Ecrit le 17 f ?vrier 2016
Philippe Grosvalet, pr ?sident du d ?partement de Loire-Atlantique, revient sur les propos tenus par certains pr ?sidents de d ?partements concernant le Revenu de solidarit ? active (RSA ). Il dit :
" Depuis plusieurs jours, certains pr ?sidents de d ?partements, multiplient les annonces sur le RSA . Rien de nouveau pourtant dans cette surench ?re d ?magogique, ni dans les id ?es, ni dans la m ?thode. Mais peut- ?tre avions-nous oubli ?.
– Oubli ? que la solidarit ? n’est pas une valeur uniform ?ment partag ?e sur l’ ?chiquier politique.
– Oubli ? que notre mod ?le social n’est jamais acquis.
– Oubli ? de dire, haut et fort, que l’attention de la R ?publique ? tous les citoyens ne se conditionne pas.
Dans une soci ?t ? o ? le ch ?mage provoque des d ?g ?ts humains consid ?rables, les responsables politiques h ?sitent en effet ? porter un discours sur la pauvret ?.
Cependant les ?lus locaux ont continu ? d’agir, discr ?tement, sans esbroufe. En Loire-Atlantique nous menons des politiques innovantes avec les entreprises pour accueillir les allocataires du RSA . Nous mettons en place des groupes ressources pour recueillir leur parole et changer les regards. Nous avons cr ?? des unit ?s sp ?ciales pour permettre leur retour ? l’emploi.
Surtout, nous sommes convaincus que face ? des situations complexes, il n’y a pas qu’une seule r ?ponse, et assur ?ment pas de r ?ponse simpliste.
Mais en abandonnant le dire pour le faire, nous avons laiss ? un discours d ?l ?t ?re s’installer. Celui qui insinue que l’abus et la fraude sont monnaie courante, alors que ces situations demeurent tr ?s marginales. Dans les ann ?es 1980, on parlait de la fracture sociale, les injustices ?taient alors consid ?r ?es comme les principales causes de la pauvret ?. d ?sormais la pr ?carit ? est synonyme de paresse.
La r ?alit ? n’a pourtant pas chang ?. Plus les in ?galit ?s sociales grandissent, plus la pr ?carit ? s’individualise et marginalise ceux qui y sont confront ?s.
Dans une France avec 5 millions de ch ?meurs, nous savons tous que l’incitation financi ?re seule ne suffit pas ? faire d’une personne priv ?e d’emploi un travailleur. Le premier fl ?au, c’est le manque d’emplois disponibles. Le deuxi ?me, c’est un travail souvent pr ?caire et peu r ?mun ?rateur, donnant ? penser que le RSA est un privil ?ge. Chacun d’entre nous peut ?tre ?loign ? de l’emploi par des difficult ?s familiales ou des ruptures personnelles.
La solidarit ? de la Nation envers les plus fragiles, c’est ce qui fonde notre pacte r ?publicain. c’est la condition d’une coh ?sion sociale indispensable au d ?veloppement de nos territoires et de notre ?conomie.
Apr ?s les immigr ?s, les fonctionnaires, les ch ?meurs... certains ?lus de droite s’attaquent aux plus pauvres. Face ? cette « France dure », nous devons porter r ?solument nos valeurs de solidarit ? envers les plus faibles.
Nous devons redire fi ?rement notre attachement au pacte social qui permet ? chacun d’obtenir un travail quand il le peut, se former quand il en a besoin, acqu ?rir confiance et estime de soi quand c’est n ?cessaire.
Les allocataires du RSA aspirent tout simplement ? retrouver un travail, et ne doivent pas ?tre stigmatis ?s parce qu’ils per ?oivent une allocation qui ne leur permet que de survivre.
Quelle que soit la difficult ? ? traiter cette question, nous avons une certitude : conditionner une allocation ? un engagement b ?n ?vole, c’est prendre ? revers le chemin de l’insertion sociale et professionnelle et m ?conna ?tre la r ?alit ? de la pauvret ? dans notre pays. "
(fin de communiqu ?)

