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Présidentielles 2017, attente du second tour

Ecrit le 3 mai 2017

Cette période électorale d’entre-deux-tours est bien difficile, ça bouge de tous les côtés, de façon désordonnée. La pression est forte !

 La Droite :

– La Droite se mobilise largement en faveur d’Emmanuel Macron, y compris le maire de Châteaubriant ! Faut le voir pour le croire quand on connaît son comportement anti-démocratique ! Le réflexe républicain est malgré tout le plus fort et c’est bien.

D’autres dirigeants de Droite font de même. Cette position divise au sein du groupe politique « Les Républicains » où des démissions sont notées. Exemple Pierre Lellouche, ancien secrétaire d’Etat au Commerce extérieur. Il dénonce son ancien ami François Fillon qui, « fort de son élection à la primaire, entouré d’une camarilla de fidèles et d’ambitieux, conforté par l’hystérie d’une secte, a tenu à toute force à aller jusqu’au bout du suicide personnel et collectif ». A Nantes, Bruno Retailleau, chef de cette secte, ne se prononce pas.

 A Gauche :

– à Gauche, les positions sont très diverses. Le silence de Jean-Luc Mélenchon ne donnant pas de consigne de vote, interroge et divise ses partisans. JL Mélenchon ne manque pas de critiquer les deux finalistes de l’élection présidentielle. « Macron l’extrême finance, il va vous raboter ce qu’il vous reste d’acquis sociaux et organiser la guerre chacun contre tous au plan économique. Madame Le Pen, c’est encore pire, elle va fouiller dans les berceaux pour savoir qui est Français, qui ne l’est pas et qui ne le sera plus ; en plus de toute la charge sociale qu’elle porte contre les salariés », déclare l’eurodéputé.

Au Parti Socialiste, les députés qui avaient été privés d’investiture pour avoir choisi Macron, sont rentrés en grâce car le PS appelle désormais à voter Macron. En même temps, Manuel Valls qui avait pris le risque de faire imploser le PS, en choisissant Macron avant le 1er tour, vient maintenant d’enterrer le PS (mais de quel droit ?) en disant que « Pour le Parti socialiste, c’est la fin d’une histoire » .

 Extrême-gauche :

A l’extrême-gauche, par exemple du côté d’ATTAC, les positions sont nettes « Les partis sont morts, vive la révolte ! Les candidats l’ont compris, en menant campagne sans parti – Macron a créé une startup, Le Pen un lobby du fascisme aseptisé – nous vivons la fin d’un cycle. Sauf surprise – possible, tant la situation politique reste incertaine et l’abstention sera forte – Macron sera le prochain président français. Sa victoire ouvrira des opportunités révolutionnaires. En digne héritier de Hollande, il est condamné à décevoir. Un produit marketing ne fait jamais illusion indéfiniment. En Marche ! aura toutes les peines du monde à obtenir une majorité législative, et le candidat des banques devra donc gouverner à base de 49.3, d’ordonnances et de procédures accélérées pour mener à bien son programme de cadeaux aux riches. Son « projet » : une somme d’individualismes tristes, un agrégat d’humains précaires et obéissants, « auto-entrepreneurs », est voué à rencontrer des résistances. C’est dans ce contexte qu’il faudra, dans les jours et les semaines à venir, établir un rapport de force politique dans les têtes et dans la rue avec le prochain pouvoir ».

 Abstentions :

Des voix s’élèvent appelant à l’abstention, disant : « Voter Macron, ça s’appelle la politique du « moins pire », qui est à l’origine de la déliquescence de notre démocratie. A force d’appeler à voter contre un candidat en en favorisant un autre presque aussi exécrable mais « moins pire », on finit par voter Mitterand parce qu’il est moins pire que Chirac, Chirac parce qu’il est moins pire que J.M. Le Pen, Hollande parce qu’il est moins pire que Sarko … De moins pire en moins pire, nous revoyons à chaque fois nos exigences à la baisse pour mettre sur le trône, quel qu’il soit, des politiciens de plus en plus nuls sinon toxiques ».

