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Accueil > Thèmes généraux > Condition ouvrière et/ou salariale > La CGT à Châteaubriant : 70 ans

La CGT à Châteaubriant : 70 ans

Ecrit le 23 mai 2018

Vendredi 25 Mai 2018, à 18 h sera inaugurée l’exposition de l’Union Locale CGT avec deux volets :
1/ les 60 ans de l’union locale CGT
2/ Mai 1968
C’est en 1958 que trois militants ont acheté une grange d’une valeur de 5000 francs, sur la place des Terrasses, au début de la rue de la gare. C’est l’origine d’un développement et de la place de la CGT à Châteaubriant.

Le cahier de compte-rendus de la commission exécutive de l’union locale CGT est un document datant de 1946, écrit à la main et à la plume, à l’encre violette ou bleue. Il retrace les décisions et orientations des militants des syndicats professionnels. Le premier secrétaire général de l’union locale CGT de Châteaubriant, venant de la fédération des cheminots, s’appelait Beckaert en 1946, Pendant cette période il y avait à Châteaubriant une forte présence de cheminots, maintenance et transport de marchandises.

C’était le temps où il fallait reconstruire et organiser la vie des habitants de Châteaubriant et des environs après la deuxième guerre mondiale. Les camarades s’organisaient pour apporter leur générosité, leur connaissance de la situation des salariés dans les entreprises, salaires, conditions de travail, besoins. Ils ont même mis en place en 1946 une commission professionnelle d’apprentissage suivie par le camarade Auguste Barat.

Malgré les difficultés financières, les camarades de la CGT organisaient des collectes au profit des veuves, pouvant aller jusqu’à l’abandon d’une heure de travail, le patron des entreprises versant la même somme.

Les réunions se tenaient souvent le dimanche soir vers 21h et se terminaient très tard, même après minuit, pour aborder les courriers de réclamation ou de revendication par exemple pour les bûcherons de la forêt Pavée. Il était question aussi des congés payés, de la journée du 1er Mai et des assurances sociales, des plaintes venant des ouvriers des mines de Teillay pour le débranchage irrégulier, des réclamations des mineurs de la Brutz demandant à être accompagnés dans leur descente au fond de la mine, afin de pouvoir organiser les secours en cas d’accident. En 1947 un procès s’est déroulé au tribunal d’instance de Châteaubriant au sujet de nombreux décès de mineurs de Soulvache à la suite d’une maladie professionnelle pas reconnue à l’époque : la silicose.

Les luttes se développaient pour l’augmentation des salaires comme dans l’entreprise des Fours à Chaux d’Erbray où les salariés obtiennent une augmentation de 11% après 15 jours de lutte, la solidarité financière s’est organisée pour aider les salariés en grève.

En 1950, 52 licenciements à la minière de Rougé sont annoncés, une collecte de solidarité est organisée pour les Dockers de St Nazaire, plus de 33.000 francs sont collectés et 600kg de denrées ont été livrés par les camarades de l’union locale CGT de Châteaubriant dont Fernand Joly , Claude Morin, René Cloteau et René Adry
En 1953 la situation de l’emploi se dégrade, dans l’entreprise LE PECQ (cuirs et peaux) avec baisse d’horaire, les ouvriers réclament une compensation salariale, ils obtiennent un acompte de mille francs.

Dans les années 1960, 1970, 1980, 1990 et jusqu’à aujourd’hui, les luttes portent sur le maintien de l’emploi industriel, de meilleures conditions de vie. Dans l’entreprise Huard les salariés obtiennent la diminution de l’horaire à 40h au lieu de 42h30, et une augmentation de salaire horaire de 0.13 frs et la quatrième semaine de congés payés. Chez Maussion, et à Atlas Issé, ils obtiennent aussi la quatrième semaine de congés payés en 1963.

