Hamon au premier tour ; j’ai donc des divergences, parfois importantes, avec le projet d’Emmanuel Macron. Mais mon attitude sera dictée par deux principes : le respect du suffrage universel, il est le Président élu, et l’intérêt de notre pays. Se réfugier a priori et au nom de nos divergences dans l’opposition n’est pas une option envisageable. Les socialistes doivent se placer dans la perspective de participer à une majorité parlementaire autour du Président de la République tout en restant fidèles à leur histoire et à leurs valeurs, c’est leur responsabilité.

Pour ancrer à gauche le mandat d’Emmanuel Macron, pour mobiliser l’expérience des socialistes à la tête de l’État et dans les collectivités locales, nous avons besoin d’un groupe parlementaire socialiste fort qui sera à même de négocier un accord de législature autour du Président de la République pour les cinq années qui viennent. (…) Cette force politique est à inventer dans la clarté, cela demandera beaucoup de remises en cause, de courage, et ne pourra aboutir sans dialogue et sans partenariats. ».

Pour le mouvement Ensemble ! : « l’essentiel est d’agir pour en finir avec les politiques néolibérales et néoconservatrices des gouvernements qui se sont succédé depuis quinze ans, qui n’ont apporté aucun progrès social pour le plus grand nombre et remis en cause nombre de libertés fondamentales. En empirant ces choix, la politique de Macron accentuera les injustices et le danger du FN  , si elle n’est pas combattue et rejetée par une alternative de gauche et écologique ».

« Les prochaines élections législatives seront décisives pour faire vivre l’espoir qui a émergé au premier tour de la présidentielle avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Nous devons faire élire des représentant.es d’une gauche véritable qui combattra la politique de Macron et travaillera à une alternative. Rien n’est joué d’avance. Il faut empêcher Macron d’obtenir une majorité de député.es alliant des secteurs de la droite traditionnelle et la droite du Parti socialiste, qui continuerait et aggraverait les politiques du quinquennat de Hollande ».

 ATTAC

ATTAC déclare : « Qu’on se le dise : Emmanuel Macron ne sera pas un rempart au Front national. Au contraire, les mesures qu’il préconise risquent de renforcer l’extrême-droite. Le « président manager » entend « lever les blocages » de notre économie en démantelant le droit du travail par ordonnance, en supprimant plus de 125 000 emplois publics, en signant l’accord commercial de libre-échange Union européenne-Canada (CETA), en remettant en cause des règles prudentielles bancaires établies après la crise financière ou en poursuivant les cadeaux aux grands actionnaires et aux entreprises. À cela s’ajoute le vide sidéral de son projet en matière de transition sociale et écologique, son soutien à l’Europe forteresse – au mépris de la solidarité avec les migrant·e·s – à une Europe de l’austérité au service des multinationales et non des peuples. Emmanuel Macron incarne toutes ces politiques que nous combattons depuis des années ».

Les mouvements sociaux doivent porter un regard lucide sur les raisons de leurs échecs passés à faire obstacle aux politiques néolibérales et ne pas attendre 5 ans de plus pour construire un mouvement porteur d’espoir et d’alternatives face aux politiques inégalitaires et aux idées xénophobes de la préférence nationale ».
A la lecture de ces communiqués, on voit que rien ne sera simple, tant sont nettes les divergences entre la droite et la gauche.

 Coup de balai

La caractéristique de l’élection présidentielle 2017, c’est l’élimination des « grands » partis traditionnels : les Républicains à droite et le Parti Socialiste à gauche. Et comme on ne sait pas avec qui E.Macron veut gouverner, on assiste à une véritable danse du ventre de députés, de droite et de gauche, s’offrant au mouvement « La République en Marche ». Depuis le soir du second tour, les équipes du nouveau président croulent sous les flatteries et les offres de services. Et certains de ceux qui n’avaient hier pas de critique assez dure contre Emmanuel Macron se pressent autour de lui pour plaider leur cause et sauver leur place. Le pire est peut-être un certain Manuel Valls qui, sans honte, se voyait bien député de la Majorité Présidentielle sans pour autant remplir les critères pour être candidat. Cette désinvolture Vallsienne, qui fait penser au Sarkozysme, est choquante.

A droite aussi des députés sont aussi macron-compatibles !

Le mouvement « La République en Marche » a fixé des critères, notamment la parité complète (y compris dans des circonscriptions gagnables) et le renouvellement du personnel politique en place, la probité, la pluralité politique et l’accord avec le projet, en signant un « contrat avec la nation ». Sur les 428 premiers candidats, on note :
– 24 députés sortants, dont Yves Daniel dans notre circonscription.
– plus de la moitié des sélectionnés viennent de la « société civile ».
– 95 % d’entre eux ne sont pas des députés sortants.
– moyenne d’âge 46 ans,
– parité respectée avec 214 hommes et autant de femmes

Il reste 149 candidats « En Marche » à annoncer.

Renouvellement ? Oh oui ! Les Français en ont assez des professionnels de la politique, qui ne savent souvent que faire des discours et qui ignorent tout de la vie de leurs électeurs. Alors un grand coup de balai est indispensable. Fini le cumul des mandats, interdit d’être député, ou sénateur, pour plus de deux mandats.

Et si on imposait aux députés un stage de vie pratique ? Deux mois au début du mandat ou un mois par an, incognito, dans une entreprise, avec le salaire ordinaire du poste de travail. Ce pourrait être : agent des services hospitaliers, chargé du ménage. Ce pourrait être : magasinier dans une grande surface, chargé de la mise en rayon. Cela pourrait être : manœuvre-terrassier dans une entreprise de travaux publics. Ce pourrait être aussi dans l’un des nombreux postes en mal de candidats.