 Inquiétudes

M. Dupont-Aignan, qui a fait 4,7 % au premier tour, vient de rallier M.Le Pen avec laquelle il a passé « un accord de gouvernement ». Et pourtant, dans un passé très récent, il se disait très hostile au Front National. L’envie d’un poste ministériel est donc plus forte ? M Le Pen lui a promis le poste de Premier Ministre, si elle est élue.

Serge, Beate et Arno Klarsfeld ont publié dans Libération une affiche anti-FN  . Il s’agit d’une photo d’un ciel obstrué de barbelés évoquant les camps de concentration et barrée du slogan : « Le FN   en 2017 ? Non jamais. Contre Le Pen, votez Macron ».

D’autres organisations, qui ne sont pas des partis politiques, prennent position. On sent monter une inquiétude devant la possible élection de Marine le Pen.

Pour la première fois de son histoire longue de 90 ans, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) soutient un candidat à l’élection présidentielle en appelant à voter pour Emmanuel Macron, face au « danger bien réel » du Front national.

La Ligue des Droits de l’Homme, de son côté, déclare : « Battre l’extrême-droite relève d’une urgence démocratique. Son accession à la plus haute responsabilité de la République serait une hypothèque sur nos vies et un empêchement pour l’avenir. Sa haine remplacerait la fraternité, son pouvoir tuerait nos libertés et sa domination interdirait toute égalité. Nous ne l’acceptons pas et nous appelons nos concitoyens à voter en conséquence ».

Un groupe de psychanalystes déclare dans un communiqué : « Nous défendons résolument la démocratie, les valeurs de la république, la liberté citoyenne et nous nous refusons à rester impassibles face à la montée inquiétante du parti du mépris de l’autre et de l’obscurantisme. Il est dangereux de se dire « ce n’est pas possible, elle ne passera pas » et de ne pas se sentir concernés par l’enjeu de ce vote. Voter blanc profite au FN   ».

« En tant que psychanalystes, nous ne voulons pas de la remise en ordre annoncée par LE PEN. Son élection provoquerait une atteinte à l’état de droit, aux libertés publiques, une exacerbation de la ségrégation, une fracture de la société française, une montée de la violence ».

ATD Quart Monde en 2002 avait appelé à un vote de refus de l’extrême droite. « Nous renouvelons fortement cet appel en 2017 . Nous encourageons l’ensemble des citoyens à s’engager résolument pour faire progresser en permanence la démocratie, par le respect effectif de l’égale dignité de tout être humain quel qu’il soit. La permanence dans notre pays de plusieurs millions de personnes qui subissent la misère et l’exclusion sociale est un déni de justice et de démocratie ».

La paroisse   parisienne Saint-Merry a appelé dans un communiqué à voter pour Emmanuel Macron. « Face au danger d’un vote Front national », « le chrétien ne peut se taire ». Cette paroisse   connue pour sa tradition d’accueil et d’ouverture des personnes homosexuelles précise que sa prise de position « veut simplement exprimer notre confiance dans la possibilité de vivre ensemble dans notre société, sans exclusion. Ni le repli identitaire, ni le rejet des immigrés, ni l’isolement de notre pays hors de l’Union européenne ne constituent des fondements pour une France apaisée. »

José Bové appelle à voter E.Macron. De même que Zinedine Zidane comme il l’avait fait en 2002.

Le cinéaste Luc Besson, lui, analyse les talents d’actrice de Marine Le Pen : « L’art de l’actrice, c’est de couler sa vérité dans une situation imaginaire. Madame Le Pen joue à l’envers : elle est dans une vraie situation et ne délivre aucune vérité. Son regard est vide d’amour, de compassion, d’émotion. Elle joue mal, tout simplement. Le spectateur ne l’intéresse pas, il n’y a que son nom en haut de l’affiche qui la motive. Voilà l’arnaque que je me devais de dénoncer. Il n’y a pas de vérité dans sa démarche, juste l’envie de faire les poches à un mourant », écrit-il notamment.