Les cheminots sont en grève pour l’amélioration des conditions de travail et contre la loi antigrève. Dans la même année ALCA, Leneveu, les services publics PTT, Municipaux, Hospitaliers, Trésorerie Impôt, etc. obtiennent satisfaction sur leurs revendications. Les années qui précédent 1968 sont marquées par de nombreuses luttes sociales, secteur privé et public : sur le pouvoir d’achat, en particulier dans une période de forte inflation, de remise en cause de conquêtes sociales, Georges SEGUY dira à cette époque «  la colère des travailleurs est en gestation ».

Vélo de René Adry avec pot de colle et brosse à coller les affiches

L’année 1968 a marqué la vie de ceux qui sont aujourd’hui en retraite et qui gardent un souvenir de luttes, de grèves, de manifestations, du début du combat féministe pour l’égalité des droits, d’épanouissement, de culture, de liberté, de solidarité et d’émancipation. Comme partout en France les Castelbriantais se sont mobilisés avec leurs syndicats locaux et le monde agricole qui a permis de tenir pendant plusieurs semaines. Dans les entreprises, se mettent en place des Comités de grève qui gèrent le quotidien, la sécurisation de l’outil de travail pour éviter toute tentative d’intrusion extérieure et protéger l’outil de travail. Le comité central de Châteaubriant se situait pas loin de l’union locale CGT, à quelque pas, son rôle était de distribuer des denrées données par les agriculteurs, de fournir des bons d’essence dans la station désignée, aux médecins, ambulanciers, pompiers, en accord avec le comité de grève de la raffinerie de Donges.

1968, a permis aux salariés d’obtenir de nombreuses avancées, le taux horaire est porté à 3 francs, soit une augmentation de 35%, le salaire de l’agriculture augmentera de 38%, le droit syndical est reconnu dans l’entreprise etc… 

Mais la situation de l’emploi se dégrade, deux ans après 68, PTT 40 emplois en litige, licenciements Huard, Leneveu, Atlas, Fonderie Ragneau plus de 300 emplois menacés. Les grosses entreprises de Châteaubriant et environs perdent de plus en plus d’emplois, alors qu’il y avait à l’époque chez Huard 1000 salariés, Fonderie Huard 500 salariés, Provost 500 salariés, Atlas Issé 400 salariés, De nos jours les mines, le secteur habillement ont disparu et de petites industries qui faisaient vivre de nombreuses familles.

Grâce aux luttes, des entreprises se maintiennent avec la mobilisation de la CGT et d’autres syndicats, des Castelbriantaises et le soutien des commerçants lors des mouvements sociaux pour défendre l’emploi chez Huard, Focast, Novembal, pour proposer au ministère de l’industrie des projets de développement pour notre localité. Un des exemples que nous pouvons citer, la fonderie Ragneau qui aujourd’hui s’appelle la FMGC : si la CGT n’était pas intervenue auprès de la Préfecture cette entreprise disparaissait.

On pourrait citer d’autres exemples Huard, Focast,Tetrapak : là où une organisation syndicale est forte et force de propositions nous obtenons des avancées.

Dans cette exposition vous verrez la transformation d’une grange pour arriver à ce bâtiment financé par les syndiqués et un prêt de l’union Départementale CGT de Loire Atlantique, Le temps des travaux, nous avions quitté ce lieu, pour aller dans des salles prêtées par la mairie (dans l’ancienne école d’Aristide Briand) pendant quelques mois.

Dans cette exposition, des documents, photos, des affiches sont disposés dans les salles qui mettent en avant l’activité des militants actifs, retraités, secteur public, secteur privé, qui ont laissé du temps bénévolement sur leur vie privée et de loisirs.

Je ne pourrai pas nommer tous les camarades, Sans eux nous n’aurions pas eu ce local des syndiqués, rendez-vous des luttes et de débat et d’orientation pour la satisfaction de leurs revendication.

Vive la CGT et que cette union locale continue à perpétuer cette envie d’être à l’écoute des salariés du castelbriantais et de sa Région dont nous avons la responsabilité, Nozay, Derval, canton Moisdon la Rivière, canton de Rougé, canton de Saint Julien de Vouvantes.
Serge Adry