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La campagne est finie, alors maintenant ?

Ecrit le 28 juin 2017

Des choses à savoir sur la nouvelle assemblée nationale, à la suite du 2e tour des élections législatives 2017.

Renouvellement : ces législatives de 2017 ont été l’occasion d’un grand coup de balai dans la représentation nationale. Les grands partis traditionnels, à droite comme à gauche, ont été laminés, décapités.

Le Parti Socialiste, comme l’a dit J.C. Cambadélis au soir du second tour, a connu une « déroute sans appel ». En 2012, il avait tous les pouvoirs (Elysée, Matignon, Assemblée, Sénat, quasi-totalité des régions, majorité des départements et des grandes villes). Aujourd’hui, il est en ruines et ne peut guère se consoler qu’avec la perspective de pouvoir constituer un groupe avec ses 29 élus (10 fois moins qu’il y a cinq ans). Ce n’est pas tant le bilan du quinquennat Hollande qui a marqué, c’est le rejet d’une vieille façon de faire de la politique.

Les écologistes, qui comptaient 18 élus, n’en ont plus un seul, sauf peut-être Éric Alauzet qui s’était présenté « sans-étiquette » malgré l’investiture initiale proposée par EELV et le PS. Pour autant la sensibilité écologiste n’a pas disparu. Cinq anciens députés EELV ont rejoint la « majorité présidentielle » dont François de Rugy, élu de Loire-Atlantique. Pour représenter le courant écologique, il y aura principalement les députés de la France insoumise, élus pour défendre les idées contenues dans l’Avenir en Commun, le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, proposant notamment une « planification écologique ».

Diversité ethnique  : les Français issus de la diversité représentent environ 11 % du peuple français. Parmi les élus ils ne sont que 5,7 % en dehors des élus d’Outre-Mer soit 33 député.e.s contre 10 en 2012. On en compte 23 du mouvement En Marche, 4 du Modem et 4 du PS, 1 UDI et 1 France-Insoumise. Parmi les personnalités : Laura Flessel ministre des Sports, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du Numérique, et Sarah El Haïry (LREM) élue dans la 3e circonscription de Loire-Atlantique.

Laura Flessel

Diversité sociale : il faut attendre les dernières déclarations des élus concernant leur profession mais les tendances de fond sont celles-ci : l’Assemblée nationale voit le nombre des fonctionnaires fondre un peu. Ils étaient les plus nombreux en 2012 avec 188 députés (129 cette année). Selon le décompte de Libé, les cadres sont désormais les plus nombreux avec 180 députés, sous l’effet de la vague d’En Marche ! On compterait 14 agriculteurs (15 en 2012) dont Yves DANIEL député de Loire-Atlantique. L’Assemblée ne comprendrait en revanche aucun ouvrier, même pas dans les rangs de France Insoumise ou du Parti Communiste.

Eric Keslassy le disait en 2012 :
« le déclin progressif du monde ouvrier dans l’hémicycle est particulièrement symbolique : il n’y a plus qu’un seul ouvrier élu député en 2012 (contre 3 en 2002 et 2 en 2007). A l’inverse, la part des députés relevant de la « classe supérieure » est en forte sur-représentation par rapport à son poids dans la population active occupée. » [Les choses n’ont pas changé en 2017].

Selon Basta ! : « la « fermeture sociale » de la nouvelle majorité pèsera lourd dans les mois qui viennent, en particulier pour les trois chantiers majeurs annoncés : remise en cause du droit du travail, réforme de l’assurance-chômage et de l’assurance-vieillesse (retraites). Au vu de sa composition et de sa méconnaissance des autres réalités sociales, la majorité risque de ne pas comprendre les points de vue exprimés par les travailleurs et les syndicats lorsque les discussions concrètes s’ouvriront.

Et de leur être fortement hostile. Arguant des exemples de « réussite individuelle » en son sein, elle risque également de considérer les chômeurs et les retraités modestes comme des assistés, principaux responsables de leur sort ». Et, en cela, elle ne différera pas des élus de la mandature précédente.

Diversité politique  : Il n’y a jamais eu autant de groupes à l’Assemblée nationale... depuis 1958. Mais il y a eu explosion dans tous les coins. Le Modem a pu constituer un groupe, fort de 45 membres. A l’extrême-gauche, France Insoumise (16 élus) et Communistes (11 élus) auront chacun leur groupe. A droite, les Républicains se partagent en deux groupes : les historiques (94 membres) et les constructifs (une cinquantaine), ces derniers souhaitant travailler avec le groupe La République en Marche.