Les diverses prises de position provoquent des remous. Par exemple la chaîne d’info CNews (groupe Canal+) a décidé de suspendre d’antenne sa présentatrice Audrey Pulvar pour avoir signé une pétition féministe contre Marine Le Pen et pour Emmanuel Macron. Cette pétition reproche notamment à Marine Le Pen « l’avortement qualifié de confort, la stigmatisation des femmes étrangères » ou « l’instrumentalisation raciste du combat contre l’oppression religieuse ».

 Communiqués

Dans un communiqué Thierry Lelievre, François Xavier Le Hécho, Maxime Lelièvre, responsables castelbriantais du mouvement En Marche, remercient les 79,12% de Castelbriantais qui se sont déplacés pour faire leur devoir citoyen. Ils déclarent : « Le programme LR défendu par le maire en place est battu dans sa propre ville par notre mouvement en marche qui réalise le superbe score de 28,46%. C’est un profond bouleversement de la politique locale ». Au sujet de la difficulté du maire de Châteaubriant appelant à voter Emmanuel Macron pour faire barrage à l’extrémisme de droite, le groupe déclare : « qu’il se rassure : à l’instar du Général De Gaulle, Emmanuel Macron ne se revendique ni d’un clan, ni d’un système partisan. Le meilleur exemple est notre circonscription où il a su rassembler des soutiens de la gauche démocrate, du centre et de la droite humaniste. C’est dans cet esprit de rassemblement que nous travaillerons à l’élection du candidat En Marche sur notre circonscription. Par cohérence, il faudra donner à Emmanuel Macron une majorité législative solide. C’est la condition pour sortir la France de la stagnation et retrouver le chemin du progrès ». Contact : 06.81.90.03.20

Les élus du groupe socialiste, écologiste, radical et républicain du Conseil régional des Pays de la Loire déclarent : « La présence de Marine Le Pen au second tour est une profonde inquiétude pour l’ensemble des femmes et des hommes qui portent les valeurs d’humanisme et de solidarité. Pour nous, membres de l’assemblée régionale, nous connaissons bien le Front National. Ses élus se distinguent régulièrement, dans l’hémicycle du Conseil régional, par des prises de position faites d’intolérance, de haine et de repli sur soi ».

« C’est pourquoi nous prenons nos responsabilités et nous appelons dans la clarté à voter Emmanuel Macron. C’est la seule façon d’être fidèle à nos valeurs et de défendre le 7 mai notre modèle républicain, sans rien renier de nos engagements et de nos convictions. Nous réaffirmons notre devise « liberté, égalité, fraternité » comme le seul étendard possible ».

 Balcon

A Châteaubriant, petite ville bien tranquille où les manifestations sont souvent feutrées, c’est un balcon qui prend position, dans la rue de Couëré, tout près de la permanence ouverte, au numéro 19 par Alain Hunault, candidat « Les Républicains ». Les sourires étaient crispés le 28 avril au soir, lors de l’inauguration du local.

Républicains = voleurs

Ce qui a choqué en effet, dans la population, c’est le montant des rémunérations de certains hommes politiques et de leur famille. Bruno Retailleau, qui fut le bras droit de Fr. Fillon, a dû le reconnaître (voir Ouest-France du 29 avril) : « il y a des pratiques qui étaient habituelles, qui étaient légales, mais qui aujourd’hui ne passent plus parce que beaucoup de Français souffrent et ont de petits salaires ».

 Famille

Les élections divisent les familles. C’est vrai par exemple dans la famille Hunault où Alain Hunault est candidat aux législatives avec l’étiquette « Les Républicains » et où son frère jumeau, Michel, serait candidat Front National. Un article du journal Le Monde en a déjà fait état le 10 avril 2017, mais nous, à la Mée, nous ne pouvions y croire et nous n’en avons donc pas parlé. Lire ici : https://frama.link/hunault-FN

Nous savons bien que Michel Hunault, qui n’a jamais travaillé, s’est contenté d’être un professionnel de la politique, se précipitant (au sens propre, au sens collant) vers ceux qui lui semblaient être porteurs d’avenir pour lui-même : Chirac, Balladur, Sarkozy. RPR. Il fut en effet successivement, UMP, UDF, Nouveau Centre, CNI comme le rappelle Ouest-France du 29 avril. Mais nous ne pouvions imaginer qu’il se rapprocherait du Front National. Il a tant besoin d’être élu qu’il semble prêt à tout. Bon à tout, bon à rien ?

