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Echos 2001-12

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(écrit le 21 novembre 2001)

Les alléchantes

Alléchantes : L’Académie du Châteaubriant, accompagnée d’autres confréries gastronomiques, a défilé le samedi 10 novembre 2001 dans les rues du Centre Ville, mettant quelque animation colorée dans des rues où dominent les voitures. Lors d’une réception à la mairie, Jean Seroux (Conseiller Général) a eu l’occasion de montrer sa grande connaissance des viandes bovines. Il a parlé des vaches, des broutards, des amouillantes et même des « allé-chantes ». Appellation nouvelle et non contrôlée dont tous les participants ont goûté la saveur érotique sous-jacente.


(écrit le 6 mars 2002) :

Seroux, tu dors ... ?

Le Conseil Général a consacré un numéro spécial de sa revue à la viande bovine de la Loire-Atlantique. Il a réalisé à ce sujet deux tours de force :

1) pas un mot sur le foirail de Châteaubriant, seul foirail de Loire-Atlantique, troisième marché français pour l’ensemble des gros bovins, deuxième marché de France pour les bovins maigres (sa spécialité). Mais où donc Jean Seroux, Conseiller Général, avait-il la tête pour oublier de parler du foirail ?

2) pas un mot non plus, au niveau des recettes culinaires, sur « le châteaubriant » ce succulent pavé de bœuf connu dans le monde entier. Mais où donc Jean Seroux, membre de l’Académie du Châteaubriant , avait-il la tête pour oublier d’insister sur ce sujet ?

La tradition bovine a fait salon

En revanche, l’Académie du Châteaubriant a remporté un vif succès sur le stand du Conseil Général de Loire-Atlantique, les 2 et 3 mars 2002, au Salon de l’Agriculture à Paris, pour faire déguster aux visiteurs la viande de « Tradition bovine du Pays de Châteaubriant   » avec André Sinenberg comme grand spécialiste, assisté en relais de Pierre et Yvette Mainguet, Norma Nohra, Christophe Grandière (producteur du groupement « Maîtres herbagers de Châteaubriant »), Martine Buron, Noêlle et Xavier Ménard et ... Jean Seroux .


(écrit le 21 novembre 2001)

Censure : tout finit par se savoir. Le 23 octobre dernier, la bibliothèque municipale de Châteaubriant avait programmé le spectacle « L’ivre de lecture », histoire d’un jeune homme qui, voulant séduire une jeune lectrice sur un banc public, découvre avec elle l’appétit littéraire. Au cours de la soirée, les acteurs se sont plaints : l’affiche de leur spectacle n’avait pas été mise en ville. Explication : elle représentait une silhouette de femme avec un livre ouvert cachant chastement les attributs de sa féminité. L’affiche fut jugée trop érotique en haut lieu et interdite de diffusion. « Censure » ont dit les acteurs ! Ce n’est pas demain la veille du jour où l’on verra, dans la salle des mariages, une œuvre comme celle de Rubens, ou une reproduction de la création du monde de Michel-Ange où les attributs du corps masculin y sont, cette fois, bien visibles ...

Tout arrive : une demande de salle municipale qui a été déposée le 5 septembre 2001 a fini par être accordée le 13 novembre, soit plus de deux mois après. C’était pour un départ en retraite, cela ne posait donc pas, a priori, de problème « politique ». Et ce n’est pas le personnel qui faisait traîner les choses. Qui donc alors ? Est-ce que la personne qui demandait cette salle était « personna non grata » ?

Centralisme : de plus en plus les adjoints au maire sont mis sur la touche à Châteaubriant. Cela vire au centralisme non-démocratique ! Mais vous verrez que, bientôt, tout cela passera sur le dos du personnel ! C’est si commode de se défausser sur un subordonné !

Carton rose pour le maire

Insertion 44 est une association fondée à l’initiative   du Préfet et du Conseil Général de la Loire-Atlantique en 1996. Il s’agit de rassembler tous les acteurs de l’insertion : Services sociaux, Direction du Travail et de l’emploi, direction des interventions sociales, ANPE, élus locaux, syndicats, représentants des entreprises, associations de chômeurs, etc. Son objectif principal est de sensibiliser les entreprises à l’accueil des publics en grande difficulté en lien avec tous les partenaires de l’insertion.

La DDTE confie chaque année chaque année à « Insertion 44 » la confection de l’annuaire de l’Insertion qui est la bible des acteurs pour se retrouver dans le maquis des dispositifs. Tous les ans, la journée de l’insertion a lieu dans une ville différente, l’an dernier c’était à Saint-Nazaire. On savait depuis mars dernier que la réunion se tiendrait à Châteaubriant en novembre.

Cette journée était destinée à faire le point sur les publics en grande difficulté du territoire, et voir les solutions qui y sont apportées surtout celles qui peuvent être originales (les syndicats ouvriers n’étaient pas invités).

Alain Hunault présidait, entouré de Jean Seroux, du Professeur Jean Renard, et du président d’Insertion 44. Il y avait environ 150 personnes venant de tout le département. Le meneur de jeu était le professeur Renard qui est reconnu, nationalement, comme un spécialiste de l’espace rural et qui, à ce titre, étudie le pays de Châteaubriant   depuis 40 ans.

