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Contrats aidés

Ecrit le 17 janvier 2017

Quel modèle économique pour les associations françaises ? La baisse des « emplois aidés » est un coup de frein brutal à l’activité des associations. Les organisations et les actions du monde associatif fondées sur une ambition intergénérationnelle, visent à ce que chacun puisse accéder à une offre socioculturelle, culturelle, sportive, de loisirs, d’éducation ou encore d’accueil de jeunes enfants. Ces organisations et ces actions répondent à des missions d’intérêt général reconnues par les pouvoirs publics, y compris lorsqu’il s’agit d’embaucher et d’accompagner des personnes en contrat aidé.

Que font effectivement ces hommes et ces femmes titulaires d’emplois aidés ? Ils sont personnel auxiliaire dans les crèches, les écoles primaires, les collèges, ou lycées. Ils sont aux côtés des personnes âgées, handicapées, femmes et hommes en difficulté. Ils sont présents auprès des jeunes, des chômeurs, des migrants. Ils sont les maillons anonymes du fonctionnement quotidien des centres sociaux et de loisirs, des clubs sportifs, des associations culturelles et caritatives. Ils sont les maillons anonymes parfois invisibles de la transition écologique et contribuent au dynamisme des ONG françaises à l’étranger.

Alors comment va-t-on répondre à tous ces besoins, avec moins de moyens, moins de personnels statutaires, ou aider dans les services publics ou les associations. En finir avec les contrats aidés, c’est laisser la voie libre au marché financier du social ; un système déjà en cours qui encourage les associations à se transformer en entreprises rentables qui feront payer plein pot toute action réputée d’intérêt général ; un système qui démultiplie et affine les liens entre financiers et élus pour mieux siphonner les budgets.

En finir avec les contrats aidés, c’est donc condamner ces femmes, ces hommes, anciennement employés précaires mais titulaires d’emplois aidés à devenir « les objets juteux » de la finance mondialisée. «  Et dans leurs larmes coulera l’appétit sans limite du capital ». N’est-ce pas cela le « ruissellement » auquel certains font allusion ?

Pour éviter cela, il y a quantité de solutions, nous disent Laure Ferrand sociologue docteure à Paris V et Pierre Bitoun sociologue et essayiste mais l’une est la mère de toutes : que chacun comprenne qu’il est capital de s’unir à la ville comme à la campagne, dans les entreprises et dans les usines, dans les services publics, dans les institutions, et dans les esprits, pour en finir avec ces métamorphoses organisées de la marchandise.

Et Roland Feuvrais conclut par cette citation de Peer Paolo Pasolini, cinéaste et écrivain italien assassiné en 1975 :

« Tant que l’homme exploitera l’homme, tant que l’humanité sera divisée en maîtres et en esclaves, il n’y aura ni normalité ni paix, voilà la raison de tout le mal de notre temps ».