On dit qu’il serait candidat dans les Bouches du Rhône. Il affirme haut et fort qu’il n’est pas candidat [du moins pas encore] mais il ne dément absolument pas sa proximité avec le Front National. Il y a même un cadre national de ce parti qui a déclaré que Michel Hunault leur a fait des avances depuis trois mois. A-t-il espoir de devenir ministre ?

 Macron sera-t-il élu ?

Mme Le Pen mène une campagne acharnée, se prétend « la candidate du peuple ». Elle est prête à tout, même à prendre Dupont-Aignan comme Premier Ministre, ce qui fait grincer des dents au Front National. Elle est prête même à faire la danse du ventre devant les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, détournant le slogan « la France insoumise » et parlant, comme eux, de « l’oligarchie ».

L’élection de M. Le Pen est un danger bien réel : tout dépend de la façon dont se feront les reports de voix. Une forte abstention à gauche entraînerait mathématiquement son élection.

Un physicien français, Serge Galam, a calculé que : « Si 30% des électeurs qui ont annoncé qu’ils voteraient contre Marine Le Pen ne le font pas et choisissent l’abstention, cela suffira à la faire gagner ». Notons que ce physicien avait, entre autres, prédit le Brexit, l’élection de Donald Trump et la défaite d’Alain Juppé à la primaire de la droite…

 Un Papi

Dans la région de Châteaubriant, un papi de 85 ans a écrit à ses petits-enfants :

Oradour sur Glane, j’avais 15 ans lorsque mes parents, m’ont amené visiter ces lieux. Cette visite m’a marqué pour la vie et au cours des années m’a fait comprendre combien nos démocraties sont fragiles. Souvenons- nous que Hitler a été élu démocratiquement et a instauré le fascisme le plus horrible, provoquant des millions de morts, au nom du racisme et de l’antisémitisme.

Ne pas choisir, c’est laisser les autres choisir à notre place, je suis contre le Ni,Ni. Entre une candidate d’obédience fasciste et un candidat républicain, quelle que soit sa tendance, on doit toujours choisir le républicain.

Et puis, nous avons des valeurs à défendre, Liberté, Egalité, Fraternité. En ajoutant la Laïcité, elle vient rendre possible les trois premières, par la tolérance et le vivre-ensemble. Ces valeurs pouvaient disparaître, durant la deuxième guerre mondiale, sous la domination du régime nazi. J’ai vécu ces années-là. Souvenons-nous de tous ceux qui ont résisté, se sont battus et sont morts pour défendre ces valeurs, en particulier ce droit de voter que certains, aujourd’hui, ne veulent plus utiliser. De ces jours sombres, le meilleur est sorti. C’est par la participation de résistants de tous bords, que les principales mesures d’après guerre ont été élaborées. Protection sociale, droit de vote pour les femmes, certains droits des ouvriers, projet du statut du fermage en agriculture etc.

Ne pouvons-nous pas nous inspirer de cette forme d’union nationale, pour trouver des solutions à nos problèmes d’aujourd’hui ? Faites entendre votre voix, pour participer à une reconstruction de la vie politique française et européenne.


 Le manifeste des 61

Avec l’expérience des dernières décennies, la tentation est forte de considérer que nos combats ne se gagneront pas par le vote, qu’il n’y a pas grand-chose à attendre de ce qui sortira des urnes.

Pourtant, si le meilleur n’est pas forcément garanti, le pire reste malheureusement possible. Le pire, ce sont nos valeurs mises à sac. Le pire, c’est une remise en cause des droits qui ne seraient pas les mêmes pour tou(te)s, de la solidarité qui ne s’appliquerait pas à tout le monde et, pour garantir notre sécurité, le renoncement à nos libertés et l’affaiblissement de notre démocratie.

Nous ne pouvons pas rester spectateurs. Mobilisons-nous face à celles et ceux qui prônent le rejet de l’autre et le repli sur soi. Il y va de la défense de nos valeurs les plus universelles, un enjeu majeur de cette élection.

