Ecrit le 20 novembre 2013
L’agriculture en Loire-Atlantique
Le Conseil G ?n ?ral a pr ?sent ?, en juin dernier, le rapport de la mission d’information et d’ ?valuation de sa politique agricole. C’est que l’agriculture occupe une place essentielle en Loire-Atlantique et fa ?onne les paysages ruraux en y exer ?ant des activit ?s ?conomiques dynamiques. Elle est aussi un facteur historique de lien social.
L’agriculture s’exerce sur 406 208 ha de surface agricole utile* (contre 412 944 ha en 2000), ce qui repr ?sente 59 % de la surface du d ?partement. A cela s’ajoutent des zones naturelles et notamment des marais (Loire, Bri ?re, Grandlieu, Erdre )
321 000 ha de terres labourables66 000 ha toujours en herbe15 000 ha de cultures permanentes4 208 ha divers
Depuis 2000, seules les surfaces de terres labourables ont augment ? au d ?triment des prairies permanentes et des cultures permanentes. Chaque ann ?e, 2000 ha sont soustraits ? l’agriculture dont 1000 ha artificialis ?s (urbanisation, routes) et 1000 ha changeant de destination (loisirs). Ces chiffres montrent la n ?cessit ? de pr ?server le foncier agricole.
En 2010, on comptait 6540 exploitations ainsi r ?parties :
- - 17 % d’entreprises individuelles
- - 23 % en EARL
- - 35 % en GAEC
La surface moyenne est de 84 ha (contre 67 en 2000). Entre 2000 et 2010, le nombre de petites exploitations a diminu ? tr ?s nettement (- 60 %), le nombre des exploitations moyennes a baiss ? de 50 %, les grandes exploitations ont mieux r ?sist ? (- 8 %). Parall ?lement, le nombre d’emplois a diminu ? : 13 497 UTA (unit ?s de travail annuel)* contre 16 915 en 2000. Il faut y ajouter 1900 UTA saisonni ?res.
L’ ?levage laitier est la premi ?re production en termes d’emploi agricole (3400 emplois), devant le mara ?chage (2950 emplois sur 440 exploitations), la production bovine (2450 emplois), et la viticulture (1500 sur 599 exploitations). Les diff ?rentes crises viticoles, suivies de campagnes d’arrachage, se sont traduites par une baisse du nombre d’exploitations (599 en 2010, contre 1919 en 2000).
La production agricole est orient ?e bovin-lait : 656 564 unit ?s Gros Bovins (contre 667 000 en 2000) mais le mara ?chage et la viticulture sont bien pr ?sents. L’agriculture biologique (485 exploitations) et les circuits courts se d ?veloppent. La surface fourrag ?re (d ?di ?e ? l’alimentation des animaux d’ ?levage) occupe 281 000 ha alors que les c ?r ?ales et les prot ?agineux occupent 100 000 hectares. Le d ?partement a aussi des productions identitaires : muguet, m ?che, muscadet.
Ces activit ?s agricoles ont un d ?bouch ? dans les coop ?ratives agricoles et dans l’agro-alimentaire, qu’il s’agisse de transformation directe de la viande et du lait, ou de produits d ?riv ?s : biscuiterie, p ?tisserie, meunerie, boulangerie, conditionnement des fruits et l ?gumes, transformation du poisson. On estime que chaque emploi agricole g ?n ?re 4 emplois non-agricoles.
Renouvellement
45 % des exploitations ne sont pas concern ?es par le renouvellement parce que leur chef d’exploitation a moins de 50 ans. 14 % ont d ?j ?? un successeur, mais 41 % sont sans successeur. Il importe donc de favoriser l’installation de nouveaux agriculteurs.
Politique d ?partementale
L’orientation du Conseil G ?n ?ral a chang ? depuis 2012. Avant 2012, il s’agissait de soutien aux fili ?res dans une logique de comp ?titivit ?, de r ?ponse aux crises sectorielles (s ?cheresse, probl ?mes sanitaires, crises de production) et d’accompagnement financier des dispositifs initi ?s ou pilot ?s par l’Etat (drainage, ma ?trise des pollutions agricoles, ). Depuis 2012, le Conseil G ?n ?ral a adopt ? une logique de d ?veloppement durable : soutien aux projets ? plus-value environnementale, accompagnement des strat ?gies technico- ?conomiques des exploitations, valorisation et commercialisation en circuits courts.
Le CG intervient aussi sur les ressources humaines agricoles, la gestion du foncier agricole, la protection sanitaire des ?levages et l’animation rurale, sans oublier le soutien aux agriculteurs en difficult ?.
Les aides du CG ? l’agriculture repr ?sentent environ 200 ? par an et par exploitation. On peut donc dire que le CG est un acteur marginal, eu ?gard aux 10 000 ? d’aides publiques venant essentiellement de la communaut ? europ ?enne.
Dans notre r ?gion de Ch ?teaubriant, le CG soutient le groupement des agriculteurs biologistes, le CIVAM de Nozay, Terroirs 44, l’entreprise « De la Terre ? l’Assiette », les syndicats de races (comme le Trait Breton ou les concours de la Foire de B ?r ?.)
Cette politique du CG recueille une belle unanimit ?, qu’il s’agisse de la FNSEA, de la Conf ?d ?ration Paysanne, de la Coordination rurale. « les politiques publiques d’installation sont pertinentes » « l’aide aux organisations syndicales agricoles est appr ?ci ?e », « les aides aux fili ?res en difficult ? sont l ?gitimes », « les relations avec le Conseil G ?n ?ral sont bonnes ». Il y a cependant quelques contestations : la Chambre d’Agriculture par exemple, regrette que le CG mette en avant « la notion d’agriculture paysanne ».

