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Congés payés, c’est pas un luxe

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Ecrit le 10 aout 2016

 Souvenirs de juin 36

Avec le Secours Populaire, la journée des oubliés des vacances

Le bateau du militant André ROUL, trop vite parti, portait le nom de « Juin 36 ». Souvenez-vous … Cet été-là, grâce aux grèves et au Front Populaire, deux millions de travailleurs ont goûté à une liberté nouvelle : être payés à ne rien faire !

Adopté à l’Assemblée Nationale par 563 voix contre 2, le 11 juin 1936, le droit à un congé de 14 jours est adopté. Avant, les vacances, on ne savait pas trop ce que c’était. Georges raconte au journal l’Humanité, en 1976 : « Jusqu’à maintenant, seule une minorité partait. Pour aller se reposer, il fallait l’autorisation du patron, pas plus de 8 jours, non payés évidemment, et sans être sûr de retrouver sa place au retour ». Les décrets d’application de la loi tombent le 31 juillet 1936.

Août 36, les gares à Paris sont bondées, les gens qui partent ont tous le même visage. « Un regard, un sourire, on sentait que c’étaient des gens comme nous. Tout le monde se parlait. Avant que le train n’arrive en gare, on se bousculait pour voir la mer. Quand nous l’avons aperçue, ce ne fut qu’un cri de joie. On s’est mis à chanter... » . C’était la découverte d’un ailleurs, la fraternité, l’émotion partagée.

La bourgeoisie a bien tenté de s’y opposer, criant que « les congés payés vont alourdir le coût du travail », demandant que les domestiques, chauffeurs et autres gens de maison soient exclus de ce droit au congé. Mais le Parlement tint bon.
Nul ne parle plus, de nos jours, de revenir sur les congés payés. Le tourisme   est devenu une activité économique à part entière, et chacun sait bien qu’au retour des congés, dans un corps reposé, la productivité trouve une nouvelle vigueur…

Devant la porte de l’usine,
Le travailleur soudain s’arrête
Le beau temps l’a tiré par la veste…
Dis donc camarade soleil,
Tu ne trouves pas que c’est plutôt con
De donner une journée pareille au patron.
(Jacques Prévert)

A lire : La révolution prolétarienne par Simone Weil, https://frama.link/Weil – et mle journal L’Humanité du 16 juin 2016.

 C’est pas du luxe

80 % des cadres supérieurs partent en congés chaque année contre 50 % des ouvriers. (Juillet 2014 - Observatoire des inégalités).

61 % des personnes qui ne partent pas l’expliquent par un manque d’argent. (Janvier 2015 – Credoc)

En France, les inégalités continuent de se creuser, la pauvreté gagne du terrain et de moins en moins de Français partent en vacances. Pourtant, les vacances sont essentielles au bien-être de chacun.

De mai à fin août, parce que les vacances permettent de s’évader de ses problèmes quotidiens et de passer des moments inoubliables, le Secours populaire   s’engage pour permettre à tous de partir.

Quand elles vivent des moments difficiles, les familles ne pensent pas aux vacances. C’est pourquoi, le SPF les accompagne dans des projets de départs ; elles reviennent plus fortes. L’association propose également aux jeunes en difficulté, de courts séjours axés sur le sport et la culture. Pour les seniors, souvent isolés, les bénévoles organisent des séjours et des sorties.

Selon l’observatoire des inégalités, « Pour partir, il faut en avoir les moyens. 40 % des personnes aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels ont quitté leur domicile pour des congés en 2014, contre 86 % de celles qui disposent de plus de 3 000 euros. Un « budget vacances » pour une famille peut représenter plusieurs milliers d’euros : impossible pour la majorité des bas salaires ».

De nombreuses aides existent pour partir en vacances mais elles ne réduisent que faiblement les inégalités entre catégories sociales. En cause : les différences de statut dans l’emploi, la taille de l’entreprise pour les salariés, mais aussi le réseau social, le niveau de vie ou le diplôme. Ainsi les plus pauvres ne sont pas les plus aidés ! et les plus aisés ont davantage l’occasion de bénéficier d’hébergements gratuits dans la famille ou chez des amis.

80 ans après les premiers congés payés, les écarts liés aux vacances persistent.


Ecrit le 12 avril 2017

 Aide aux vacances

A l’initiative   de l’UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme   et de Plein-Air), 60 professionnels de Loire-Atlantique de l’aide au départ en vacances se sont réunis le vendredi 7 avril 2017 à l’Hôtel du département de Loire-Atlantique autour de l’enjeu de l’accès aux vacances pour tous.

Malgré la loi de lutte contre les exclusions de 1998 qui reconnaît l’accès aux vacances comme objectif national, en 2015, plus d’un Français sur deux (53,8 %) n’est pas parti au moins une semaine l’été.

Les chiffres des dernières études de la DGE (Direction Générale des Entreprises) montrent que le taux de départ en vacances diminue encore et que les inégalités face au départ en vacances se creusent, constituant ainsi un facteur d’exclusion pour les millions de Français qui ne partent pas. Entre 2013 et 2015, seul un Français sur quatre est parti chaque été plus d’une semaine et plus d’un Français sur trois n’est parti aucun des trois étés.

Pourtant, les enjeux sociétaux liés au départ en vacances sont essentiels : mixité sociale, vivre-ensemble, cohésion.

Le site www.objectifvacances.fr permet de repérer en quelques clics les aides financières existantes, d’identifier les acteurs qui contribuent à l’accès aux vacances pour tous, de connaître les hébergements touristiques solidaires, de trouver les organisateurs de séjours organisés, et de suivre l’actualité de l’aide aux départs.
Dans la Région de Châteaubriant voir du côté du CCAS   et du Relais Accueil Proximité (02 40 55 59 32)