Signé de 61 organisations dont Aides, Attac, Emmaüs  , Greenpeace, Ligue des Droits de l’Homme, SOS Racisme, WWF. A consulter ici :
https://frama.link/appel-61


Après parution de la Mée, édition-papier, voici d’autres prises de position.

 Thomas Piketty

Thomas Piketty, économiste de renom, qui avait soutenu Benoît Hamon, explique : « Il faut dire pourquoi le repli national ne réglerait rien. Si Marine Le Pen devait par malheur se retrouver au pouvoir, elle irait encore plus loin dans le dumping fiscal, social et écologique. Comme le Royaume-Uni qui, depuis le Brexit, veut tout miser sur la finance offshore. Comme Trump, qui veut baisser les impôts sur les plus riches pour attirer les capitaux. Ils disent vouloir protéger le peuple, mais ils veulent surtout protéger les multinationales et les milliardaires. C’est ça, le trumpisme : le plan fiscal qu’il vient de déposer cette semaine, c’est du Reagan puissance dix, avec baisse de l’impôt sur les bénéfices de 35 % à 15 % et la suppression complète des droits de succession. Ce serait ça, Le Pen au pouvoir. Car chaque pays qui se retrouve isolé entre en concurrence avec son voisin et doit séduire les financiers et les grandes firmes. Alors, bien sûr, on peut se venger sur les jeunes Français d’origine maghrébine, qui rencontrent déjà d’incroyables difficultés à trouver un emploi. C’est moins compliqué que de taper sur Microsoft et les paradis fiscaux. Mais c’est aussi plus lâche, et totalement inefficace : comment imaginer que s’en prendre à des gens qui connaissent déjà un taux de chômage de 40 % va aider les autres à retrouver un emploi ? (...)

Nous avons sous-estimé la détestation des électeurs pour les partis, le besoin de radicalité. Mais le combat intellectuel continue. Je crois au pouvoir des livres, des sciences sociales, des idées. Et au combat pour en démocratiser l’accès ».


 Je suis féministe

Je suis féministe, je barre la route à Marine Le Pen en votant Emmanuel Macron

Dimanche 7 mai, à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle, j’appelle les électeur.rice.s à se déplacer nombreux.ses dans les bureaux de vote, afin de faire vivre la démocratie.

Cela n’a échappé à personne : l’affiche du second tour oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen, elle oppose un candidat du centre à une candidate de l’extrême droite, elle oppose un homme à une femme.

Féministe, fervente défenseure de la parité et engagée de longue date pour une meilleure représentation des femmes dans l’espace politique, je sais que Marine Le Pen serait la pire issue pour faire avancer mes combats. Ses prises de position répétées contre le droit à l’avortement, contre l’égalité salariale et plus largement contre les droits des femmes et des minorités représentent un danger extrême.

Son programme n’apporte aucun remède aux femmes et aux familles qui peinent à trouver des places en crèche, ne laisse entrevoir aucune issue aux femmes victimes de violences, pire, il instrumentalise les femmes entre elles, selon leur origine ou leur religion.

Les femmes n’ont rien à attendre du vote Le Pen. J’appelle donc sans ambiguïté à voter en faveur d’Emmanuel Macron pour repousser le danger rétrograde incarné par Marine Le Pen.

Signé : Michelle Meunier, sénatrice de la Loire-Atlantique


 La CGT

Faire barrage à l’extrême droite et lutter pour le progrès social et la démocratie
Déclaration de la Commission exécutive confédérale, mardi 25 avril 2017

Les résultats du premier tour des élections présidentielles françaises confirment les risques pour la démocratie, les droits des salariés et des citoyens.

Ils sont les résultats des politiques libérales, des lois régressives, des remises en cause des droits, comme des renoncements des gouvernements successifs à œuvrer véritablement pour la justice sociale et la réponse aux besoins sociaux et environnementaux. Pour autant, depuis des mois, de nombreux salariés et citoyens contestent ces choix, s’opposent aux mauvais coups, tels la loi travail et la loi Macron et se mobilisent avec leurs organisations syndicales, notamment la CGT.

