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Scandales politiques : c’est l’histoire d’un mec ...

Ecrit le 8 août 2018

 C’est l’histoire de violences

… des violences policières si fréquentes qu’on ne s’en étonne plus. Le 1er mai 2018 une vidéo intitulée « Alerte violences policières tabassage gazage quartier latin » était en ligne sur YouTube sans que cela prenne plus de proportions, signe révélateur d’une forme de banalisation des violences policières, des violences qui seraient normales dans l’opinion française. 

Le 17 février 2017, six experts mandatés par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, s’appuyant sur trois affaires précises, avaient déjà souligné des abus de la police, interpellant le gouvernement français sur « l’usage excessif de la force par la police concernant trois personnes d’origine africaine ». Les experts se disaient alors « particulièrement préoccupés par le fait que (…) ces incidents ne sont pas isolés ». Cette « stratégie de harcèlement » apparaît « sans fondement ». Une étude publiée en janvier dans le British Journal of Criminology montre que les contrôles policiers n’ont pas eu d’impact sur la délinquance à Londres. Une hausse de 10 % des contrôles sur un mois est associée à une diminution de la criminalité de 0,32 % le mois suivant : un résultat bien marginal. Des études menées à New York et à Chicago sont parvenues à des conclusions similaires.
Lire ici : https://frama.link/v-police

 L’histoire d’un mec …

Malgré cette banalisation, voici que débute l’affaire Benalla. Car le 1er mai, coiffé d’un casque à visière des CRS, Alexandre Benalla, proche collaborateur du président de la République, est filmé en train de s’en prendre violemment à deux manifestants en marge du défilé, place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. C’est lui, l’homme violent de la vidéo ci-dessus. Le scandale éclate alors.
Résumé de l’affaire 

C’est en réalité une quadruple affaire :
1 – les violences,
2 – l’usurpation de fonctions,
3 – le rôle de chargé de mission
4 – la tentative de dissimuler les choses.

L’homme n’est pas clair, c’est sûr. Alors qu’il n’était qu’observateur, il portait un bandeau « police » ce qui est illégal. Par ailleurs il disposait d’un badge pour entrer à l’Assemblée Nationale et y est même entré deux fois alors qu’en principe il était mis à pied. Il disposait d’un passeport diplomatique. Il a tenté de récupérer sa voiture de fonction, mise en fourrière, dans sa période de mise à pied. Il possédait chez lui des armes non déclarées. Agé de 26 ans, il était lieutenant-colonel dans la réserve citoyenne de la gendarmerie comme « personne-ressource dans le cadre de réflexion sur la protection des personnels et infrastructures ». Il a eu connaissance de films d’une caméra de « vidéo-surveillance », ce qui est illégal. Les enquêteurs ont trouvé chez lui un document « confidentiel » daté du 5 juillet : une « proposition de plan de transformation des services » évoquant la réorganisation de la sécurité du président de la République. Etc.

Bref, Alexandre Benalla est loin d’être clair, tout comme son acolyte Vincent Crase, employé de La République en Marche, officier de réserve dans l’armée de l’air, puis chef d’escadron de réserve, grand amateur d’armes, présent aux côtés de Benalla dans les vidéos tournées pendant la fête du Travail et porteur, illégalement, d’une arme à feu. En avril 2016 A.Benalla et V. Crase ont créé ensemble la Fédération française de la sécurité privée (dissoute en juillet 2017).

De plus A.Benalla a une tare, aux yeux de l’opinion publique : il est issu d’une famille défavorisée ce qui ne l’empêche pas d’avoir de l’ambition : en classe de 3e, à l’âge de 14 ans, il décroche un stage d’observation de trois jours auprès du Service de protection des hautes personnalités. Titulaire du baccalauréat et d’une licence en droit, il est surtout intéressé par les questions de sécurité où il montre une efficacité certaine lui permettant de se rendre indispensable jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Il aurait pu y rester, discret. Mais la proximité du pouvoir lui est montée à la tête. Il a cru y avoir le droit de faire tout et n’importe quoi.

La République en Marche
La maison du Dessin de Morges, près de Lausanne (Suisse) présente « Dessine-moi un Macron », exposition rassemblant une centaine de caricatures du chef de l’Etat, œuvres de 77 dessinateurs de presse.

Cette histoire est révélatrice d’un système de gouvernance lié à la personnalité du Président. Ce qui est en jeu, et publiquement, c’est sa façon de gouverner, hypercentralisée, régalienne et peu à l’écoute des gens. Le trône jupitérien a vacillé.

 L’histoire de la haine

Dans cette histoire Benalla, comme trop souvent en France, on retrouve les manifestations de la haine, notamment sur les réseaux « sociaux ». Ce n’est pas de la critique, c’est de la haine avec menaces et injures à caractère sexiste et antisémite. L’évêque de Gap, Mgr Xavier Malle, en a été lui-même victime. Le 26 avril 2018, il a lancé un appel à la solidarité nationale pour organiser l’accueil des migrants mineurs isolés, et a été surpris de la violence de certaines réactions, jusqu’à une menace de mort. Un vent mauvais souffle sur notre pays.

 Histoire de femmes

Il faut reconnaître que les femmes sont très fréquemment la cible des insultes sur les réseaux ‘sociaux’ dès qu’elles pren-nent la parole, y compris sur des sujets communs comme de simples tutoriels sur YouTube. Des scandales secouent actuellement certaines casernes de pompiers pour des faits de harcèlement sexuel, voire de viol. La célèbre école EM Lyon, école de commerce de renom, déjà épinglée l’an dernier pour harcèlement sexuel, fait l’objet d’une enquête en raison de la révélation d’un listing sexiste dans lequel des étudiants lyonnais répertoriaient « les plus belles » jeunes femmes de l’école via un fichier Excel. Les garçons pouvaient y accéder une fois acceptés sur un groupe Facebook dédié à cet effet. 

Près de 450 étudiantes étaient passées au crible à leur insu. Leurs données personnelles y étaient même partagées. Adresse mail et lien du profil Facebook par exemple. Et en commentaire, les étudiants évaluaient le sex-appeal de leurs camarades féminines, discutaient origines ou opinions pour au final leur mettre une note, de 2 à 19 sur 20. 

En février 2016, le Nouvel Obs rapportait l’existence du site Bestassas.com, qui permettait d’élire les cent plus belles filles de première année inscrites à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas. L’Unef avait à l’époque exigé la fermeture du site, jugé sexiste.

 C’est l’histoire des armes

Le monde moderne donne à la violence des moyens plus étendus. Le groupe américain Defense Distributed, a publié le 27 juin sur internet les plans permettant de fabriquer une arme avec une imprimante 3D. Le gouvernement fédéral a autorisé cette publication. L’objet est en plastique mais fonctionne comme une arme bien réelle. Il est potentiellement intraçable et indétectable par les détecteurs de métaux.

Une vingtaine de procureurs d’Etat ont écrit à l’administration Trump pour dénoncer l’accord passé avec Defense Distributed, qu’ils considèrent comme « profondément dangereux » et de nature à « avoir un impact sans précédent sur la sécurité publique ». La justice a temporairement suspendu cette publication.

Aux Etats-Unis, environ 30 000 personnes meurent chaque année à cause d’armes à feu.

BP