Passé glorieux : le professeur Renard a commencé par présenter le Pays de Châteaubriant  , ce qui n’a pas dû plaire à Alain Hunault car Renard a dit : « Les acteurs du castelbriantais ont pris conscience de leurs possibilités vers 1992. La conjoncture s’est alors renversée. Ce n’est pas le fait du hasard. Cela est dû à une volonté politique, avec la mise en place du Comité de Bassin d’Emploi qui a eu un rôle déterminant, la Cité de l’économie, la création de l’ADIC (association des industriels), les travaux de réflexion autour du Pays de Châteaubriant  . C’est une véritable dynamique qui s’est enclenchée. Je connais le Pays de Châteaubriant   depuis 40 ans, et c’est à partir de 1992 qu’il est sorti de son atonie". Bel hommage au travail de la gauche car, rappelons-le, le maire précédent, Xavier Hunault, s’était toujours refusé à la mise en place d’un Comité de Bassin d’Emploi qui lui était réclamée depuis longtemps, aussi bien par les autorités que par les acteurs locaux.

Intercom : Christian de Grandmaison, maire de Nozay, prit la parole pour en rajouter une couche. « Le Pays de Châteaubriant   a bénéficié d’une dynamique positive à partir de 1992, relayée par tous les acteurs du Pays. Le ventre mou du département, comme disait Mme Chassagne (sous-préfet) , a pris son destin en mains ». Il a poursuivi par un plaidoyer pour l’intercommunalité et un hommage au travail du Comité de Bassin d’Emploi et du Syndicat mixte du Pays de Châteaubriant   « qui ont permis à travers les fonds européens de fédérer tous les acteurs » (mais après ce plaidoyer on ne comprend plus pourquoi le maire de Nozay veut faire bande à part dans le rapprochement des communautés de communes du Nord de la Loire-Atlantique)

Mais pendant ce temps-là, Alain Hunault s’occupait de son parapheur dont tout un chacun voyait distinctement s’ouvrir et se refermer les pages cartonnées roses. (un parapheur c’est un registre cartonné dans lequel on met tous les papiers que doit signer l’élu)

Logement des jeunes : Damien Voillemot, président de l’ADIC et de l’association pour le logement des jeunes fit lui aussi l’éloge du partenariat en particulier pour le logement des jeunes. Il a parlé longuement du projet de Foyer du Jeune Travailleur de Nozay, qui est une première en zone rurale en France. Le dossier de financement n’est pas bouclé parce que ce genre de projet ne rentre pas dans les tuyaux habituels des subventions. Il est revenu sur l’expérience du Foyer du Jeune Travailleur de Châteaubriant qui dispose de 30 logements à l’extérieur (ce qui double ses capacités) et sur le travail d’accompagnement qui est fait avec les jeunes

Entreprises : Bernard Baudot présenta sommairement « Pays de Châteaubriant   initiative   » qui aide les créateurs d’entreprises artisanales, Bernard Beyer parla de la valorisation des métiers manuels, tandis que Gérard Riflet se fit applaudir pour sa présentation de l’atelier de fonderie d’art de la Hunaudière  . Yannick Chabot termina cette partie par le tourisme  .

Mais tout cela ne plaisait guère à Alain Hunault qui sortait de sa poche des petits papiers, et se replongeait dans son parapheur dont tout un chacun voyait distinctement s’ouvrir et se refermer les pages cartonnées roses.

Mobilité : La seconde partie était consacrée au logement et à la mobilité des publics en difficulté, avec un intéressant exposé des travailleurs sociaux de Nozay qui ont mené une enquête passionnante sur la mobilité des personnes âgées et des jeunes. Cette enquête met en évidence les causes de l’absence de mobilité : des problèmes de transports, de santé mais aussi des freins psychologiques chez les jeunes

On a entendu Marie-Jo Havard lire une phrase (et une seule) : « Au CCAS   on a des demandes de logements en habitations individuelles en particulier pour Deil ». (Rires sous cape dans la salle). Mais on n’a rien su de plus sur les idées, certainement géniales, de notre maire en matière d’insertion et de logement.

Les assistantes sociales (DDISS) ont pris le relais pour servir un salmigondis incompréhensible pour le commun des mortels. Cela a irrité le professeur Renard qui leur a dit : « Enfin dites-nous ce que vous faites d’innovant ? ». Dans la salle quelqu’un prit la parole pour dire à Renard, que ce n’est pas comme ça qu’on parle aux dames. Il s’excusa.

Carton rose pour le maire : on a quand même su que les problèmes de mobilité étaient récurrents dans notre région. Ce n’est pas une nouveauté.

Pendant ce temps là, Alain Hunault était toujours plongé dans son parapheur dont tout un chacun voyait distinctement s’ouvrir et se refermer les pages cartonnées roses.

La dernière partie était consacrée aux institutionnels et aux témoignages. Jean Seroux trouva que « tout ce que fait la DDISS est très bien » (en voilà au moins un de satisfait !). Le professeur Renard s’inquiéta de la complexité des dispositifs, Jean Seroux répondit que le public est tellement diversifié qu’il faut des moyens multiples, ce qui est vrai.

Pendant ce temps là, le maire de Châteaubriant contemplait son parapheur dont tout un chacun voyait distinctement s’ouvrir et se refermer les pages cartonnées roses. C’est ce que la plupart des participants ont retenu : une sorte de désintérêt du premier magistrat de la commune pour tout ce qui est partenariat, pour le travail des acteurs sur le terrain (le clientélisme lui semble sans doute plus porteur).L’image de marque de Châteaubriant en a pris un coup.

Somme toute, cette réunion sur l’insertion était « une grand-messe » apparemment inutile. Un chômeur est d’ailleurs intervenu, de la salle, pour dire qu’on n’y parlait guère d’insertion. Les présents ne retiendront que les pages cartonnées roses du parapheur du maire.