Pour ce dernier, rassemblant 308 élus, on risque de voir apparaître rapidement des divisions. « Evidemment qu’on ne sera pas dans une obéissance au doigt et à l’œil, on ne sera pas non plus dans le grand n’importe quoi », a déclaré sur BFMTV le nouveau député et mathématicien Cédric Villani.

Femmes  : 223 femmes sur 577 ont été élues à l’Assemblée au terme du second tour des législatives (155 en 2012). Avec 38,65 % de députées au Palais Bourbon, cela marque un nouveau record pour la représentation nationale française.

Rajeunissement : lors de la mandature précédente, l’âge moyen des élus atteignait 54-55 ans. il tomberait à 48 ans pour la promo 2017-2022. Les chiffres restent à confirmer. Avec la limitation du nombre des mandats, si elle est adoptée, cela devrait baisser encore dans les mandatures à venir.

Le député le plus âgé est Bernard Brochand, 79 ans, réélu avec 57,13 % des voix, député depuis 2001, il est l’un des 150 députés les plus mal notés pour son activité à l’Assemblée nationale. Le suffrage universel peut ainsi faire des erreurs !

Novices : En tout, 424 élus sur 577 n’ont jamais été député.e.s. C’est le cas de tous les députés France Insoumise, de 91% des députés REM, de 40% des députés LR et 6% des députés socialistes. Sont-ils pour autant incompétents ? Leur niveau d’expertise dans leurs professions respectives est une promesse de richesse.

Mise en garde

Le grand taux d’abstentions pose problème et touche tous les candidats aux élections, même là où les candidats France Insoumise ou Communistes étaient en tête.

Pour la LDH (Ligue des Droits de l’Homme) :
« Le deuxième tour des législatives confirme le désarroi démocratique révélé par le premier tour. L’abstention massive est une nouvelle preuve de la distance que prennent nombre de nos concitoyen-ne-s vis-à-vis du processus électoral, alors même qu’il s’agissait de choisir celles et ceux dont le rôle est de faire la loi et de contrôler le gouvernement.

Pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH) qui l’affirme à nouveau, c’est bien la démocratie qu’il faut refonder, en s’y attelant dès maintenant.

Face à la demande de débats démocratiques publics et contradictoires, le message envoyé aux député-e-s nouvellement élu-e-s, c’est qu’il faut changer la façon de faire participer les citoyennes et les citoyens aux décisions sur les choix de politiques publiques qui les concernent.

Après son score historique à l’élection présidentielle, l’entrée à l’Assemblée nationale de huit député-e-s du Front national doit avoir comme conséquence une ardente obligation et une totale détermination à agir pour redonner enfin, à toutes et à tous, le goût de la démocratie, du progrès social, du combat contre les discriminations et les inégalités.

Le président Macron a désormais le pouvoir de faire avec sa majorité et son gouvernement. Il leur revient de tirer les leçons de ces scrutins et de répondre aux inquiétudes exprimées. 

Au vu de leur programme et des premiers projets annoncés, la LDH restera vigilante et agira pour une refondation forte de notre démocratie, pour un dialogue civil et social renforcé, pour la défense de l’Etat de droit, pour la justice sociale et les droits économiques et sociaux. (…) pour une société solidaire et pour l’effectivité des droits fondamentaux » [communiqué]


Ecrit le 5 juillet 2017

Le Premier Ministre Edouard Philippe a dénoncé avec virulence un « dérapage » budgétaire de 8 milliards d’euros légué par le précédent gouvernement et annoncé de nouvelles économies pour faire face à cette situation « inacceptable ». « Des risques forts pèsent sur la capacité de la France à tenir pour l’avenir ses engagements européens », a mis en garde, de son côté, Didier Migaud, président de la haute juridiction financière, en présentant l’audit des finances publiques. « Les conclusions sont sévères, elles sont sans appel », a-t-il vivement déploré en épinglant le gouvernement précédent de François Hollande, dont Emmanuel Macron, l’actuel président, a été le ministre de l’économie entre 2014 et 2016.

M. Philippe a rappelé que « l’équipe sortante s’était engagée à un déficit à 2,8 % du PIB », alors que « la Cour dit qu’il est sans doute autour de 3,2 % ». Ce trou de 8 milliards d’euros, « c’est comme si le gouvernement précédent avait construit un budget en oubliant celui de la justice. C’est presque trois fois le budget de la culture », a-t-il relevé, en estimant que « tous ces artifices placent la France dans une situation de grande fragilité ».

Espérons qu’il ne coupe pas dans les dépenses sociales.