Pour la deuxième fois dans le pays, sous la Ve République, une candidature d’extrême droite, représentée par le front national, sera présente au second tour des élections présidentielles. C’est un danger pour la démocratie, la cohésion sociale et le monde du travail. Les gouvernements, qui depuis 2002 se sont succédés sans jamais répondre aux aspirations légitimes à plus de justice sociale, sans ouvrir de perspectives d’avenir meilleur, en portent une lourde responsabilité !

La CGT ne se résoudra jamais à accepter un tel scénario. Elle affirme que les salariés doivent, plus nombreux et plus fort, exprimer leurs attentes et leurs exigences revendicatives, faire grandir des mobilisations convergentes capables d’imposer un rapport de force pour gagner de nouveaux droits. Seul le progrès social favorise les solidarités, participe à combattre l’exclusion, les stigmatisations, les mises en concurrence.

L’utilisation des peurs, du terrorisme, les amalgames éhontés entendus lors de la campagne, la xénophobie, le racisme, le sexisme et l’homophobie, la préférence nationale ne résoudront pas les inégalités, le chômage et les bas salaires. 

La CGT les combat et les combattra sans relâche ! Elle n’aura de cesse de faire barrage à l’extrême droite ! Pas une voix ne doit se porter sur sa candidate !

L’autoritarisme des gouvernements successifs, les engagements non tenus ou les reniements, le renoncement à une Europe sociale, les dénis de démocratie, l’utilisation à répétition du 49.3 et les politiques menées ont cultivé la désespérance et le fatalisme d’une partie de la population. Cela est renforcé par la casse de l’industrie et des services publics, la montée du chômage et de la précarité, l’abandon des zones rurales et périurbaines.
La CGT ne croit pas en l’Homme providentiel et c’est la raison pour laquelle, elle revendique une véritable démocratie et de véritables droits d’expression et d’intervention dans toutes les entreprises et les services. Elle propose des alternatives sociales comme, par exemple, l’augmentation des salaires, des pensions et minima sociaux, les 32 heures pour travailler toutes et tous, travailler mieux et moins.

La CGT appelle l’ensemble des salariés et des organisations syndicales à faire du 1er mai une journée de mobilisation, de lutte et d’expression revendicative exceptionnelle, une journée de rassemblement pour les droits des travailleurs, le progrès social, la liberté, l’égalité, la justice, la fraternité, la paix, la démocratie et la solidarité internationale.

Montreuil, le 25 avril 2017


Déclaration de Myriam Martin, porte-parole de Ensemble !

 Je voterai Macron....malgré lui.

Dimanche prochain j’irai voter. Je glisserai dans l’urne le bulletin de vote Emmanuel Macron.
Ce choix n’est nullement guidé ou influencé par des pressions extérieures.
Bien au contraire.

Le déchaînement par médias interposés, de ceux et celles qui invectivent les électeurs et électrices susceptibles de s’abstenir ou de voter blanc, face au danger Le Pen, a quelque chose de particulièrement scandaleux.

En effet l’affolement qu’ils expriment n’est ni sérieux, ni crédible. Cela fait un an que les sondages se succèdent et affirment de manière continue un score élevé de Marine Le Pen, l’ayant placé bien souvent en tête de tous les candidats potentiels.

Et même si Marine Le Pen n’est pas arrivée en tête au premier tour des présidentielles, sans surprise malheureusement elle s’est qualifiée pour le second tour. Sans surprise car depuis la qualification de son père en 2002, depuis 15 ans, la majeure partie de nos concitoyen-nes ont dû supporter des politiques qui ont creusé les inégalités, n’ont en rien enrayé le chômage et la précarité, ont cassé services publics et droits sociaux.

Le Pen père au second tour des élections en 2002 n’a servi de leçon ni à la droite ni au PS, c’est à dire aux partis qui se partagent le pouvoir depuis 1981.

Pire même, la droite avec Sarkozy a labouré sur les terres du parti d’extrême droite afin d’être élu en 2007, révélant la porosité entre le FN   et LR.

Quant au PS, Hollande dès son arrivée à la tête de l’exécutif, s’est détourné des millions d’électeurs et d’électrices qui l’avaient porté au pouvoir pour se débarrasser de Sarkozy, et parce qu’ils avaient cru celui dont « l’ennemi était la finance ».

Le gouvernement socialiste a mené, globalement ces 5 dernières années, une politique en faveur des plus riches et des plus puissants, ne remettant jamais en cause les diktats européens et s’attaquant, pour un gouvernement dit de « gauche », au droit du travail au grand dam des salarié-e-s de ce pays avec la loi El Khomri. Sans oublier l’épisode dramatique concernant la déchéance de nationalité. Si cette mesure ne s’est pas imposée, qu’un parti qui se dit socialiste l’ait tenté, est désastreux. Tout autant l’est l’installation permanente de l’état d’urgence.

Après cela comment les mêmes dénoncent la banalisation des thèses du FN   ! Mais certains médias et trop de dirigeants politiques ont contribué à cette banalisation.

Pourtant ces dirigeants appartenant à des partis non qualifiés pour la première fois de leur histoire au second tour des présidentielles, ne semblent pas pressés de tirer le bilan de leurs échecs.

2017 n’est pas 2002, une partie de l’électorat de gauche hésite entre le vote pour Macron l’abstention ou le vote blanc.

Nul n’a le droit de le leur reprocher en disant qu’ils et elles font le jeu du FN  , pas plus qu’il est juste d’accabler Jean Luc Mélenchon ou la France Insoumise.

Nous n’avons pas besoin de recevoir des leçons d’antifascisme, surtout de la part de ceux, comme François Hollande, qu’on n’entendait pas quand Marine Le Pen a été donnée pendant des mois en tête de tous les sondages, ou de la part de ceux qui établissaient des parallèles insupportables entre Marine Le Pen et Jean Luc Mélenchon !

Les antifascistes conséquents étaient dans la rue ce 1er mai lors de la journée internationale des travailleurs, je les ai vus, j’y étais. Ceux qui n’ont pas arrêté de comparer la manifestation du 1er mai 2002 à celle de mardi dernier, ou de se lamenter d’un « front républicain » en perdition, n’y étaient pas.

Le fascisme nous savons ce qu’il signifie.

Nous n’avons pas oublié, nous, les heures les plus sombres de notre propre histoire.

Nous savons ce qu’est un régime autoritaire. Les exemples malheureusement ne manquent pas. Nous savons aussi pourquoi il faut battre le FN   le 7 mai prochain.

L’élection de Marine Le Pen signifierai la fin de l’état de droit, la chasse aux étrangers et aux immigrés, la poursuite des militant-e-s de gauche, des syndicalistes. L’application d’un programme réactionnaire, de régression à tous les niveaux, en particulier pour les femmes.

Il est incontestable que se saisir d’un bulletin Macron pour barrer la route à l’héritière de St Cloud, n’est pas facile à réaliser. Il s’agit de voter pour le représentant de la finance, pour le tenant d’un libéralisme destructeur, et pour un individu dont l’arrogance en particulier dans cet entre deux tours rebuterai n’importe quelle bonne volonté.

Le problème ce n’est pas l’abstention, c’est donc Emmanuel Macron lui même. Il est en effet insupportable qu’un candidat qui s’est qualifié avec moins d’un quart des suffrages exprimés, c’est à dire 16% du corps électoral, se permet d’exiger un vote d’adhésion à ceux et celles qui vont voter pour lui par défaut.

Il n’y aura pas de vote d’adhésion mais un vote barrage à Le Pen dimanche 7 mai.

Et Le 8 mai pas de répit pour celui qui veut casser le code de travail et gouverner par ordonnance.

Heureusement le formidable score de Jean Luc Mélenchon est porteur d’espoir et une base pour les résistances futures mais aussi pour envoyer à l’assemblée des élu-es qui s’opposeront aux politiques libérales et austéritaire, et qui défendront un projet émancipateur, un projet de transformation sociale, écologique et démocratique de la société.

À partir de la dynamique de France Insoumise il doit être possible de se rassembler.

Le 4 mai 2017